Il y a comme un froid

En ce moment, il me semble que le temps londonien ne connaît que deux variantes : froid grisaille et froid soleil. Mon cerveau de grande frileuse entame avec bonheur sa longue hibernation. Et les matins passent dans un tourbillon…

– de sauts précipités du lit lorsque je réalise que MiniPrincesse nous appelle depuis de longues minutes (« Ma-ma-ma-ma-ga-ga-ga-ga-MA-MA-MA ! »)

– de petits déjeuners avalés très lentement (pour elle) ou très vite (pour moi)

– de vêtements pris au hasard (« ça fera l’affaire ») puis, au bout de quelques secondes d’examen (« j’assume de mettre ça au bureau ? ») piteusement reposés (« il est vraiment temps que je me mette au repassage »)

– de recommandations essentielles à la nounou encore en retard : « Elle est de bonne humeur ce matin, n’oubliez pas de lui donner son homéopathie même si vous pensez que ça ne sert à rien, ne la sortez pas sans bonnet, à ce soir »

– et de détours impromptus par chez le marchand de journaux. Depuis que j’ai découvert qu’il suffisait de demander le Figaro à son buraliste (le mien prononce « Fargo », comme dans « Mummy, did we receive Fargo today ? »), je joue avec délectation le cliché de la Française dans le métro, absorbée par le journal du jour, béret et moue renfrognée à la clé.

Mais avant le métro, il y a le passage devant l’école, un établissement privé on ne peut plus BCBG. Enfin si, en Angleterre plus BCBG on peut toujours (il suffit de rajouter quelques milliers de livres aux frais de scolarité), mais disons que cette école-là ne doit pas peiner à boucler les fins de mois. Les charmants bambins qui la fréquentent sont inévitablement accompagnés de leurs non moins chics yummy mummies – terme local très connoté désignant les mamans tendance et toujours bien mises (aucune ne se reconnaissant bien sûr dans cette dénomination).

Je croise généralement les enfants le matin parce que je suis généralement en retard le matin. Je leur prête une attention quasi-nulle puisqu’il est bien évident que MiniPrincesse ne sera jamais aussi grande (ou alors d’ici là on aura trouvé une solution pour lui offrir une scolarité convenable sans payer ni école privée ni maison à 1 million).

Un matin, pourtant, une phrase quelque peu incongrue me fait tendre l’oreille.

– Maman, tu ne trouves pas qu’il fait froid ce matin ?

L’herbe, les voitures, le trottoir, tout autour de nous est recouvert de givre et je grelotte malgré mes quatre épaisseurs et mon béret. Mes yeux s’attardent sur le petit garçon qui a eu l’heurt de poser cette innocente question et s’écarquillent lorsque je m’aperçois qu’il est EN BERMUDAS. Jambes nues. Sa yummy mummy, bien emmitouflée dans un élégant manteau, lui répond gaiement :

– Oh mais oui mon chéri, c’est vrai qu’il fait un peu frisquet aujourd’hui !

Et de lui coller un gros baiser avant de lui faire au revoir de la main.

Juste à côté d’elle, une mémé passe avec son caniche. Celui-ci est recouvert d’une épaisse couverture.

Je réprime un sourire supérieur en notant que dans ce pays de fous, même les chiens sont mieux couverts que les enfants.

Big Ben au crépuscule

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Où Eva in London en arrive à faire un crumble aux pommes alors qu’elle n’aime ni la cuisine anglaise, ni les pommes

Lorsque nous sommes arrivés au royaume de la perfide Albion, avec Prince, je dois bien reconnaître que je ne portais pas bien haut les couleurs de l’art de vivre à la française : j’étais non seulement  incapable de distinguer un Bordeaux d’un Bourgogne (poussant l’absence de vice jusqu’à ne jamais boire une goutte d’alcool, ce qui faisait de moi, comme disent joliment les Anglais, une teatotaller),  mais aussi nulle en cuisine. Vraiment nulle. Au sens zéro, comme le nombre de recettes que je connaissais. Au risque de faire frémir d’effroi les gastronomes parmi mes lecteurs, je vais jouer la transparence totale en vous révélant mon repas type de l’époque :

– salade de tomates (dans les bons jours, et surtout pas d’herbe fraîche ou d’assaisonnement, malheureuse)
– cassoulet en boîte (oui oui, une boîte de conserve)
– yaourt (0%, évidemment)

Navrant.

Non que je n’appréciais pas la bonne chère, loin de là. Mais au restaurant. Ou chez des amis. Ou chez mes parents. N’importe où, du moment où je n’avais rien à faire. Bref, paresse et peur de mal faire (oui, même aux fourneaux) annihilaient en moi toute velléité de cuisine, au grand dam de mes proches qui n’osaient plus venir déjeuner à la maison (« Encore un peu de cassoulet en boîte ?»).

Une chère amie ayant particulièrement à cœur mon bonheur culinaire m’envoya même un long mail intitulé « Menus faciles pour bras cassés », incluant pâtes au beurre et au fromage râpé, soupe de tomates express à base de concentré et poisson en papillote. En vain.

Les années passant, les kilos s’accumulant, et la Manche traversant, la fameuse boîte de cassoulet est devenue plat cuisiné minceur Marks & Spencer. Et je n’ai jamais appris à cuisiner. Mais depuis quelque temps, je me (sur)prends à rêver de gâteaux. Peut-être est-ce la perspective – de plus en plus probable – que Prince et moi demeurions en Angleterre pour un bon moment qui me perturbe. Toujours est-il qu’à ma grande surprise (j’ai toujours préféré une bonne tablette de chocolat aux pâtisseries), moëlleux au chocolat, quatre quarts et autres tartes au citron peuplent mes rêveries de SuperConsultante entre deux tableaux Excel.

Le cœur battant, je me décide à FAIRE LA CUISINE.

Pour ce baptême du feu, je porte mon dévolu sur une recette de crumble aux pommes. Et peu importe que j’abhorre autant les pommes que la cuisine anglaise. Eva in London a ses raisons que la raison ignore.

Je trébuche au premier obstacle : la liste d’ingrédients, qui me plonge dans un abîme de tergiversations. Du beurre salted, est-ce la même chose que du demi-sel ? Où trouver de la farine T65 ? La vergeoise, késaco ? Tesco me propose du sucre muscovado, du dark brown, du light brown, des molasses, du Golden Syrup… mais pas de vergeoise. Google m’informe obligeamment qu’il s’agit d’une spécialité du Nord de la France. Génial. Je confectionne le dessert le plus typiquement britannique qui soit, mais version ch’ti.

Les bras chargés de trois sortes de sucres, un kilo et demi de pommes Fuji (dont le nom japonisant me tracasse, moi qui étais partie à la recherche de « Reines des Reinettes ») et deux plaquettes de beurre (unsalted et salted, on ne sait jamais), je reviens vaillamment à la maison, où m’attend une déplaisante odeur de brûlé. Etrange.

Un rapide passage en revue du minuscule coin cuisine m’apprend que rien ne sert de mettre le four à préchauffer 1h30 à l’avance. Surtout quand le dit four contient le reste de plat cuisiné de la veille.

Je ne me laisse pas abattre pour autant, et me lance dans la confection du crumble proprement dite, bien décidée à suivre la recette à la lettre : une première fois se prête mal à l’improvisation. Cependant, j’ « oublie » de faire revenir les pommes dans un peu de beurre et de sucre (« Elles cuiront très bien au four ») et me contente de doser plus qu’approximativement le sucre et la cannelle.

Voici enfin venu le moment de mettre la main à la pâte – expression que je prends au pied de la lettre.

Le beurre a beau fondre entre mes doigts rapidement tout graisseux, il refuse obstinément de se combiner à la farine all purpose. Sans doute est-ce parce qu’il sort directement des rayons réfrigérés du supermarché. Qu’à cela ne tienne : j’enfourne mon mélange pas du tout mélangé de beurre salted et de farine anglaise. Quelques minutes après, je récupère, désappointée, une mixture peu appétissante.

18h55. Prince va bientôt rentrer. Pas le choix : je me salis à nouveau les mains, jure en me brûlant les doigts et amalgame comme je le puis le beurre brûlé à la farine. Enfin, la touche finale : les pommes (pas cuites, pas caramélisées et pas Reines des Reinettes).

– C’est succulent, grimace Prince en avalant péniblement ce qui ne ressemble que de très loin à un crumble aux pommes (ch’ti ou anglais).

C’est pour ça que je l’aime.

Et pour vous, la cuisine : corvée, passion ou mystère ?

Soirée de djeuns, ou comment Eva in London et Prince profitent à fond de la nightlife londonienne (en pantoufles)

J’ai beau être à la fois cultivée et toujours prête à aider mon prochain, il y a des questions auxquelles je serais bien en peine de répondre. En vrac :
– Comment réussir un caramel ?
– Pourquoi le ciel est-il bleu ?
– Qui étaient les chevaliers de la Table ronde ?
– Où sortir à Londres ?

La bonne nouvelle, c’est qu’on survit très bien sans connaître la réponse aux trois premières questions (même si, je sais, un petit coup de Wikipédia ne me ferait pas de mal). La mauvaise, c’est qu’à chaque fois qu’une vague connaissance ou un ami d’ami me demande de lui recommander un bar, une boîte ou même un pub sympa à Londres, je suis prise d’un intense embarras. Les rares fêtards parmi mes amis – j’entends par là ceux qui sortent plus d’un samedi par mois – savent bien que je ne suis pas sortie depuis 2005.

Malgré toute la mansuétude dont ils font preuve à mon égard, je ne parviens pas encore tout à fait assurer ma mémére-attitude. Depuis que mes meilleures amies m’ont offert un « kit – mémé » pour Noël il y a quelques années, comprenant pas moins de six tisanes différentes dont les électrisantes « Nuit tranquille » et « Digestion facile », un bocal de miel et une bouillotte, il me semble que je me vautre prématurément dans l’apathie lénifiante. Comment admettre qu’au bout de deux ans d’expatriation à Londres, je n’ai jamais mis les pieds dans un bar ? Que la seule fois dans l’année où je mets les pieds au pub, c’est pour éviter la désapprobation de SuperChef ? Que quand une amie trentenaire me demande « C’est comment, le Ministry of Sound, maintenant ? J’en ai un souvenir génial ! », il me faut quelques instants pour comprendre qu’elle parle d’une boîte branchée où je ne mettrais les pieds que sous la torture ?

J’ai néanmoins quelques excuses éléments d’explication :
– Je n’ai jamais été cool. A dix ans déjà, accoutrée d’un jogging rouge, de lunettes roses en forme de papillon et d’un sac à dos particulièrement inacceptable socialement, je m’étais résignée. J’aime à me dire que c’est la responsabilité en incombe à mes parents (une tentation à laquelle il est si bon de céder), fautifs de ne point m’avoir transmis le gène de la coolitude ; malheureusement, mon frère étant la coolitude incarnée, ma défense ne tient pas.

– Une amie expatriée à Barcelone, grande noctambule devant l’Eternel (telle Cendrillon, elle rentre chez elle après minuit), se targuait récemment d’avoir « toujours envie de sortir : ben oui, il fait si beau et chaud que ça serait trop dommage de rester chez soi ! ». Tapie dans mon 31 m2 londonien, je ressens précisément le contraire : il fait si gris et froid que ça serait trop dommage de s’aventurer dehors.

– Prince est légèrement plus cool que moi ; il se murmure même qu’il a déjà mis les pieds en boîte. Mais si j’incarne la non-coolitude, il est, lui, la pantouflardise personnifiée. Un resto ? A quoi bon, il reste des pâtes au frigo. Un ciné ? On sera tellement mieux sur le canapé à essayer de regarder un film en streaming sur un obscur site chinois (qui plantera trois fois et qui coupera malencontreusement les cinq dernières minutes du film). Un théatre ? Mmm. Il pleut, dehors, non ? Non ? Je pense qu’il va bientôt pleuvoir (en même temps, à Londres, si on attend suffisamment longtemps, il va toujours bientôt pleuvoir).
Heureusement pour lui que c’est l’Homme le plus beau du monde.

– Enfin, et sans vouloir faire pleurer dans les chaumières, quand on n’a pas d’amis, se motiver pour trouver une idée de sortie, prendre les billets, rappeler à son bien-aimé que « c’est ce soir qu’on sort mon chéri, tu n’oublies pas, hein ? », arracher le sus-dit Prince au confort de son divan et assumer si la sortie se révèle être le pire spectacle auquel vous ayez jamais assisté, tout cela devient tout bonnement mission impossible.

Il arrive néanmoins à Eva in London et Prince de sortir – un grand moment de branchitude que je ne manquerai pas de vous conter (quand je l’aurai écrit).

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Comment ça marche, le métro, à Londres ? Mal.

30 minutes à pied, en marchant vite. OK, en courant à petites foulées. Mais heureusement que les bureaux de SuperConseil ne se trouvent pas très loin de la boîte à chaussures dans laquelle Prince et moi cohabitons (mais plus dans le péché) depuis notre arrivée à Londres : j’échappe ainsi au métro, pardon, au Tube, comme disent les Anglais.

(Petite digression pour le plaisir : un employé mal luné de Transport for London, particulièrement à cheval sur cette dénomination, a un jour feint de ne pas me comprendre lorsque je lui ai demandé de m’indiquer le métro. Ah, you mean the Tube ! s’est-il enfin exclamé d’un air ironique alors que j’entamais ma troisième minute d’explications)

En théorie, je vais donc au travail à pied – c’est en tout cas la résolution que j’avais claironnée à qui voulait bien l’entendre lorsque SuperConseil m’a tirée du chômage et de mon addiction aux jeux vidéo embauchée. En pratique, entre les jours où il pleut / il fait froid / je n’ai pas entendu le réveil sonner / je préfère me beurrer un troisième scone plutôt qu’accomplir la demi-heure de marche quotidienne recommandée par le Programme National Nutrition Santé, je vais au travail en bus.

Ce qui signifie que j’échappe au métro.

Je vous passe, en  vrac, les signal failures (pannes de signalisation), accidents et autres engineering works (travaux) que subit l’underground londonien de manière quasi-permanente. Face à l’adversité, les Anglais affichent d’ailleurs généralement un flegme et une résistance (passive ?) qui ne manquent pas de m’impressionner, moi qui fais généralement les cent pas le long du quai en marmonnant des insultes gauloises de plus en plus incompréhensibles (« Scrogneugneugneu de nom d’un chien de mille sabords ! »).

Mais ce qui me fait vraiment, vraiment sortir de mes gonds, c’est de prendre le métro à la station la plus proche de chez moi : Edgware Road.

Pourquoi tant de haine ?

D’emblée, la station Edgware Road vous ment. Si, si. Là où la carte de l’underground vous promet une correspondance entre les jolies lignes de toutes les couleurs (District, Circle et Hammersmith & City) et la bête marron (Bakerloo line), tout cela n’est qu’illusion : de correspondance, point. Si vous tenez vraiment à changer à Edgware Road, accrochez-vous : il vous faudra sortir votre carte Oyster, payer votre trajet, quitter la station Edgware Road-Circle (ou Bakerloo, au choix), marcher plusieurs minutes sans vous perdre, passer sous un autopont, traverser une artère particulièrement bruyante et fréquentée en pensant bien à regarder à gauche et non à droite parce qu’ici on roule à gauche, localiser la station Edgware Road-Bakerloo (ou Circle, au choix), retrouver votre carte Oyster qui s’est bien évidemment logée tout au fond de votre sac et payer un deuxième trajet. Prix de la correspondance : dix bonnes minutes, deux livres que vous ne reverrez jamais et pas mal d’énervement.

Admettons que vous avez rejoint la Bakerloo line sans trop d’encombres. Là, un ascenseur vous attend. Ou plutôt, vous attendez l’ascenseur. La Bakerloo line étant la plus ancienne ligne de métro d’Europe, il vous faut vous enfoncer dans les entrailles de la ville pour l’atteindre. Or, les ascenseurs circulent à leur bon vouloir. Au bout de quatre minutes d’attente, même les plus polis des Anglais sont prêts à tout pour s’engouffrer dans le prochain lift : ben oui, il y a cent ans, on avait peut-être le temps, mais à notre époque où va trop vite ma bonne dame, perdre quatre minutes de vie est devenu rien moins qu’insupportable.

Tout cela n’est rien à côté de l’autre station (vous avez bien compris que ce n’était en réalité pas la même ?), Edgware Road-Circle line. Là, quatre quais vous attendent. Comment savoir vers lequel vous diriger ? Ben… c’est impossible. Bien sûr, en théorie, tout est réglé comme du papier à musique : quai numéro 1 pour la City, quai numéro 2 pour Hammersmith, quai numéro 3 pour Wimbledon et quai numéro 4 pour… ah, Hammersmith aussi. Au fait, certains trains pour Wimbledon partent du quai numéro 2. En pratique, il est donc courant de croiser des hordes de jeunes cadres dynamiques gravir en cadence les escaliers séparant les différents quais, suite à une innocente annonce intervenant quelque 45 secondes avant l’arrivée du train : « Mesdames et Messieurs, le prochain train pour Hammersmith arrivera dans quelques instants quai n°4 / le prochain train pour Wimbledon arrivera dans quelques instants quai n°2 / exceptionnellement, le prochain train pour la City partira du quai n°3 / etc ».

Vous ne pouvez alors vous empêcher de vous poser la question : l’arrivée d’une rame de métro constitue-t-elle un événement si imprévisible que ça ? Vous aimeriez bien vous plaindre à un employé de Transport for London – on ne se refait pas, et puis en bon Français, vous avez une réputation à tenir – mais il semblerait qu’ils se terrent tous ailleurs. A la station Edgware Road – Bakerloo line, peut-être ?

Enfin, quand bien même votre métro se présenterait bien là où il est censé le faire, impossible de savoir quand il arrivera. 2 minutes, 5, 10 voire 15 ? Vous verrez bien – wait and see, comme on dit ici. Les tableaux électroniques d’affichage consentent déjà à vous indiquer la destination du prochain train (sous réserve des modifications de dernière seconde évoquées plus haut) : n’en demandez point trop !

Cher lecteur, vous comprenez désormais mieux pourquoi je suis si reconnaissante à SuperConseil de ne se trouver ni dans la City, ni à Hammersmith, ni à Wimbledon, mais à 30 minutes à pied via Hyde Park (en courant).

Saut spatio-temporel. Enfin, surtout temporel…

Le problème, quand on tient un blog en différé, c’est que parfois même l’auteur s’y perd. Cependant, cela présente un immense avantage : le recul. Le recul ouvre le champ des possibles. Avoir du recul permet de rire des situations les plus abracadabrantes et/ou déprimantes :

– quand on débarque sous la pluie dans un pays qu’on n’a pas choisi
quand on emménage dans une boîte à chaussures pour un loyer exorbitant
– quand, lasse de chercher le job de ses rêves, on devient Supergrouillotte pour un salaire de sous-grouillot
quand on interroge ses voisines asiatiques lesbiennes sur leur vie intime
– et enfin, quand après s’être échinée à planifier « le plus beau jour de sa vie », alias son mariage franco-magyaro-polonais, on se retrouve gavée de médicaments pour tenir debout le jour J.

Le recul a donc du bon : n’est-il est nettement plus aisé de rire de soi a posteriori ? « Mais on nous avait promis de rattraper le présent ! Au vol ! Remboursez ! » s’élèvent les râleurs et/ou les plus fidèles lecteurs, ceux qui n’ont rien oublié. Il est vrai qu’à la naissance de ce blog, les chroniques avaient trois ans de « retard ». Deux ans après… le retard est le même. Cherchez l’erreur ? Bref, aux grands maux les grands remèdes : Eva in London vous propose de sauter d’un coup… un an et demi (nous voici donc fin 2009, pour ceux que cela rassurerait d’avoir une date à laquelle se raccrocher. Plus que deux ans de retard, donc).

Pourquoi un an et demi ? Ne s’est-il rien passé d’intéressant pendant les 18 mois qui ont suivi le mariage de Prince et Eva in London ? Ben, non. A part un bon gros wedding blues. C’est comme le baby blues, mais sans le bébé. Vous connaissez ? C’est quand vous avez épousé votre Prince, qu’il ne s’est pas encore tout à fait transformé en grenouille (ou c’est dans l’autre sens que ça se passe normalement ?) et que pourtant tout vous paraît un peu gris. Terne. Plus personne ne vous demande comment vous allez, ou alors c’est pour la forme. Finis, les airs intéressés (plus ou moins feints, d’accord, mais quand même) lorsque vous évoquiez avec passion le dessin de votre future robe (« Attention, c’est super secret, je te le dis à toi, mais surtout n’en parle à personne ! Bon, à part Mélanie et Anne-Laure qui sont déjà au courant, mais à personne d’autre alors ! ), vos déboires avec le traiteur (« Ce crétin refuse de faire une animation foie gras en plus du stand huîtres et de l’atelier de cuisine moléculaire, c’est une honte quand même ! ») et tout le mal que vous vous donnez pour organiser un mariage digne de ce nom avec un budget ric rac (« Prince a dit non au feu d’artifice géant. Tu crois que cela devrait donner lieu à des représailles, ou mieux vaut attendre après le mariage ? »).

Las. Vous êtes mariée, la fête est finie. Pendant 18 mois, vous vous levez, vous allez « travailler » chez SuperConseil (vous êtes même promue Grouillotte en un temps record), vous rentrez, vous démarrez une licence de psychologie à distance pour occuper vos soirées, vous vous mettez à la cuisine (toujours pour occuper vos soirées, parce que finalement étudier après une journée de travail, c’est fatigant, et faire la cuisine c’est plus drôle et puis ça se mange), vous accueillez Prince plus ou moins chaleureusement à son retour du travail, vous regardez un film ou le dernier épisode de How I met your mother (c’était à l’époque où c’était bien), vous allez vous coucher, vous poussez Prince jusqu’à ce qu’il tombe du lit et vous dormez du sommeil du juste tandis qu’il se demande à demi-voix ce qui a bien pu lui prendre d’épouser une mégère pareille. Une fois par mois au moins, vous rentrez à Paris pour conserver un niveau d’interaction sociale minimal et vous rappeler que contrairement aux apparences, vous avez des amis.

En apparence, votre vie est réglée comme du papier à musique. Mais les apparences sont trompeuses.

Eva in London a un secret : elle a envie de faire un bébé.

PS : désolée pour ceux qui s’y perdent… mais j’ose espérer que, même perdus, vous vous amusez autant que moi ! Et si vraiment vous n’y comprenez plus rien, écrivez-moi, je me ferai un plaisir de tout vous expliquer. Le service client personnalisé, y a que ça de vrai.

La campagne, y a que ça de vrai

Mon club de course à pied semble décidément abriter un certain nombre d’extrémistes du marathon, qui ont pour seuls sujets de conversation :

– leur taux d’oxygénation (?)

– le temps qu’ils visent « in London » : sous-entendu, au marathon de Londres qui a lieu tous les ans en avril

– et enfin, la manière dont ils vont bien pouvoir s’y prendre pour lever des fonds : ben oui, à moins d’être un surhomme et de tourner à un temps qui vous qualifie d’office, il vous faudra convaincre vos familles, amis et collègues de sponsoriser une association caritative de votre choix. Et si vous échouez à trouver les quelques milliers de livres requis, vous en serez pour votre poche. Après tout, c’est le marathon de Londres, quand même, pas le 5 km celui de Trifouillis-les-Oies. Ca se mérite.

Bref, s’il y a de vrais fanatiques, on y trouve aussi des gens plutôt normaux, et qui daignent adresser la parole aux non-marathoniens comme moi. Ainsi, j’ai sympathisé avec une certaine Eleanor, célibataire à qui je donne la quarantaine. Eleanor est à la fois souriante et réservée, comme les Anglaises savent l’être – en tout cas, celles qui ne sortent pas dans la rue à moitié dénudées et complètement ivres.

Et grâce à Eleanor, mon projet d’intégration « avec de vrais Anglais » avance : ma nouvelle amie nous a invités, Prince et moi, à une petite balade à la campagne ce WE avec des amis à elle (pour rappel, les Anglais aiment la nature, même et surtout l’hiver). Oui, nous sommes début décembre, oui, il fait un froid de canard, mais après tout il n’y a même pas de neige, et puis on déjeunera dans un country pub très sympa !

Ce dernier argument suffit à convaincre Prince.

Samedi, 8h45 (argh), nous voici donc à la gare de Victoria. Prince est en jean et en baskets, je suis en long manteau beige, béret rose (puisque tout Français qui se respecte porte un béret, entretenons les clichés chers aux Anglais)  et munie d’un petit sac à main Longchamp – je voyage léger, moi, Madame, mais chic : après tout, je me dois d’être l’ambassadrice de l’élégance française en toute circonstance !

Ou tout du moins, c’est ce que je me dis jusqu’à ce que je voie arriver Catherine entourée de six amis tous équipés de pied en cap : chaussures de randonnée, pantalon à l’avenant, blouson en Gore-Tex et sac à dos 20 litres.

C’est ce qu’on appelle un malentendu.

Je ne me laisse pas abattre pour autant : je me laisse même porter, optimiste. Nous descendons à un arrêt – je n’ose pas appeler ça une gare – où il n’y a qu’un seul quai. Pas de panneau indiquant le nom du village – non, lieu-dit, puisqu’il n’y a pas une maison à la ronde. Mais les amis d’Eleanor ont l’air de savoir où aller. Une fois un passage un peu compliqué à travers champs (laissant le bas de mon manteau strié de boue maronnasse, mais bon, après tout les pressings, c’est fait pour ça), les paysages du Sud-Est de l’Angleterre s’avèrent si magnifiques que j’en oublierais presque le froid glacial – enfin, si je n’avais pas égaré ma lentille de contact dans un champ couvert à 30% de bouse de vache.

Il y a quand même un point sur lequel on s’était bien compris : le country pub. Les desserts, pardon, les puddings, sont fameux. Prince, en particulier, déguste un mystérieux gâteau dont jamais, ô grand jamais, il ne se rappellera le nom dans les années qui suivront. Nous oublierons aussi le nom du pub. Et j’arrêterai la course à pied en club (les membres étaient vraiment trop allumés), les randonnées improvisées dans la boue anglaise et la fréquentation d’Eleanor. Trois ans plus tard m’effleure encore parfois l’idée de lui envoyer un message Facebook ainsi rédigé : « Salut Eleanor, comment vas-tu ? Toujours au club de course à pied ? Au fait, tu te souviens de cette randonnée à la campagne dans le froid et la boue où je m’étais pointée en manteau long et sac à main Longchamp ? Eh bien, j’aimerais bien connaître le nom du pub où nous avions mangé. Merci, à plus ! ». Délicat. Seul restera donc gravé dans la mémoire de Prince le souvenir d’un succulent pudding, à jamais inaccessible.

Y a pas à dire, la campagne, y a que ça de vrai.

 

Le thé à l’anglaise, pas trop ma tasse de thé

– Qui s’occupe de la prochaine tournée ? (“Who’s getting the next round ? »)

– Allez, je me dévoue !

Ce dialogue n’a pas lieu au pub le vendredi soir, mais dans mon open space. Tel un mantra, il y est répété une fois, dix fois, cent fois par jour. Précision de taille : il ne s’agit pas de pintes de bière, mais de (beaucoup) de tasses de thé.

Chez SuperConseil, c’est tea time toutes les dix minutes.

Je ne sais pas où les Anglais casent tout ce thé. Ou peut-être cette exceptionnelle consommation de liquide leur sert-elle simplement d’entraînement pour les beuveries du WE.

Quoiqu’il en soit, moi, ca me laisse perplexe. Soit il s’agit de maximiser simultanément le nombre et la durée des pauses que l’on arrive à faire en une journée de « travail » sans se faire virer, en assurant des commandes dignes d’un café parisien (cinq thés, un avec lait et deux sucres, un sans lait et un sucre, trois avec lait et un sucre, deux cafés dont un extra fort, et un verre d’eau), et là, j’aime autant sortir faire un tour de pâté de maisons (sauf qu’il pleut, j’avais encore oublié) ; soit… ils aiment vraiment ça.

Et là, ça me dépasse.

Comprenez-moi bien : j’aime bien le thé. Surtout depuis que j’ai découvert que « thé » n’était pas synonyme de sachet de Lipton Earl Grey. Ah, les bonheurs d’un thé Marco Polo de chez Mariage Frères…

(oui, oui, j’assume très bien mon côté bourgeoise parisienne même pas bohème)

Mais ce que boivent mes collègues à longueur de journée n’a de thé que le nom. Ni l’apparence (vaguement caca d’oie avec l’incontournable ajout de lait), ni le goût (les trois sucres ayant au moins le mérite de le masquer un peu). Une de mes amies a même élaboré une théorie particulièrement convaincante pour expliquer ce phénomène paradoxal : si les Anglais noient leur thé dans le lait et le sucre, c’est qu’au fond, ils n’aiment pas vraiment ça. Ce qu’ils aiment, c’est le réconfort que leur apporte ce rituel social du thé. D’ailleurs, là où Montesquieu affirmait « Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé », un Anglais est plus susceptible de faire sienne la devise « Je n’ai jamais eu de gueule de bois / gros rhume / coup de barre du lundi qu’une bonne tasse de thé n’ait dissipé ».

N’empêche, intégration oblige, à la prochaine tournée (d’après mes estimations, dans cinq à dix minutes), je me jette à l’eau.

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Rien ne sert de courir, il faut partir à point (2)

Comme dirait l’autre (le monsieur très sérieux et très fluo du club de course à pied), nous n’avons pas les mêmes valeurs. 

Cette impression se confirme nettement lorsque, après un grave hochement de tête, la trentaine de Gentils Membres s’élance d’un même corps – et très, très vite –  en direction de Hyde Park.

Je me retiens de m’écrier piteusement « Eh, attendez-moi ! » et me rapproche tant bien que mal de deux coureuses qui ont l’air d’avoir à peu près mon âge :

– Salut, je m’appelle Eva in London.
– Salut Eva, moi c’est Amy, me répond Coureuse de Gauche.
– Et moi c’est Sarah, ajoute Coureuse de Droite.

Une vague tentative de lancer la conversation – après tout, ne perdons pas de vue que je suis là pour me faire des amis – s’avère vite irréaliste. J’avais oublié que :

1. Faire la conversation en anglais, c’est déjà pas évident
2. Faire la conversation en courant, non plus – surtout quand on est au bord de l’apoplexie au bout de trois minutes
3. Mais alors faire la conversation en courant ET en anglais, c’est carrément mission impossible.

De toute manière, au bout d’une vingtaine de minutes, Coureuse de Droite nous a distancées depuis belle lurette pour rejoindre ses amis, les vrais coureurs. Quant à moi, je me résous à mettre ma dignité de côté. Entre deux ahanements, je pose à Coureuse de Gauche la seule question qui vaille :

– C’est… bientôt… fini ?

Dis oui, dis oui, parce que quelle que soit la réponse, là, je m’arrête.

Coureuse de Gauche, surprise :

– Ah non, on en est à la moitié, pourquoi ?

Ben, parce que je vais mourir, espèce de truie britannique, me retiens-je de répondre.

Au lieu de ça, ayant déjà intégré que la politesse était une vertu cardinale ici, je me contente d’un simple :

– Je suis… un peu… fatiguée.

Coureuse de Gauche doit se sentir l’âme d’une coach ou d’une bonne Samaritaine, car elle ne se laisse pas démonter :

– Allez, courage ! L’essentiel, c’est de ne pas s’arrêter, même si tu ralentis. On y va ensemble. Let’s do this ! 

Fut dit, fut fait. Coureuse de Gauche, pardon, Amy, m’a ainsi traînée à grands coups de positive thinking jusqu’à notre retour à la salle de gym. Une petite douche, et hop, mes merveilleux futurs amis anglais se sont dirigés vers le pub. Moi, clopin-clopant, je suis tout juste parvenue à rentrer m’effondrer sur mon bon vieux canapé.

Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour se faire des amis.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point (1)

J’ai beau avoir plein d’excellentes raisons de ne pas faire de sport, si je continue à passer mes soirées à compter les minutes jusqu’au retour de Prince, je ne vais pas rester saine d’esprit bien longtemps. L’heure est venue pour moi de me risquer hors de notre appartement.

Débordante de sex-appeal en jogging élimé et pull informe (collection printemps-été La Redoute 1999), j’arrive au lieu de rendez-vous déjà toute essoufflée par mes cinq minutes de jogging entre la maison et la salle de sport. Et pour cause : à force de tergiverser sur ma tenue, j’ai raté le début. Enfin, si c’est comme chez SuperConseil, ils auront commencé par le plus important : les consignes de sécurité incendie. Va savoir pourquoi les Anglais sont aussi obsédés par la question. Le grand incendie de Londres hanterait-il encore les esprits ?

Quoi qu’il en soit, entre le vacarme que font les joueurs de volley-ball dans le gymnase et les multiples conversations chuchotées autour de moi, il m’est tout bonnement impossible de comprendre les propos du responsable du club. Comme je suis quelqu’un de foncièrement optimiste, plutôt que de me désoler, je me concentre avec délectation sur sa tenue : ce n’est en effet pas tous les jours qu’on tombe sur des hommes de soixante ans portant fièrement micro-cycliste vert et T-shirt moulant rose fluo. Si, si, pour de vrai. Encore que je ne devrais pas trop faire la maligne : je suis sûre qu’il court trois fois plus vite que moi.

De toute manière, ma joie est de courte durée. Délaissant momentanément Monsieur Cycliste pour observer mes camarades de torture (pardon, de jogging), je réalise que je suis sans doute la seule à m’être pointée déguisée en épouvantail : autour de moi, que du fluo, du Nike dernier cri, du podomètre, de la chaussure à coussins d’air, et que sais-je encore. Comme dirait l’autre, nous n’avons pas les mêmes valeurs.

A suivre…

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Dix bonnes raisons de ne pas faire de sport, et une première tentative de se faire des amis à Londres

C’est marrant, mais il y a des sujets qui m’inspirent plus que d’autres. Tiens, le sport, par exemple. Tout comme je trouve très facilement plein de raisons de ne pas travailler, j’en vois toujours plein pour ne pas aller courir :

  1. Il fait froid.
  2. Il pleut.
  3. Il fait froid ET il pleut (on n’est pas à Londres pour rien).
  4. Avec mon non-équipement de sport, j’ai l’air d’un épouvantail.
  5. Ca me déprime quand les papys de 70 ans me dépassent à toute allure.
  6. Je me suis lavé les cheveux il y a trois jours, ça serait dommage de les re-salir.
  7. Si on ne perd du poids qu’au bout de 20 minutes d’ « activité », je suis pas près d’y arriver. Sauf si par activité, on entend « regarder la télé », « dormir » ou « jouer à Civilization ».
  8. D’ailleurs, c’est l’heure de la sieste, là, non ?
  9. Ou alors d’appeler Maman, je lui ai pas parlé depuis deux jours.
  10. Entre la pollution et les chocs pour les genoux, c’est même pas bon pour la santé.

Moi j’dis, vaut mieux rester chez soi. D’ailleurs, c’est exactement ce que je faisais (à savoir rien) jusqu’à ce qu’un ex me convainque de me mettre au jogging. Je lui avais pourtant opposé ma super-excuse-tellement-imparable-qu’elle-m’avait-valu-une-dispense-au-bac : « asthme à l’effort ».

Il ne lui a fallu qu’une semaine pour balayer mon alibi d’un revers de main et me mettre un petit programme Men’s Health sous le nez (sa lecture de prédilection ; ce n’est pas un ex pour rien) : « Remettez-vous au jogging et perdez vos poignées d’amour en deux mois ! »

J’ai compris l’allusion et me suis donc lancée dans le fameux programme, résignée. Tout d’abord, alterner trente secondes de jogging et une minute de marche. Trop facile ! Puis, une minute de jogging et trente secondes de marche – on dirait pas, comme ça, mais c’est vraiment dur. Puis deux minutes de jogging… puis cinq… jusqu’à, deux mois plus tard, atteindre ces fameuses trente minutes d’affilée.

C’en était bel et bien fini de mon asthme à l’effort. Je dois même avouer que ma conversion au sport m’a rendu bien des services, en particulier lorsque je préparais mes concours d’école de commerce. C’est sans doute grâce à mes tours de stade que je n’ai pris « que » quatre kilos en deux ans, et ce en dépit d’une consommation effrénée de chocolat.

Bien des années plus tard, me voici toujours aussi peu enthousiaste à l’idée de bouger mon corps, mais plus empâtée et surtout un peu esseulée. Maintenant que j’ai un logement fixe, un Prince, et un emploi, il est temps de me trouver DES AMIS. Et pas des Français, hein, ça je connais, y en a plein en France : des vrais autochtones, des AN-GLAIS.

Pour cela, j’ai décidé de tester le club de course à pied – concept inconnu en France où, pour courir, on se débrouille très bien tout seul. Je n’ai pas eu à chercher bien loin, puisqu’il se trouve que j’habite tout près du plus important club de Londres, le Serpentine Running Club, qui regroupe pas moins de 2336 personnes. Ca, ça s’appelle mettre toutes les chances de son côté : on peut espérer que sur ces 2336 gentils membres, il y en ait au moins un qui veuille bien être mon ami.

Le rendez-vous hebdomadaire ayant lieu à la salle de gym dans dix minutes, je farfouille frénétiquement au fond de mes tiroirs. Comme on pouvait s’y attendre, la pêche est maigre : un vieux pantalon de jogging beige informe, un soutien-gorge de sport qui a connu des jours meilleurs, et un T-shirt de coton qui promet de belles auréoles sous les aisselles. Je vous avais bien dit que j’étais à la pointe du non-équipement.

Je sens qu’avec cette touche d’élégance bien française, je vais faire un malheur.

Et vous, quelles sont vos raisons préférées de ne pas faire de sport ? Ou (soyons politiquement correcte, pour une fois), au contraire, d’en faire ?

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