Comment trouver une nounou à Londres… ou Eva in London à la recherche de SuperNanny

Ce qui est bien, lorsqu’on cherche une nounou à Londres, c’est que la ville est on ne peut plus cosmopolite. Ou, pour dire les choses de manière moins politiquement correcte, les Anglais s’y trouvent en nette minorité, du moins dans certains quartiers.

Et chacun semble avoir un avis bien tranché sur nos futures candidates issues de la diversité de l’immigration.

Prince, hongrois : « Ne t’avise pas de choisir une Hongroise. Elles sont mollasses » (je savais qu’il ne nourrissait pas une affection particulière pour son pays, mais quand même)

Ma mère, polonaise : «  Prends donc une Polonaise ! Elles sont dynamiques et fiables. Et sympathiques. Et compétentes. Et fiables, je l’ai dit fiables ?Etc. »

Ma copine Charlotte, française, et qui en est à sa quatrième nounou (dont aucune française) : « Surtout pas de Française ! Elles ne font que râler, et en plus elles vont critiquer la manière dont tu élèves tes enfants »

Anonyme, sur mon site de référence : « Les Philippines travaillent pour une bouchée de pain afin de nourrir leurs enfants restés au pays dur et bien, en avez-vous une à me recommander (la mienne est tombée d’épuisement à l’issue d’une énième journée de 18 heures) ? »

Ma copine Delphine, aussi à cheval que moi sur l’apprentissage du français en milieu hostile anglophone : « Pas une Anglaise ! Elle va lui parler anglais ! »

Je suis sûre que la perle rare se trouve quelque part sur cette photo

Je suis sûre que la perle rare se trouve quelque part sur cette photo

Certes.

Moi, je me contenterais aisément de quelqu’un qui s’occupe bien de MiniPrincesse. Bon, d’accord, idéalement, une délicieuse jeune femme qui parle l’une des trois langues avec lesquelles notre fille va grandir (pour rappel : français, hongrois et anglais). Mais une personne gentille, qui ne vole pas, et lève les yeux de son téléphone de temps en temps lorsqu’elle emmènera MiniPrincesse au parc pour éviter qu’elle ne se fracasse un bras par ci, une jambe par là, ça serait déjà formidable. Lorsqu’on a trois semaines pour trouver un mode de garde, on ne va pas chercher midi à quatorze heures.

Je place donc une annonce sur mon site fétiche, et épluche les réponses sous lesquelles je croule. Ou pas : la pêche est maigre. Basse saison pour les nounous.

Pour filer la métaphore gastronomique, je ne fais pas la fine bouche, et reçois séance tenante les quelques candidates qui ont eu la bonté de me contacter.

Candidate n°1 (hongroise) :

– Vous avez de l’expérience avec les bébés ?
– Euh, pas vraiment… mais c’est pareil que lorsqu’ils sont plus grands, non ?

Ben, non.

Candidate n°2 (hongroise), qui se présente avec un CV identique en tous points à celui de Candidate n°1 :

– Votre CV ressemble beaucoup à celui de [Candidate n°1]. Vous vous connaissez ?
– Euh, un peu…

Allez, je lui reconnais la présence d’esprit d’avoir réussi à correctement écrire son nom et son adresse en haut à gauche.

Candidate n°3 (anglaise jusqu’au bout des ongles), au bout de quatre minutes d’entretien :

– Alors, je vous préviens : je ne m’occupe QUE de ce qui concerne les enfants. Je range LEUR chambre, lave LEURS vêtements et nettoie uniquement derrière eux dans la cuisine.

Candidate n°4 (italienne – on prend ce qu’il y a), au bout de 35 minutes d’entretien sans un regard pour l’adorable, que dis-je, l’irrésistible bébé qui gazouille à côté d’elle.
– Bon, ben au revoir alors…
Prince, interloqué :
– Euh… vous ne souhaitez pas faire la connaissance du bébé ?
Moue perplexe de Candidate n°4.
– Non, ça va, une prochaine fois peut-être.

Ou pas.

Candidate n°5 n’est ni française, ni hongroise, ni anglaise. En revanche, elle est gentille, ne vole pas, et couvre MiniPrincesse de câlins – j’apprendrai rapidement qu’elle a la main un peu lourde sur le parfum, rapport à l’odeur tenace dont seront bientôt imprégnés tous les pyjamas de ma fille. Mais peu importe. Nous tenons notre SuperNanny.

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Tentative d’intégration #1 : le cours de musique bébé en anglais

Mes trois friend dates s’étant déroulées sans anicroche (« Alors, ça fait combien de temps que tu habites à Londres ? Ton enfant est trop mignon (ben voyons) ! Il a quel âge ? Il dort bien ? etc. »), je décrète qu’il est temps de passer à la vitesse supérieure : faire la connaissance de jeunes-mères-sympas-et-même-pas-forcément-françaises.

La quête de l’insaisissable amie anglaise avait constitué l’un de mes fers de lance lors de l’arrivée à Londres il y a cinq ans (gloups). Las. Introuvable la copine anglaise, introuvable elle est demeurée. La seule chose qui me rassure, c’est que je ne suis visiblement pas la seule à me heurter au mur de cordialité de la perfide Albion.

Mais je n’ai pas dit mon dernier mot. Car je dispose désormais d’une arme de choc ; en l’espèce, un bébé de cinq mois, MiniPrincesse. Et pour établir des occasions de côtoyer de l’Anglaise, d’innombrables possibilités s’offrent à moi. Yoga bébé, cours de cuisine, poterie, langue des signes, heure du conte, danse, chant… dès la naissance, les petits Anglais (fortunés, cela va sans dire) ont à leur disposition un programme d’une richesse comparable à la prestigieuse université à laquelle leurs parents aspirent sans nul doute pour eux.

Décontenancée par cette avalanche de propositions qui, toutes sans exception, se targuent d’être « essentielles pour le bon développement intellectuel et émotionnel de mon enfant », je jette finalement mon dévolu sur une activité musicale quelconque. Celle-ci promet de « poser les bases de l’avenir musical de mon enfant », rien de moins.

Mes ambitions à moi sont nettement plus prosaïques. Si cette demi-heure normalement facturée au prix d’un cours particulier de maths de terminale (le cours à l’essai est gratuit) peut arracher un ou deux sourires à MiniPrincesse et me permettre d’échanger quelques mots autres que « coucou caché » et « tu as bien dormi, ma petite choupinette chérie ? », ça sera déjà ça.

Mais cela ne devait pas être. Vu la tête que tirent les mères présentes lorsque MiniPrincesse et moi arrivons dans la petite salle au premier étage d’un centre de loisirs, il transparaît rapidement qu’elles seraient plus à leur place à un groupe de soutien à la dépression postnatale qu’à un groupe de musique.

Un cours accueillant dans un lieu chaleureux

L’animatrice (« My name is Byony !!! »), semble en revanche avoir abusé du Prozac en cette pluvieuse après-midi.

So, mummies !!! (Alors, les mamans !!!)

Silence consterné, ou poli, c’est au choix (ne négligeons pas la réserve britannique).

Bryony réalise qu’elle a oublié quelque chose. Ou plutôt quelqu’un. Elle s’écrie :

So, mummies and babies !!! (Alors, les mamans et les bébés !!!)

Nouveau silence.

Today, we’re going to have FUN !!! (Aujourd’hui, on va bien s’AMUSER !!!)

Ce qui, si vous avez bien suivi, fait pas moins de douze points d’exclamation en trente secondes, soit presque un point d’exclamation toutes les deux secondes.

Un murmure modérément enthousiaste s’élève du cercle de mamans. Les habituées – ou du moins, celles qui ont l’air de savoir ce qu’elles font là – hasardent un hésitant « Yay » à l’adresse de leur progéniture.

Et la dite progéniture, pendant ce temps ?

L’un des bébés s’assoupit dans les bras de sa mère, insensible au fait que ça fait cher la minute de sommeil. Deux bébés pleurent. MiniPrincesse, perplexe, se cramponne à moi. La bonne foi m’oblige à reconnaître que l’humeur des « habitués » varie au moins de neutre à plutôt souriante. C’est peut-être parce qu’eux ne s’effraient plus des hurlements de Bryony.

Au cours des 23 minutes qui suivent, il est beaucoup question d’un singe très joueur (« Where’s monkey ? »), d’une comptine anglaise à laquelle je ne comprends rien à part que Bryony veut que les mummies se lèvent à intervalles réguliers (hmmph) et de percussions sur lesquelles notre chère animatrice, momentanément contrariée (je crois même l’entendre jurer), ne parviendra jamais à remettre la main.

– Alors, ça vous a plu ? Souhaitez-vous vous inscrire pour le trimestre ? me lance Bryony à la fin du cours.

Je cogite deux secondes et demie. MiniPrincesse n’a pas esquissé la moindre ébauche de sourire, je n’ai pas osé adresser la parole aux mères brésiliennes, polonaises et américaines présentes (pas l’ombre d’une Anglaise) et estime avoir eu de la chance de ne pas subir de perte auditive après 30 minutes de Bryony.

De deux choses l’une : soit cette femme ne doute de rien, soit elle n’a pas remarqué que MiniPrincesse et moi aurions préféré être chez le dentiste plutôt qu’ici.

J’arrive néanmoins à faire preuve d’une courtoisie toute britannique afin d’éluder la première question pour répondre à la deuxième sans pouffer de rire :

– Je vais réfléchir, merci.

Finalement, pour un bébé de cinq mois, chantonner Frère Jacques à la maison (même faux) c’est très bien aussi.

Comment se faire des amis à Londres à l’ère d’Internet (attention jeune mère au bord de la crise de nerfs)

« Ca va juste pas être possible, cette affaire ».

Voilà la sentence que j’assène sans ménagement à Prince le lundi soir qui suit notre emménagement, alors même que le pauvre n’a pas encore franchi le seuil de notre nouveau (et vide) foyer.

Chat échaudé craint l’eau froide. Prudent, Prince lève un sourcil en signe d’interrogation, ouvrant ainsi les douves de ma frustration, ma fatigue et mon angoisse.

J’ai passé toute la journée TOUTE SEULE. MiniPrincesse n’arrête pas de pleurer. Y a pas Internet. Y A PAS INTERNET !!!. On est EN BANLIEUE. Je ne connais PERSONNE. Quand est-ce qu’on rentre à la maison ? Ah, j’oubliais, LA MAISON C’EST ICI, quelque part sous cet amas de cartons (de notre ancien appart dans le centre de Londres), de valises (rapportées de Paris), et de paquets (d’objets de puériculture) – dont aucun n’est encore déballé.

Home sweet home...

Home sweet home…

La nuit porte conseil, dit-on. Clairement, le dicton ne vaut pas un kopek avec un nourrisson qui passe la nuit à téter-faire dans sa couche-dormir-téter-etc.

Le lendemain, mon bien-aimé se débrouille pour me relier au reste du monde. Je ne perds pas une seconde et passe une bonne partie de la journée à taper frénétiquement toutes les variations imaginables de « Française Nappyvalley » chez mon bon copain à moi, Google.

A la fin de ce mardi, j’ai trouvé le site qui va bientôt remplacer Facebook dans mon Top 10 « comment perdre du temps sur Internet » : Nappyvalleynet.com, « votre meilleure amie et voisine tout en un », annonce fièrement le site. C’est tout à fait ça. En l’occurrence, j’y trouve exactement ce que je cherchais : pléthore de jeunes mères sympathiques, françaises ou francophones qui plus est. Première friend date mardi, avec Natalie, une Néo-Zélandaise qui cherche à pratiquer le français. Mercredi, je dois rencontrer Laura, une Albanaise qui a fait ses études en France. Jeudi, Delphine, une Française du quartier elle aussi à la recherche d’amies. En route pour le speed friending.

D’ici là, je n’ai d’autre échappatoire au spleen existentiel que de déballer les cartons, valises et autres paquets. Vive la maternité, version expat’.

Voyage d’affaires à l’anglaise

La semaine dernière a marqué un tournant dans ma connaissance des autochtones. Moi qui n’aime rien tant que voyager seule (dans le cadre du travail, parce que sinon j’adore prendre l’avion avec un enfant en bas âge incapable de tenir en place plus de vingt cinq secondes et un Prince qui abhorre les voyages – mais je m’égare), j’ai eu le grand privilège d’effectuer un voyage d’affaires accompagnée d’une Galloise et d’un Ecossais. Il ne manquait plus qu’un Anglais et j’avais toute la Grande-Bretagne dans ma délégation, facon Benetton. Oh well, ce sera pour une autre fois. En attendant, 24 heures d’observation in vivo qui m’ont permis d’identifier dix particularités du voyage d’affaires à la britannique :

  1. Le vol aller affiche une heure trente de retard, rapport à la pluie battante qui s’abat sur Heathrow. Idem au retour. Ben oui, forcément, en septembre, c’est bien connu, les conditions météorologiques sont aléatoires.

  2. Crépuscule aéroportuaire

    Crépuscule aéroportuaire

  3. Devant cette première déconvenue, le Britannique réagit avec tout le flegme qu’on attend de lui. Son premier réflexe est de se diriger vers le bar le plus proche “parce que rien ne vaut un bon verre de Pinot Grigio en attendant que la porte d’embarquement soit affichée”

  4. Pas besoin de déjeuner avant le vol, un beignet suffira. Devant votre haussement de sourcils, votre collègue se contente d’un laconique “Moi, tu sais, la bouffe…”

  5. Au petit déjeuner, à l’hotel, il s’attable devant des oeufs brouillés et du bacon. Et glousse devant votre croissant et votre chocolat chaud : “so French!”. Aucun de vous ne daigne tester les spécialités locales, convaincu d’être en train de savourer le summum de sa gastronomie nationale.

  6. En réunion, le Britannique semble prendre un malin plaisir à ponctuer son discours d’expressions idiomatiques (“No strings attached”, “Starter for ten” ou encore “Let’s call  it a day”), suscitant la plus grande perplexité chez ses interlocuteurs.

  7. Comme si cela ne suffisait pas, il parle vite et n’articule guère ; après tout, l’anglais n’est-il pas officiellement la langue de travail du monde entier ?

  8. Il est essentiel de terminer la dernière reunion à temps (cf. “Let’s call it a day”) pour déguster (?!) un verre de vin (Pinot Grigio toujours) à l’aéroport

  9. Dîner avec les poules (17h28) avant de reprendre l’avion ? Aucun problème  – tant que son club sandwich est accompagné de chips ET de frites…

  10. …“et comme ca, pas besoin de remanger après, c’est toujours ca de fait” (sic)

  11. Last but not least: quand le Français est à table, il parle de bouffe. Quand le Britannique boit, il parle de cuite. Et tout le monde est content.

Le coming out d’une Frenchie à London (du bon usage des anglicismes)

Je l’admets : je voue une haine viscérale aux anglicismes.

Les années passant, un insaisissable et pourtant de plus en plus net sentiment se fait jour en moi : celui de perdre la maîtrise de ma langue, et par là, un fragment de mon identité même. Que l’expat’ qui n’a jamais marmonné, lors d’un retour dans son pays d’origine, « Ah, mais comment ça se dit, déjà ? Je l’ai sur le bout de la langue ! » me jette la première pierre.

Fini la nuance, à bas la finesse : de plus en plus, tout m’apparaît « sympa », « génial » ou au contraire « nul », voire « horrible ». Mon vocabulaire s’appauvrit aussi vite que le Trésor Public grec et je me surprends à trouver facilement l’expression anglaise parfaitement juste pour décrire un moment ou une émotion, sans parvenir à un équivalent français satisfaisant. Une impression, vous l’avouerez, quelque peu perturbante.

Et je ne suis pas la seule dans ce cas. Ainsi, une connaissance londonienne fêtant son anniversaire remerciant les invités « pour être là pour cette journée spéciale » ou une amie proposant de caler un dîner de filles (« je peux faire mercredi ou jeudi, vous préférez quelle date ? ») où elle nous vantera « le sac Vuitton original » qu’elle compte bientôt s’offrir… non parce qu’il est original, mais parce que c’est un « vrai » Vuitton.

Pas étonnant, dans ces conditions, que je sois assaillie de doutes chaque fois que j’utilise un mot de plus de huit lettres. L’anglais est-il définitivement pervasif ? Mes espoirs de retrouver un niveau de français correct sont-ils ruinés ?

D’aucuns me jugeront prétentieuse, ringarde, voire les deux mon capitaine. Mais n’est-il pas merveilleux que chaque langue ouvre à celui qui l’emploie tout un univers unique et intransposable ? Comment traduire vraiment (et non définitivement) « c’est ni fait ni à faire » (mesquin à souhait), « bon, bon, bon, c’est pas tout ça mais… » (classe) ou encore « moi j’vous le dis, il veut le beurre, l’argent du beurre et la crémière » (encore plus classe). C’est que le français est une langue riche, ma bonne dame. Et à l’inverse, le français peut-il rendre justice (ça se dit, rendre justice ? Argh…) à une expression on ne peut plus british comme « Chin up, old chap » ? OK, il faut vraiment que j’arrête mon marathon Dowton Abbey, mais vous voyez où je veux en venir. Sans me faire le chantre de la francophonie à tout crin, pourquoi massacrer ainsi notre belle langue par tant de négligence ?

Car il s’agit souvent de paresse pure et simple. Telle cette inimitable tirade entendue dans le métro quasiment mot pour mot :

« Et là, le switchboard m’a appelée, j’ai pris le lift pour descendre parce que je suis épuisée en ce moment, l’overground me réveille tous les matins. Ma chef m’a trop énervée en me disant que ma jupe était so last year, je lui ai répondu so what ? Elle est censée me supporter ! »

Cette dérive représente-t-elle un vrai changement par rapport à Paris où l’anglais est devenu un must pour paraître « efficient » en entreprise ? On est corporate ou on ne l’est pas, on attend que son boss (OK, celui-là est complètement passé dans la langue) revienne vers soi (ce qui pose la question : mais où donc était-il passé ?) et son feedback sera très impactant.

« On s’américanise de plus en plus… » ou la vision à la fois tendre et ironique de Sempé

Consolons-nous avec la pensée que l’anglais a lui aussi beaucoup emprunté au français (apparemment cela remonterait au règne de Guillaume le Conquérant) : ainsi, manager viendrait du français ménager et beef de bœuf. Les Rosbifs ne sont donc pas en reste : rien n’est plus chic que de répondre merci en français dans le texte lorsqu’on vous sert votre thé, s’écrier voilà lorsqu’on a parfaitement réussi sa tarte Tatin, et évoquer rêveusement le je ne sais quoi qui émane du beau jeune homme qui vous jette des regards langoureux dans le Tube du matin.

En guise de conclusion, je vous laisse sur l’anglicisme suprême (et non ultime puisque ce n’est sûrement pas le dernier que j’emploierai) : « Allez, on se retrouve au pub ! »

PS : certains anglicismes ont la bonne idée de tomber en désuétude. Ainsi, j’entends encore mon grand-père m’accueillir d’un « Mais tu es très smart aujourd’hui ! »

PPS : et vous alors, avez-vous tendance à mélanger les langues ? Au bout de combien d’années d’expatriation avez-vous commencé à chercher vos mots ? En France, avez-vous l’impression que l’anglais gagne du terrain ? Faut-il s’en offusquer ? L’anglais est-il le compétiteur un concurrent du français ? Votre avis m’intéresse beaucoup !

PPS : ma principale satisfaction concernant cet article réside non dans le fait de l’avoir enfin pondu, mais dans les 178 mots de plus huit lettres que j’ai réussi à y caser. Promis, dans le prochain article, tout sera à nouveau très beau, super ou au contraire minable.

Toute la vérité sur Eurostar (par quelqu’un qui le connaît bien)

Eurostar et moi avons tout du couple. Du vieux couple, pour être précise.

Comme beaucoup, nous avons connu la passion des débuts. Nous allions jusqu’à se voir une, deux ou même trois fois par mois. Tous les prétextes étaient bons : un mariage, un anniversaire, un dîner de potes… nous ne pouvions nous rassasier l’un de l’autre. A 45 euros l’aller-retour en tarif jeune (si, si), je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Au bout de quelques mois, lorsque la fascination a commencé à s’émousser, nous avons déployé des trésors d’inventivité pour entretenir la flamme (« 2h15 au lieu de 2h40 ! C’est presque comme si on habitait encore à Paris ! » NB : tout est dans le presque) et briser la routine (« Eurostar a le plaisir de vous accueillir dans la nouvelle gare de St Pancras International, où vous trouverez un bar à champagne et de nombreux autres commerces pour rendre votre voyage toujours plus agréable »).

Malgré toute la bonne volonté du monde, le temps fait son œuvre : Eurostar et moi sommes aujourd’hui ce qu’il convient d’appeler de vieux amants.

Nous nous connaissons mieux que personne, nous chamaillons sans que le cœur y soit puisque nous savons bien, au fond, que nous ne saurions nous passer l’un de l’autre, et surtout, nos petites habitudes sont désormais solidement ancrées.

– On anticipe : 120 jours à l’avance très précisément, me voici sur www.eurostar.com pour tenter de dénicher un éventuel billet à tarif abordable. Encore raté, à moins de m’éclipser discrètement du bureau sur les coups de 15 heures pour attraper le train de 16h01. Mais si je ne veux pas passer de Superconsultante à Superglandue, puis Superchômeuse, je ferais peut-être mieux d’éviter.

– On n’hésite pas à regarder ailleurs, en comparant attentivement les tarifs SNCF et Eurostar pour voir si ça vaut le coup de rester fidèle. Voyons, avec le taux de change du jour, en convertissant le tarif SNCF en livres, etc., etc.

– En cas de petite écartade, on reste bien sûr discret, et on se réserve le droit de changer d’avis et de revenir à son régulier : hop, une petite option gratuite d’une semaine sur le site SNCF… hélas plus possible.

– On s’obstine à emporter toute sa maison avec soi quand on part en vacances, en se disant comme les vieux « on ne sait jamais » : oui, c’est parfaitement normal que je n’arrive à soulever ma valise ni à l’aller (et pour cause, elle est pleine d’objets lourds et parfaitement inutiles à entreposer pour toujours à confier à mes parents, comme mes albums photo de 1997 à 2002 pourtant soigneusement rapportés dans l’autre sens) ni au retour (et pour cause, elle est pleine d’objets lourds et toujours parfaitement inutiles, comme des conserves de macédoine de légumes, des bocaux de cornichons et surtout 3 à 4 kilos de bon pain parisien à congeler dès l’arrivée pour tenir jusqu’au prochain voyage).

– On sait jusqu’où on peut pousser le bouchon avant que l’autre ne s’énerve pour de bon : Eurostar a beau m’ordonner de me présenter au minimum 30 minutes avant le départ, je sais bien qu’il ne fera que hausser les sourcils et bougonner un peu si je me pointe, haletante et en sueur, 11 minutes avant.

– On chouchoute les enfants : il paraît qu’il existe un monde merveilleux – le Salon, pardon, le Frequent Traveller Lounge en bon français – où on sert du chocolat chaud et où on peut chaparder pommes, bouteilles d’eau et Pleine Vie magazine. Jamais eu le droit de rentrer.

– On sourit devant la naïveté des petits jeunes : « A moi la jelly ! La Marmite ! Les pubs ! Les pintes de bière bon marché ! » se disent les débutants touristes. « Je ferais mieux de foncer au bar avant que les Anglais ne le prennent d’assaut », se disent les expats et autres vieux couples voyageurs chevronnés.

– On connaît nos petites faiblesses :

  • Sa radinerie : chez Eurostar, il fait toujours froid. Très froid.
  • Son manque d’attention aux autres : entre les Anglais qui débouchent un médiocre mousseux avant même le train parti (« So exciting to have champagne on the Eurostar ! ») et les banquiers français qui braillent des informations confidentielles dans leur téléphone portable, Eurostar me donne parfois envie d’aller le tromper avec Easyjet ou Air France. NS : paraît-il qu’à partir de septembre 2012, il y aura des wagons silencieux – mais pour les riches uniquement (en leisure select et business). Les pauvres peuvent se brosser continuer à être importunés par le film du voisin.
  • Ses tics de langage, comme la sempiternelle annonce « Le bar restera ouvert pour dix minutes supplémentaires », insupportable anglicisme qui ne manque pas de me hérisser. Non, me retiens-je de vociférer, en français on dit « Le bar restera ouvert ENCORE DIX MINUTES » !
  • Mon audace virant parfois à l’effronterie : « Bonjour, Monsieur le chef de bord, pourrais-je aller en première, s’il vous plaît ? Ah, il en coûtera 80 livres ? Et gratuitement, je peux y aller, y a plein d’Anglais bruyants et saoûls dans mon wagon ? Non ? »

– Et on s’y habitue : à peine installée, on sort le kit mémé la polaire (rapport au froid), les boules Quiès (rapport aux Anglais comme aux annonces de la non-défunte compagnie des Wagons Lits), et on arrête de demander à être surclassée à l’œil.

– On a tendance à tenir l’autre pour acquis : en quadruplant ses tarifs en six ans (de 80 à plus de 300 euros pour un aller-retour modifiable), Eurostar s’est vraiment (re)lâché sur les prix. Il a beau être plus rapide, plus facile à vivre et plus charmant que ses rivaux aériens, je trouve qu’il pousse le bouchon un peu loin.

– Avec l’âge, on devient pointilleux, voire maniaque : la rumeur court qu’Eurostar paierait des agents secrets pour débusquer les petits malins qui grappilleraient les points de fidélité qui ne leur appartiennent pas / tentent d’échanger sur le marché noir un billet non échangeable (malgré son prix ahurissant de 150 euros) / achètent sans rougir un billet en tarif jeune (j’ai ainsi très longtemps eu moins de 26 ans)

– Mais on sait sortir le grand jeu quand il le faut vraiment : même avec toute la mauvaise foi du monde, je me dois d’admettre une chose. Quand il veut, Eurostar fait preuve d’une amabilité et d’une souplesse tout bonnement exceptionnelles. Modifier mon billet non modifiable parce que je me suis trompée de train en réservant ? Aucun problème, ma douce. Annuler mon billet non annulable parce que je suis au fond de mon lit ? C’est pas un souci, et remets-toi vite, ma chérie. Enfin, ça dépend si (le téléconseiller) Eurostar est bien luné ce jour-là (NB : si ce n’est pas le cas, réessayer avec un autre téléconseiller mieux disposé 30 minutes plus tard).

Vous l’aurez compris, on a beau avoir nos défauts… Eurostar et moi, c’est pour la vie (sauf si je trouve mieux ailleurs).

Et vous, avec Eurostar, c’est la haine, l’indifférence, l’affection ou le grand amour ?

PS : billet évidemment non sponsorisé !

Des mérites de la procrastination en entreprise, ou comment briller en ne faisant absolument rien d’utile (1)

Depuis mon retour de vacances-préparatifs-de-mariage, je ne sais pas, j’ai moins la niaque au boulot. Peut-être les innombrables newsletters intitulées « Eva, pour le plus beau jour de votre vie, choisissez la robe XXX / les fleurs YYY / le mari ZZZ » me distraient-elles de mes responsabilités professionnelles. Pour rappel, ma mission de SuperConsultante – puisque je l’ai acceptée – consiste à aider les entreprises à payer leurs employés le moins possible situer les salaires qu’elles offrent par rapport au marché. Mission dont je m’acquitte honorablement jusqu’ici, ayant établi d’excellentes relations avec mes clients. Mon secret, c’est de m’adapter le plus possible à leurs attentes :

– laisser tranquilles ceux qui croient mieux connaître le logiciel SuperConseil que moi ;

– passer un coup de fil de temps en temps à ceux qui ont la flemme de décrocher leur téléphone, mais sont bien contents qu’on leur explique comment utiliser l’outil qu’ils ont décrit comme « indispensable » à leur chef au moment du budget… et qu’ils n’ont pas ouvert depuis ;

– et rendre régulièrement visite à ceux qui s’ennuient tellement dans leur poste que la visite de SuperConsultants leur permet de « briser la routine » (parfois, le monde de l’entreprise me déprime), ainsi qu’à ceux qui, au contraire, sont tellement sous pression qu’ils vous supplient de venir les écouter se plaindre de leur chef, du nouveau comité de direction, du dernier SuperProjet en date, etc.

SuperChef est catégorique : d’après lui, je maîtrise de mieux en mieux la relation client. Je traduis : « tu rapportes assez d’argent à SuperConseil pour que je ne me fasse pas agonir d’insultes par mon chef, HyperChef, au moment de mon évaluation annuelle. »

Le hic, c’est qu’au lieu de me laisser me reposer sur mes lauriers et me consacrer à l’organisation de mon mariage, SuperChef a décidé « d’étendre mon portefeuille clients », comme on dit en langage-business-qui-se-la-tape. Je traduis : « Eva in London, ta mission, si tu l’acceptes, sera d’exercer plus de responsabilités pour le même salaire. »
Pour corser le tout, SuperChef n’a rien trouvé de mieux que de me vendre ce « nouveau défi » sous le titre « business development », à savoir du commercial pur et dur. Je ne voudrais pas critiquer, mais SuperChef me semble avoir du progrès à faire en termes d’adaptation à ses collaborateurs – non mais sérieusement, vous me voyez faire du démarchage téléphonique ?

« Bonjour, Eva in London à l’appareil, SuperConsultante chez SuperConseil. En tant que grouillotte, on m’a demandé de vous vendre des bases de données géniales dont vous vous servirez une fois par an, mais qui vous aideront à faire semblant de maîtriser votre poste. Ca vous intéresse ? ». Le tout en anglais, avec l’accent bien sûr.

Telle Sœur Anne ne voyant rien venir, je ne vois aucun « prospect » (terme business-qui-se-la-tape pour désigner les clients potentiels) succomber au laïus élaboré par le service marketing de SuperConseil. Soupir. Comme il me paraît délicat de faire part à mon chef de mes multiples doutes (en vrac : sur le bien-fondé de nos services, mes capacités de SuperVendeuse, la patience et/ou la crédulité des « prospects »…), je me résigne : je vais devoir me lancer dans le démarchage téléphonique et le « strategic business development ».

C’est alors qu’une idée machiavélique germe dans mon esprit : à défaut de me décarcasser pour SuperConseil, ne pourrais-je pas… faire semblant de me décarcasser pour SuperConseil ?

Pour cela, un remède éprouvé s’impose : la procrastination.

PS : trop de cynisme tue-t-il le cynisme ? Et est-il possible de bien faire son travail tout en conservant un minimum de recul par rapport à ce que l’on fait ?

Happy birthday to you, happy birthday to you, happy birthday to you blog d’Eva in London…

… happy birthday to me ! A mon tour de me plier à la plaisante coutume de célébrer l’anniversaire virtuel de son propre blog. En effet, pourquoi bouder une telle  occasion de se lancer des fleurs (et de manger du gâteau au chocolat) ? Marquons le coup !

J’ai du mal à y croire, et pourtant…

… il y a très exactement un an, je sautai le pas et publiai ma première chronique ! A l’époque, que ne m’interrogeai-je : les chroniques seraient-elles déjantées ? effrontées ? irrévérencieuses ? Toutes les propositions de mon ange gardien synonymes.com y passèrent, et je tranchai finalement en faveur de l’impertinence.

Parlons peu, parlons bien. Voici venue l’heure des comptes :
– 71 billets publiés
– 1  500 visites venues de Google, dont 200 internautes qui cherchaient « Laurel et Hardy », une vingtaine « des raisons de ne pas aller travailler » (petits malins) et enfin ceux qui semblent chercher sur le Net des réponses à leurs mots-clés existentiels, tels que « comment se faire épouser », « théorie de l’amitié » ou le mythique « je déteste Londres il pleut tout le temps » (sic).
– 68 fidèles abonnés, merci merci !
– 51 651 pages vues cumulées (ça ne veut rien dire, mais beaucoup de quelque chose qui ne veut rien dire ça fait plaisir quand même), merci merci merci !

Mais après tout, il n’y a pas que les chiffres qui comptent. Voici donc un petit « best of » très très personnel :
le moins politiquement correct
le plus paresseux (et, sans surprise, le plus consulté)
le plus paresseux, bis (la paresse, un sujet de prédilection ?)
le plus joliment illustré (merci Camille !)
le plus people
le plus utile si vous souhaitez négocier une réduction de salaire et le dénouement
– le plus anthropologique (parce qu’il faut bien en parler, des Anglais, après tout on est là pour ça) : au choix, sur le thé, la nature, le fait que les piétons n’ont jamais le droit de traverser, la NHS, bref, tout ce qui fait le charme des autochtones.

Tiens, à propos, j’en profite pour solliciter votre avis sur une question qui me tracasse depuis longtemps. Préférez-vous les récits (au passé, l’histoire d’une Française qui arrive à Londres et, bon gré, mal gré, s’y installe) ou les billets d’humeur (au présent, sur tout et n’importe quoi) ? Ou ne voyez-vous pas la différence dans ce joyeux flou artistique ? Le vote ci-dessous !

Quoi qu’il en soit, et avant de reprendre le cours de l’histoire, du fond du cœur un immense merci pour vos visites (« quoi, toujours pas de mise à jour ? »), vos commentaires, vos petits mots, votre patience (hum)… quelle joie de savoir que j’apporte de temps à autre un petit sourire dans votre journée !

Les Anglais et la nature

Après l’impertinente chronique d’un trajet en bus, j’ai récemment rédigé une nouvelle chronique pour le magazine Ici Londres. J’ai même réussi à tenir dans les clous : 1 800 signes, et pas un de plus. Pour ce petit billet d’humeur, j’ai choisi de parler du rapport de nos chers Anglais à la campagne, les chiens, les barbecues… bref, l’art de vivre à la britannique.

 

Les Anglais et la nature, c’est une histoire d’amour qui remonte à loin, très loin : au XVIIIème siècle, déjà (et sûrement bien avant), les lords n’avaient qu’une idée en tête, passer la majeure partie de l’année dans leur manoir et loin de la pollution londonienne.

Aujourd’hui, les choses ne sont pas très différentes, sauf que – malheureusement ? – les rentiers ne sont plus légion. Contraint de travailler, l’Anglais moyen est généralement prêt à « commuter » deux, trois, voire quatre heures par jour (entendre : rester debout à humer les aisselles plus ou moins malodorantes de ses voisins aspirants ruraux dans un bus, puis un Tube, et enfin un train)… tout cela pour respirer l’air frais de la campagne.

Mais, tel un amoureux en quête de prétextes pour passer du temps avec sa dulcinée, l’Anglais a toujours une idée d’activité alfresco – expression marketing galvaudée s’il en est, mais qui fait rêver les Anglais. Et heureusement, le temps s’y prête toujours. Si, si. Démonstration :

« Oh, il ne pleut pas ! Et si on emportait du vin et des chips pour un pique-nique alfresco (cf. ci-dessus) ? »

« Oh, il ne pleut presque plus ! Et si on enfilait nos impers et nos bottes pour une bonne marche vivifiante (avec le chien qui va avec bien sûr, amour de la nature oblige) ?

« Oh, il fait bon ce soir (il fait dix degrés à tout casser), heureusement qu’il reste une table dehors !

« Oh, il fait beau aujourd’hui (peut-être, mais il fait toujours dix degrés) ! Et si on faisait un barbecue géant (l’autre mot préféré des Anglais avec alfresco) ? »

« Oh, il fait beau aujourd’hui (et il fait vingt-cinq degrés) ! Et si on allait à la plage ? »

Ben oui, s’il fait beau ET chaud, sauf erreur, c’est que l’Anglais est… aux Canaries.

et encore un très très chouette dessin de Lili Bé !

Pause déjeuner à l’anglaise (3) : le plat cuisiné

La mort dans l’âme, et trois kilos en plus sur les hanches, je me résous donc à prendre le chemin de Marks & Spencer. Comme je suis toujours aussi désemparée devant une poêle et une casserole, il me faut en effet trouver un nouveau cuisinier. Alors que je pénètre dans le supermarché intitulé « Simply Food » en me remémorant avec nostalgie les lasagnes supra-caloriques de Vittorio, je trouve immédiatement de quoi regonfler le moral des troupes : les rayons débordent de dizaines, que dis-je, de centaines de plats cuisinés différents. Visiblement, je ne suis pas la seule à ne pas savoir / vouloir / daigner cuisiner dans ce pays. Camarades handicapés de la spatule, unissons-nous ! Faisons carillonner les caisses des supermarchés !

Toute à mon euphorie consommatrice, je m’égare dans les rayons « world food » : du curry de canard ( ?) aux cannellonis chères à mon ex-cuisinier, tout est là. Hélas, impossible de trouver un plat à moins de 600 calories.

Petit rappel : un plat à plus de 400 calories, quand on veut perdre du poids, c’est moyen. Plus de 500, c’est mal. Plus de 600, c’est de l’auto-sabotage. Tout comme en dessous de 300, s’affamer au déjeuner me paraissant être la meilleure façon d’échouer une heure après, hagard et honteux, devant le distributeur de barres chocolatées.

Résignée, je me dirige donc vers les plats « Count on us » : comptez sur nous. Etrange appellation s’il en est. Que se proposent donc de faire les marketeurs de l’illustre chaine de supermarchés ? Comment souhaitent-ils que  nous, consommateurs à la recherche de plats cuisinés allégés –  en beurre, crème et toute autre graisse, mais délicieux quand même – comptions sur eux ? Enigmatique.

Pas désarçonnée pour un sou, j’étudie longuement – très longuement – la gamme de plats-sur-lesquels-on-peut-compter-même-si-on-ne-sait-pas-très-bien-pourquoi. L’appel de l’estomac se faisant de plus en plus durement ressentir, je porte mon choix sur un chili con carne.

 

L’affaire se présente bien. Mon déjeuner :

– se situe pile-poil dans la sacro-sainte fourchette de calories (entre 300 et 400, pour ceux qui suivent les règles érigées par l’éminente nutritionniste Eva in London)

– est servi avec du riz long grain (très chic, tout ça)

– est pauvre en graisses saturées (le nouveau dada des nutritionnistes)

– cerise sur le gâteau, il m’apporte même une des cinq portions de fruits et légumes recommandées par le PNNS anglais. Intrigant : cette portion vient-elle du riz ? de la viande ? du sachet plastique ? Ne posons pas de questions.

Je suis également rassurée de ne trouver ni E304, ni gomme de xanthane ni autre horreur industrielle dans mon plat – on n’est pas chez Marks & Spencer pour rien (meme si j’y ai déjà trouvé de la limonade contenant des ingredients aussi banals que de la graisse ou du sel). En revanche, je reste interloquée par le premier ingrédient, donc celui qui pèse le plus lourd dans mon plat : de l’eau.

J’hésite à reposer ce déjeuner sur lequel je comptais tant, et à retourner aussi sec chez Vittorio – qui, lui, coupe sûrement ses plats à l’huile plutôt qu’à l’eau . Puis je me rappelle le verdict impitoyable de ma balance.

Va pour le chili con carne. Mais je vais peut-être devoir me mettre à faire la cuisine, après tout. 

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