Rien ne sert de courir, il faut partir à point (2)

Comme dirait l’autre (le monsieur très sérieux et très fluo du club de course à pied), nous n’avons pas les mêmes valeurs. 

Cette impression se confirme nettement lorsque, après un grave hochement de tête, la trentaine de Gentils Membres s’élance d’un même corps – et très, très vite –  en direction de Hyde Park.

Je me retiens de m’écrier piteusement « Eh, attendez-moi ! » et me rapproche tant bien que mal de deux coureuses qui ont l’air d’avoir à peu près mon âge :

– Salut, je m’appelle Eva in London.
– Salut Eva, moi c’est Amy, me répond Coureuse de Gauche.
– Et moi c’est Sarah, ajoute Coureuse de Droite.

Une vague tentative de lancer la conversation – après tout, ne perdons pas de vue que je suis là pour me faire des amis – s’avère vite irréaliste. J’avais oublié que :

1. Faire la conversation en anglais, c’est déjà pas évident
2. Faire la conversation en courant, non plus – surtout quand on est au bord de l’apoplexie au bout de trois minutes
3. Mais alors faire la conversation en courant ET en anglais, c’est carrément mission impossible.

De toute manière, au bout d’une vingtaine de minutes, Coureuse de Droite nous a distancées depuis belle lurette pour rejoindre ses amis, les vrais coureurs. Quant à moi, je me résous à mettre ma dignité de côté. Entre deux ahanements, je pose à Coureuse de Gauche la seule question qui vaille :

– C’est… bientôt… fini ?

Dis oui, dis oui, parce que quelle que soit la réponse, là, je m’arrête.

Coureuse de Gauche, surprise :

– Ah non, on en est à la moitié, pourquoi ?

Ben, parce que je vais mourir, espèce de truie britannique, me retiens-je de répondre.

Au lieu de ça, ayant déjà intégré que la politesse était une vertu cardinale ici, je me contente d’un simple :

– Je suis… un peu… fatiguée.

Coureuse de Gauche doit se sentir l’âme d’une coach ou d’une bonne Samaritaine, car elle ne se laisse pas démonter :

– Allez, courage ! L’essentiel, c’est de ne pas s’arrêter, même si tu ralentis. On y va ensemble. Let’s do this ! 

Fut dit, fut fait. Coureuse de Gauche, pardon, Amy, m’a ainsi traînée à grands coups de positive thinking jusqu’à notre retour à la salle de gym. Une petite douche, et hop, mes merveilleux futurs amis anglais se sont dirigés vers le pub. Moi, clopin-clopant, je suis tout juste parvenue à rentrer m’effondrer sur mon bon vieux canapé.

Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour se faire des amis.

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13 réflexions sur “Rien ne sert de courir, il faut partir à point (2)

  1. Hello,
    bon je sais que le post date un peu… Je me lance dans les commentaires (jai lu ton blog en entier, j’ai commencé en septembre et jai realisé il y a quelques jours en écoutant ton interview à la radio (et oui ils gardent les archives sur rtl) que les chroniques etaient au passé… Et ma réaction fut: Quoi Eva est mariée? elel est a Londres depsuis 4 ans?? Mais on m’aurait mentie?? C’est de la fiction ses chroniques? quelle imagination ou est-ce uen mytho??

    POur en revenir à l’essentiel: moi je préfère Regents Park aussi, mon doudou vit à Londres depuis 2 ans et je vais le rejoindre next year .
    Bises
    Nadia

    • Le blog en entier, pfiou ! J’espère que la lecture t’a été agréable. Pas de mythomanie, non non, mais comme tu peux le voir sur l’onglet « Ce blog est un flash-back », je rédige ce blog en différé : le recul aide à l’auto-dérision ! Et je ne m’en cache pas… d’ailleurs, les récits de la préparation du mariage arrivent !

  2. Pingback: La campagne, y a que ça de vrai | Impertinentes chroniques d'une Française à Londres

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