« Eva in London : a voté » (mais au bout de 8 heures, 57 minutes et pas mal d’aventures) – 2/3

Acte II : 22 avril 2012, Londres

Je n’en reviens pas. Madame B., la gentille fonctionnaire qui avait délibérément forcé les systèmes informatiques de l’Etat à accepter la photo d’extraterrestre qu’on avait prise de MiniPrincesse à 3 jours (« Mais bien sûr que si, c’est une photo de professionnel ») pour qu’on puisse la ramener en Angleterre avec un passeport légal, Madame B. m’a appelée il y a trois jours pour me faire savoir que ma procuration avait été refusée.

Stupéfaction. Vous le saviez, vous, que l’Etat pouvait refuser une procuration ?

Apparemment, je suis déjà inscrite sur les listes électorales de Londres. Ah bon, je ne suis pas inscrite en France ? Si, si. Aussi. Passons sur le fait que je n’ai jamais demandé à apparaître sur les listes électorales en Grande-Bretagne. C’est louche, cette affaire. Quoi qu’il en soit, Madame B. est formelle : je suis inscrite en Grande-Bretagne ET en France, mais je n’ai le droit de voter qu’à Londres. Heureusement que j’ai passé deux heures à faire la queue pour établir une procuration, hein  – ah non, c’est vrai, vous étiez là pour le premier acte. OK, vingt minutes montre en main.

Mais à Londres, c’est bien fait : il paraît même qu’il y a DEUX FOIS PLUS de bureaux de vote qu’en 2007. Ouf.

13h07

Je quitte la maison sur la pointe des pieds, vigilante de ne réveiller ni MiniPrincesse ni Prince. M’attendent cinquante minutes de transports en communs avec 3 lignes de métro différentes, mais voyons le verre à moitié plein : je ne suis pas fâchée de pouvoir finir tranquillement le roman que j’essaie péniblement de terminer à raison de cinq minutes par jour entre 22h25 et 22h30.

14h00

Guillerette à l’idée d’effectuer mon devoir de citoyenne, je me pointe au Lycée Français de Londres. Pourquoi avoir choisi cette heure ? Parce que, ma bonne dame, on est dimanche, et élections ou pas, « les Français » doivent être en train de finir leur Paris-Brest ou leur café, à l’heure qu’il est.

Las. « Les Français » sont en train de faire la queue – en tout cas, tous ceux qui, comme moi, se croyaient plus malins que les autres en venant à l’heure du déjeuner (mais n’est-ce pas là la marque du vrai Français que de se croire plus malin que les autres ?). Sur des centaines et des centaines de mètres.

En Française adoucie et disciplinée par la fréquentation des Anglais, je prends place tout au bout de la queue en me félicitant de mon double civisme : ne pas doubler en douce + ne pas faire demi-tour devant la queue parce que voter c’est important = qu’est-ce que l’Etat français a de la chance de me compter parmi ses ressortissants, quand même.

14h07

Quelques mètres derrière moi : « c’est bien la queue de A-à-I, ici ? »

Bingo, mon nom de famille commence par un M (mon nom de jeune fille, hein, comme on l’a vu, il ne faut pas confondre). Je tourne les talons et longe une file environ cinq fois plus longue que celle dans laquelle je me tenais – estimation qui s’avérera juste, puisque les chanceux A-à-I devront patienter 40 minutes pour voter, contre 2h20 pour les I-à-Z.

Je scrute attentivement les visages des malheureux gens de bonne volonté qui piétinent dans la queue. Sur 400 000 Français de Londres, je dois bien en connaître un qui me permettra de gruger la queue discuter pour passer le temps ?

Gagné : tout au bout de la file ou presque (tant pis pour la triche), voici deux camarades blogueuses-françaises-de-Londres (eh oui, c’est un petit monde).

14h21

Bao, Delphine et moi devisons gaiement, je leur fais part de mes angoisses de jeune mère expatriée (« Et si je me trouve à court de petits pots endives-artichauts, je fais quoi ? Comment transmettre le français à MiniPrincesse ? Où trouver un pédiatre ? »), bref, c’est trop sympa.

14h58

Le vent se lève.

15h10

Il commence à faire frisquet, sur les trottoirs de South Kensington.

15h18

La cour du Lycée Français est en vue. Avec au moins 300 quidams à l’intérieur.

(merci Delphine pour la photo qui respecte l’anonymat et tout et tout)

15h21

Je réalise avec stupeur que DEUX FOIS PLUS de bureaux de vote = DEUX bureaux de vote. Pour 400 000 Français.

15h35

C’est pire qu’Eurodisney, ici. Et pas moyen de dégainer son FastPass, le coupe-file version rêve américain. Liberté, égalité et fraternité oblige, le seul moyen de tricher éviter la queue, c’est de brandir un bébé de moins de 16 mois. Pas 1 an, pas 18 mois, pas 2 ans : 16 mois. C’est comme le coup du A-à-I, ne me demandez pas comment le Consulat Français parvient à ce genre de décision. Et dire que je me suis débarrassée de MiniPrincesse le seul jour où ça servait à quelque chose d’avoir un môme.

15h59

Sous la pluie, c’est moins drôle.

16h01

J’offre un bout de mon mini-parapluie à une sympathique inconnue derrière moi. C’est beau, la solidarité citoyenne.

16h10

Je suis prise d’un sursaut d’optimisme. « On n’a jamais été aussi près » ! m’exclamé-je à qui veut bien l’entendre.

16h12

Enfin, le Graal : la cantine du Lycée Français. Ca sent le chien mouillé, mais c’est pas grave : je vais VOTER. Bientôt.

16h15

A mon grand soulagement autant qu’à ma grande surprise, j’apparais bien sur la liste électorale : « Eva in London ». C’est moi. Je grommelle – on ne se refait pas – que je n’ai jamais demandé à y figurer, mais mon interlocuteur hausse les épaules en répliquant que cela a dû être fait à l’insu de mon plein gré lors d’une formalité quelconque. Au hasard, lorsque j’ai fait refaire mon passeport pour prendre le nom extrêmement compliqué et imprononçable de mon hongrois de mari.

16h22

Aucun des trois contrôles ne révèle que je suis en train de commettre une fraude d’identité.

16h23

« Eva in London : a voté ».

(durée de l’acte II : 4 heures et 8 minutes, transports compris)

Au prochain et dernier acte : où Eva in London obtient d’être conduite au bureau de vote par le chauffeur du Consul (pour de vrai).

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Génération X contre génération Y : le match des générations*, ou comment nous sommes devenus accros à Internet

(*et non des sexes)

Ce qu’il y a de bien, quand on travaille pour un cabinet de conseil « en management » (dénomination qui m’a toujours semblée énigmatique), c’est que même en n’étant pas cool du tout, comme moi, on arrive quand même à choper deux ou trois termes tendance au passage. Bon, ces tendances-là sont généralement le fruit de la méditation embrumée de consultants très très seniors à qui on a indiqué qu’ils feraient mieux de justifier leurs salaires en concevant quelques idées novatrices de ci de là plutôt qu’en annotant les tableaux Excel des petits grouillots comme moi ; autant dire que niveau coolitude, ça se pose là. Mais faisant feu de tout bois, je ne manque jamais d’exposer les dits concepts novateurs dans les dîners mondains lorsque je retrouve mes amis parisiens une fois par mois.

Ce mois-là, le terme que ressassaient les SuperConsultants, rendez-vous client après rendez-vous client, c’était « Génération Y ». Et si – corrigez-moi si je me trompe – la notion a depuis déboulé en France, à l’époque, nos SuperConsultants n’étaient pas peu fiers de discourir sur la meilleure manière de « manager » les « Générations Y », justifiant ainsi leur positionnement de spécialistes du « management » :

– comment leur donner envie de venir travailler pour votre multinationale à open spaces de 1 500 personnes par plateau

– comment les motiver une fois qu’ils ont découvert « leur » plateau (la signature email de l’un de nos clients contenant ainsi son « adresse » open-spacesque : E2.15.03, encore mieux que le matricule pour donner l’impression d’être irremplaçable aux yeux de son employeur)

– et enfin, comment réussir à les faire bosser autant que leurs aînés, mais sans la sécurité de l’emploi ni la garantie d’une retraite digne de ce nom.

Autant dire que le sujet captait toute l’attention de nos SuperClients.

Mais au fait, Génération Y, késaco ?

Je laisse les explications sérieuses à des publications plus crédibles que la mienne, mais mon interprétation de la chose tient en une phrase : jamais sans ma connexion. Smartphone, iPad, GPS, netbook, ordinateur portable et j’en passe, le représentant de la génération Y est sans cesse connecté. A quoi, à qui, je ne sais pas très bien, mais une chose est sûre, il est online.

A part pour faire mon intéressante, les cocos de la génération Y me laisseraient sans doute assez indifférente… si seulement je n’étais pas fiancée à l’un d’eux.

Si la date de naissance de la génération Y fait débat auprès des experts, je pourrais les renseigner, moi : il s’agit de LA journée qui sépare la naissance de Prince de la mienne. Nous avons beau être nés à deux jours d’écart, un fossé générationnel nous sépare ; tandis que Prince a les yeux audacieusement tournés vers le XXIème siècle, je me languis du XXème dont je n’ai toujours pas fait le deuil en digne « Génération X » (les ringards, quoi). Et les conséquences sur notre vie de couple abondent.

Disons les choses comme elles sont : Prince vit sur Internet. En arrivant au bureau le matin, il retrouve avec joie ses huit écrans, apparemment tous indispensables, et rebranche sa perfusion aux news Bloomberg 24 heures sur 24, au cas où les huit écrans n’y suffiraient pas. Lorsqu’il quitte le travail, son smartphone est là pour lui fournir les nombreuses informations susceptibles de lui avoir échappé pendant la journée, on ne sait jamais, des fois qu’il aurait travaillé. En rentrant au foyer, ô soulagement, il peut enfin consulter ses mails personnels, interdits d’accès à la banque dans un semblant de tentative de limiter les fraudes. 48 secondes après avoir démarré l’ordinateur, Prince nage dans la félicité virtuelle, face à cinq onglets différents, dont un site d’informations en hongrois (décidément, on n’est jamais trop informé, surtout lorsqu’on se limite aux gros titres), de la musique, un blog spécialisé dans les gadgets divers et variés, un blog pour le faire rire et un cours de finance en ligne (oui oui, ça existe).

Et moi, pendant ce temps ? Je râle.

Je râle parce que mes CD prennent la poussière, « mais à quoi bon lancer un CD puisque tout est sur spotify ? ».
Je râle parce qu’il a beau être 23h30, Prince traque encore l’info cruciale qu’il a dû rater sous la douche entre 23h15 et 23h25.
Je râle parce que j’ai l’impression que je suis sur le point de m’engager à épouser, non seulement Prince, mais l’attirail électronique qui l’escorte.
Je râle parce que skype, c’est bien, mais au lieu de jurer en hongrois (ce qui est quand même toujours poilant) parce que ça coupe pour la quatrième fois en dix minutes, Prince n’a qu’à décrocher notre bon vieux combiné.
Je râle parce que si on a décidé de ne pas acheter de télé, ce n’est pas pour se retrouver devant BBC iPlayer un soir sur deux – même si je dois avouer que leurs documentaires sont tout bonnement excellents.
Je râle parce que mes ouvrages d’histoire, fiches de cuisine, manuels de photo et autres beaux livres croupissent sur nos étagères, pendant que Prince surfe sur Wikipédia pour répondre à toutes les questions que je peux lui poser. « Ben oui, sur Internet, y a TOUT ». Imbattable, comme raisonnement.

Face à tant d’aplomb, je m’énerve, je hausse le ton, je menace de couper Internet pour la soirée. Rien n’y fait. Et pour cause : la vraie accro à Internet, c’est moi. La radio en ligne, les blogs de cuisine, les mails persos, les photos de vacances de parfaits inconnus sur Facebook, impossible de m’en passer. Et quand Prince rentre et se précipite sur l’ordinateur, me voilà désemparée : comment m’occuper ? Lire un vrai livre ? Un vrai journal ? Que j’aimerais en être capable… mais Internet semble déjà avoir fait trop de dégâts sur mes méninges. Lire pour de vrai, fournir un effort, alors que je peux flemmarder avec bonne conscience sur le site du Figaro en ne regardant que les images ? Et dire que je reproche à Prince de ne lire que les gros titres… cela constituerait presque un progrès pour moi.

Enfin, en attendant que Prince prenne la mesure de ma duplicité, je continue de râler. C’est encore ce que je fais de mieux.

Et vous, sur une échelle de 1 à 10, à quel point êtes-vous accro à Internet ?

Happy birthday to you, happy birthday to you, happy birthday to you blog d’Eva in London…

… happy birthday to me ! A mon tour de me plier à la plaisante coutume de célébrer l’anniversaire virtuel de son propre blog. En effet, pourquoi bouder une telle  occasion de se lancer des fleurs (et de manger du gâteau au chocolat) ? Marquons le coup !

J’ai du mal à y croire, et pourtant…

… il y a très exactement un an, je sautai le pas et publiai ma première chronique ! A l’époque, que ne m’interrogeai-je : les chroniques seraient-elles déjantées ? effrontées ? irrévérencieuses ? Toutes les propositions de mon ange gardien synonymes.com y passèrent, et je tranchai finalement en faveur de l’impertinence.

Parlons peu, parlons bien. Voici venue l’heure des comptes :
– 71 billets publiés
– 1  500 visites venues de Google, dont 200 internautes qui cherchaient « Laurel et Hardy », une vingtaine « des raisons de ne pas aller travailler » (petits malins) et enfin ceux qui semblent chercher sur le Net des réponses à leurs mots-clés existentiels, tels que « comment se faire épouser », « théorie de l’amitié » ou le mythique « je déteste Londres il pleut tout le temps » (sic).
– 68 fidèles abonnés, merci merci !
– 51 651 pages vues cumulées (ça ne veut rien dire, mais beaucoup de quelque chose qui ne veut rien dire ça fait plaisir quand même), merci merci merci !

Mais après tout, il n’y a pas que les chiffres qui comptent. Voici donc un petit « best of » très très personnel :
le moins politiquement correct
le plus paresseux (et, sans surprise, le plus consulté)
le plus paresseux, bis (la paresse, un sujet de prédilection ?)
le plus joliment illustré (merci Camille !)
le plus people
le plus utile si vous souhaitez négocier une réduction de salaire et le dénouement
– le plus anthropologique (parce qu’il faut bien en parler, des Anglais, après tout on est là pour ça) : au choix, sur le thé, la nature, le fait que les piétons n’ont jamais le droit de traverser, la NHS, bref, tout ce qui fait le charme des autochtones.

Tiens, à propos, j’en profite pour solliciter votre avis sur une question qui me tracasse depuis longtemps. Préférez-vous les récits (au passé, l’histoire d’une Française qui arrive à Londres et, bon gré, mal gré, s’y installe) ou les billets d’humeur (au présent, sur tout et n’importe quoi) ? Ou ne voyez-vous pas la différence dans ce joyeux flou artistique ? Le vote ci-dessous !

Quoi qu’il en soit, et avant de reprendre le cours de l’histoire, du fond du cœur un immense merci pour vos visites (« quoi, toujours pas de mise à jour ? »), vos commentaires, vos petits mots, votre patience (hum)… quelle joie de savoir que j’apporte de temps à autre un petit sourire dans votre journée !

Il faut appeler un chat un chat

S’il y a une chose que j’aime encore plus que raconter ma vie, c’est me plaindre. Du thé anglais, de mon salaire, d’Eurostar… et ce qui est bien, c’est que ce blog me permet de faire les deux. Pourtant, ces derniers temps, il me faut reconnaître que je n’ai fait ni l’un ni l’autre –  ni écrire, ni me plaindre. Bonne élève dans l’âme, j’ai longuement tergiversé : fallait-il vous exposer ici mes raisons ? Finalement, j’ai décidé de vous épargner le traditionnel couplet de tout blogueur qui néglige son blog. Mais si, vous savez, un truc comme ça :

« Mes très chers lecteurs sans qui je ne serais rien (enfin rien que mon moi réel, bien moins drôle que mon moi virtuel, comme aime à me le rappeler Prince),

Je n’ai pas pu publier de billet cette semaine (ou, dans mon cas, je suis passée de trois billets par semaine à un tous les dix jours, et encore. C’est beau, la passion des débuts). Je vous prie de bien vouloir accepter mes plus plates excuses. Mais j’espère que vous saurez faire preuve de compréhension à mon égard : je suis vraiment méga super busy en ce moment. Entre la machine à laver en panne, le chat qui a encore mordu le voisin (oui, le chat), et mon chef qui est tombé sur mon historique Internet, j’ai été complètement surbooké. Je vais tâcher de remédier au plus vite à ce relâchement temporaire (comprendre : non, ne désertez pas mon blog ! J’ai besoin de vous ! Mes statistiques en chute libre m’inquiètent ! Promis, je vais me remuer !).

A très bientôt ! »

Non, décidément, ce genre de supplication à peine masquée n’était pas pour moi. Je me contenterai donc de mentionner en vrac des révisions (mai), des exams (juin), de petits soucis de santé (juillet – août, j’ai bien visé) et une énième reconversion professionnelle (septembre). Ah ah, ça en jette plus qu’une machine à laver et un chat cannibale, tout ça, hein ?

Quoi qu’il en soit, je me suis fait violence et me suis rassise devant mon écran d’ordinateur pour écrire la suite de mes aventures.

Angoisse de la page blanche. Peur de ne pas être aussi drôle que la dernière fois. Voire de ne pas être drôle du tout. Lorsque je commence un billet, mes appréhensions sont multiples. Mais sur ce coup-là, j’ai frappé fort.

Je me rends compte que j’ai perdu le fil de mon propre blog.

Lorsqu’un auteur réalise avec effroi qu’il ne sait pas où il en est de son propre ouvrage, il est fort probable que les lecteurs ne suivent pas plus que lui. Consternation. Heureusement, la consultante en moi a vite repris le dessus et appliqué à ce problème la panacée du tableau Excel. Rien de tel pour remettre un peu d’ordre dans ses idées. En résumé :

– les chroniques d’une Française à Londres se déroulent en différé. Elles commencent à mon arrivée il y a quatre ans, et couvrent jusqu’ici mes six premiers mois (On n’est pas rendus. Va falloir accélérer un peu le rythme si je veux rattraper le présent)

– les chroniques sont parfois – souvent – entrecoupées de billets d’humeur, de conseils, d’élucubrations diverses et variées plus ou moins amusantes

– et tout récemment, pour être sûre que tout le monde s’emmêle bien les pédales, je vous ai livré un flashback dans le flashback avec le récit de ma rencontre avec le beau Prince. Feuilleton qui se terminait par un billet résumant tout ce qui s’était passé entre cette rencontre et notre déménagement à Londres.

Ce petit flashback terminé, je vous propose donc de reprendre les chroniques là où elles s’étaient arrêtées :

– nous sommes il y a trois ans et demi
– mon travail chez SuperConseil se passe bien (je sors à 17h30 et ils me paient quand même)
– je n’ai toujours pas d’amis (nos voisines lesbiennes n’ont pas cherché à nous revoir et évitent soigneusement notre regard dans l’escalier)
– je ne fais toujours pas la cuisine
– je m’ennuie de plus en plus, et j’ai pris trois kilos. Sans doute sous l’effet conjugué du désoeuvrement, de la solitude et des plats cuisinés
– mon obsession du mariage augmente au même rythme que mon ennui

Vous l’aurez compris, la situation devient explosive. Il est grand temps qu’elle arrive, cette demande en mariage…

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Impertinente chronique d’un trajet en bus à Londres

Il y a quelques semaines, j’ai été contactée par le magazine Ici Londres pour inaugurer leur nouvelle rubrique « Frenchies in London » illustrée par la talenteuse Lili Bé. Il s’agissait de rédiger une petite chronique sur le sujet de mon choix. Les sandwiches triangles, la circulation, la recherche d’appartement ? Ce n’était pas l’inspiration qui manquait. En revanche, la place, si. Si vous lisez mes chroniques depuis quelque temps, vous savez que je fais rarement dans la concision. Après avoir envoyé ma première proposition d’article à Ici Londres se sont donc ensuivies de longues et âpres négociations avec la charmante Amandine.

Amandine : Eva in London, il est bien votre texte, mais il est deux fois trop long. On avait dit 1 500 signes maximum, titre compris, et il en fait 3 000 !
Eva in London : Allez, soyez sympa, 1 500 signes, c’est très court. C’est beaucoup plus facile d’être drôle en 3 000 signes.
Amandine: Peut-être, mais y a pas la place. Il va falloir d’être drôle en 1 500 signes.
Eva in London : Même en poussant un peu la pub, en ne mettant aucun espace et aucun retour à la ligne, bref, en rendant le texte complètement illisible ?
Amandine : Désolée, mais c’est toujours non. Il faut couper.
Eva in London : Qu’est-ce qu’on peut faire alors ?
Amandine : ben… couper.

Finalement, et bien des casse-têtes et beaucoup de bonne volonté plus tard, mon texte ne fut que peu coupé. En voici néanmoins et en exclusivité la version d’origine non abrégée. Bonne lecture !

 

A chaque fois, c’est pareil.

Qu’il s’agisse d’une amie d’enfance (qui n’a pas remis les pieds à Londres depuis un voyage linguistique aussi inutile qu’hors de prix), de votre grand-mère ou d’un vague cousin de passage, ils veulent TOUS prendre le bus lorsqu’ils viennent vous rendre visite à Londres. A croire que c’est une expérience particulièrement exotique.

Et c’est vrai.

Tout commence par l’achat du billet. En Londonien averti, vous avez soigneusement équipé votre amie / grand-mère / cousin d’une Oyster card (« Surtout pas de billet, c’est deux fois plus cher, malheureux ! »). Malheureusement, votre compagnon de route l’a déjà égarée. Pas grave, il reste toujours la solution de dépannage : une petite machine qui semble avoir été rescapée des années 1930, et ne fait évidemment pas l’appoint.

Votre billet en main, vous pensez avoir fait le plus difficile. Erreur : au bout de dix minutes d’attente, vous réalisez que si votre bus n’est toujours pas passé, c’est parce qu’il ne passera jamais. Du moins là où vous êtes, c’est-à-dire à l’arrêt B.

Quelques minutes de marche plus tard (« Excusez-moi, savez-vous où est l’arrêt W, s’il vous plaît ? », demandez vous piteusement aux passants, tandis que votre amie / grand-mère / cousin réalise que vous ne connaissez pas mieux Londres qu’eux), le bus arrive enfin. Pas de chance : il affiche un « Sorry, not in service » de mauvais augure.

Heureusement, le bus suivant est disposé à prendre des passagers. Résistant vaillamment aux à-coups qui menacent de vous jeter à terre à chaque instant – rapport à la conduite pour le moins brutale du chauffeur – vous vous lancez dans l’ascension des escaliers pour profiter de la vue du deuxième étage. « Quel plaisir de pouvoir découvrir Londres de manière aussi pittoresque ! », s’exclame votre acolyte, ravi. De votre côté, vous savourez enfin le sentiment du devoir accompli.

C’est alors que résonne une voix nasillarde : « La destination de ce bus a changé. Tous les voyageurs sont invités à descendre au prochain arrêt. »

La prochaine fois, pittoresque ou pas, vous prenez le métro.

Et bravo Lili Bé !

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Eva in London sans jamais oser le demander

Il y a déjà deux semaines que j’ai été taguée par Melo. Le problème, c’est que j’ai mis (presque) deux semaines à comprendre ce que cela signifiait. Ce n’importe quoi Friday – ou n’importe nawak du vendredi pour reprendre son’expression – je vous propose de me livrer à mon tour en sept confidences :

  1. Je souffre d’une grave et irréversible addiction au chocolat. En 2010, c’est juré, je limite ma consommation à 60 grammes par jour.
  2. Je dois avouer que, malgré tous mes efforts pour être une vraie amatrice de chocolat, non seulement je préfère le lait au noir, mais en plus, entre une tablette de Lindt et un Yorkie (barre chocolatée anglaise monstrueuse de 62 grammes et dont le slogan est « It’s not for girls »), mon choix se porte toujours et sans hésiter sur la junk food. Honte à moi !
  3. Il suffit de comparer mes deux pieds pour avoir une preuve saisissante de l’hérédité : mon pied gauche (gros orteil plus long que le deuxième) me vient en effet de mon papa, et mon pied droit (deuxième orteil plus long que le gros orteil) de ma maman. Ou l’inverse, je ne sais plus très bien.
  4. Je suis tellement maladroite que Prince m’a officiellement interdit d’emprunter quoi que ce soit à mes amis, sous peine de me brouiller avec eux pour de bon.
  5. Mon réveil est toujours réglé à des heures tordues, comme 7h29 ou 8h48.
  6. Mes amis m’ont surnommée « Docteur Love », rapport à mon goût de donner des conseils matrimoniaux. Mon autre rêve secret (le premier étant d’écrire pour Elle ou Cosmopolitan) est en effet de devenir conseillère matrimoniale.
  7. En plus d’être chocolatomane, je suis d’une hyperactivité pathologique, sur le mode « oh, j’ai 58 secondes de libre, comment pourrais-je bien les remplir ? ». Au programme de 2010 : un boulot, une licence de psychologie à distance (Eva in London, toujours une reconversion d’avance), un stage à Paris une fois par mois, un appartement à rénover (encore à Paris, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué), un blog… ah oui, et un Prince, de supers amis et une famille en or. Heureusement qu’ils sont là…

Et voilà le travail ! A mon tour de taguer Coralie, Fabienne, Léontine et Lili Bé.

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Appel à toutes les bonnes volontés (virtuelles et réelles)

Ces dernières semaines, au fur et à mesure que je découvrais le monde merveilleux de la blogosphère, vous avez peut-être remarqué sur ce blog l’apparition d’un  certain nombre de changements, boutons et autres macarons . Pour ce n’importe quoi Friday, je souhaite solliciter votre avis sur ces innovations «  high tech » plus ou moins compréhensibles :

– Le bouton « Share this »

Bookmark and Share

Placé en bas de chaque article et dans la colonne de droite, si vous savez vous en servir (ce qui n’est pas tout à fait mon cas), il vous permet de faire partager un article qui vous a plu (ou le blog tout entier) via Facebook, par email ou par l’une des 39 autres applications aux noms plus obscurs les unes que les autres (Delicious, Flickr et autres).  Je cherche toujours un simple formulaire du type « recommander cet article par mail »…

– L’abonnement 
En théorie, c’est simple. Il suffit de rentrer votre adresse email dans la case prévue à cet effet, en haut à droite du blog, et de cliquer sur le lien dans l’email que vous recevez. Ensuite, ô merveille, chaque nouvelle chronique arrive directement dans votre boîte mail. C’est en pratique que le bât blesse. Il semble qu’un certain nombre d’abonnements n’aient pas été validés, mais confidentialité oblige, impossible de savoir lesquels. Si vous pensez faire partie des lésés, merci de réessayer et/ou de m’en faire part dans un commentaire.

– Le bouton « J’aime cet article » 

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Cliquer sur ce bouton puis sur l’article qui vous a plu dans la page qui s’affiche permet d’améliorer mon classement sur le très sympathique annuaire de blogs féminins hellocoton, et donc d’augmenter la probabilité d’être découverte par d’autres.

 – Le concours Cosmopolitan
Toujours dans la série « j’aimerais tellement être populaire ne serait-ce qu’une fois dans ma vie », mais en plus cette fois ça me permettrait de gagner une semaine dans un spa. Je suis complètement à bloc.

cosmopolitan

– Les catégories
Afin de laisser libre cours à mon inspiration du moment tout en conservant un semblant d’organisation, les billets sont désormais classés, soit dans la catégorie « tribulations », soit dans la catégorie « billets d’humeur ». Pour lire le récit de mes aventures londoniennes, cliquez sur les tribulations. Pour tout le reste, à savoir un peu n’importe quoi, cliquez sur les billets d’humeur. Tout cela se trouve en bas, dans la colonne de droite.

– Le groupe Facebook
Cela m’a pris deux mois, mais j’ai enfin compris comment créer un groupe Facebook. De manière originale, il s’appelle « Impertinentes chroniques d’une Française à Londres ». J’étais très fière de moi, jusqu’à ce qu’un terrible doute m’assaille : un groupe, ce n’est pas du tout comme une page, et c’est une page qu’il fallait que je crée, paraît-il. Si vous souhaitez atténuer mon sentiment d’échec, vous pouvez vous inscrire ici.

Vous l’avez compris, j’ai grand besoin de vos lumières, suggestions et conseils. Comment faire connaître les chroniques sans harceler une fois de plus mes amis et lecteurs (raté) ? Comment les améliorer sans compétence technique aucune ? C’est à vous…

PS : rien à voir, mais je vous encourage vivement à aller voir « In the air » (« traduction » française du titre d’origine « Up in the air »), non seulement pour le charme ravageur de George Clooney, mais aussi pour l’écriture talentueuse, le jeu d’acteurs à l’avenant, la BO originale et surtout un bel exercice d’équilibriste entre humour, cynisme et poésie. What else ?

Le monde merveilleux de la blogosphère

Technophobe j’étais, technophobe je resterai. Et pourtant, j’en ai appris des choses en deux petits mois de blogging :

– Mon petit frère était ca-té-go-rique : « Il faut ABSOLUMENT que tu choisisses WordPress comme hébergeur si tu veux faire quelque chose d’un peu sérieux », s’est-il exclamé lorsque je lui ai parlé pour la première fois de mon projet. Comme il a des années lumière d’avance technologique sur moi (la preuve, il tient un blog tellement high tech que je n’en comprends même pas le sujet, c’est vous dire), j’ai suivi son conseil. Une fois sur Google (jusque là, je maîtrise), j’ai tapé « WordPress ». Résultat : une page truffée d’URL et autres FTP. L’histoire me paraissait bien mal engagée, puisque je ne comprenais même pas les « choses à savoir avant d’installer WordPress ». Les bases, quoi.

Heureusement, à la recherche suivante, ô miracle : un WordPress tout simple ! Ni une ni deux (et surtout sans appeler mon gourou technique pour vérifier), j’ai lancé les chroniques. Consternation de mon petit frère : non, le bon WordPress, ce n’était pas la version « bloguer pour les nuls ». Ca peut paraître surprenant, mais dans la blogosphère, .com ou .org, ce n’est pas du tout pareil. La route de l’enfer est pavée de bonnes intentions.

– Les premiers jours, constatant que Google ne m’envoyait aucun lecteur à part ceux qui tapaient (gentiment, merci Maman) « evainlondon », j’ai à nouveau cru bien faire en contactant (d’aucuns diraient « en démarchant ») des blogueuses éminemment connues pour leur demander conseil. Aucune réponse. Le salut est venu d’un blog que j’apprécie beaucoup et dont l’auteur a publié ce que j’ai interprété comme les principes de base de la « blog étiquette » – oui oui, ça existe, ça veut dire manuel du savoir-vivre en société virtuelle. Entre autres : il est mal vu d’envoyer des emails dégoulinants de flatterie (exemple : « j’adoooore ton blog depuis toujours… enfin, je ne sais ce qu’est un blog que depuis trois mois, mais depuis trois mois j’adoooore ce que tu fais »), surtout lorsque le motif à peine déguisé, c’est d’obtenir un lien vers un petit blog naissant et donc presque vide de contenu.

– Les statistiques. Tout un programme. Je passe désormais plus de temps à décortiquer les statistiques qu’à écrire des billets pour les alimenter : combien d’abonnements, combien de clics, combien de commentaires, mais surtout… COMBIEN DE VISITEURS. 

Après avoir mis à jour mon compteur de visites non moins de 60 fois dans la même journée, dont 48 au bureau, j’ai jugé bon de créer un favori sur mon ordinateur professionnel. Et plutôt que de l’intituler « nombre de visiteurs sur mon blog perso et qui n’a donc rien à voir avec mon travail », je l’ai sagement appelé « Dernières statistiques clients ».

– Non, le commun des blogueurs ne vit pas du blogging. Mais je ne renonce pas à mon rêve d’écrire un jour pour Cosmopolitan et autres Elle

– Et surtout : être lu est un sentiment magique. Surtout lorsque le compteur atteint les 100 visiteurs par jour : non, Prince, ma maman et mes 23 amis Facebook ne sont pas les seuls à suivre les chroniques.

 Du fond du cœur, donc, un immense merci :

– à tous ceux qui me lisent alors qu’ils ne me connaissent pas
– à tous ceux qui me lisent, et ce, bien qu’ils me connaissent
– à tous ceux qui laissent des commentaires
– à tous ceux qui n’en laissent pas (mais qui ne manquent pas d’apparaître sur mon compteur)
– à tous ceux qui tentent désespérément d’élever des débats pas toujours très intellectuels
– à tous ceux qui m’encouragent et me félicitent, parce que c’est une telle joie de savoir que l’on a mis un peu de sourire dans la journée de quelqu’un

Voilà, c’est dit ! Pour ne pas tomber dans la mièvrerie, quittons-nous plutôt sur une touche de douceur :

PS : avis aux impatients, promis, la suite des tribulations en ligne dès lundi !

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Pour ce n’importe quoi Friday, je vous propose de découvrir les magnifiques illustrations de mon amie blogueuse Camille. Poésie, humour, tendresse : tout y est.

Il y a quelques jours, j’ai eu la surprise de trouver sur son « Carnet de voyage » un adorable billet sur les chroniques, et surtout, un dessin à l’avenant :

Reconnaissez-vous Prince avec sa couronne ?

De mon côté, mue par la soudaine envie de reprendre ma plume pour les fêtes, j’avais commandé à Camille ses originales cartes de voeux. Je suis peut-être restée coincée au XXème siècle (je vous en reparle à la première occasion), mais à l’heure d’Internet, rien ne me fait plus plaisir que de savoir que quelqu’un a successivement :

– acheté une carte (sapin ou petites fleurs ? UNICEF ou Auchan ?)
– déniché un stylo au fin fond d’un sac à main bien trop rempli
– suçoté pensivement le dit stylo pour finir par accoucher d’une formule originale (« Joyeuses Fêtes »)
– léché un timbre au goût infect parce qu’à la Poste de toute facon ils n’ont jamais la petite éponge qui va bien
– et enfin, pris ses petites jambes pour déposer la carte dans une boîte aux lettres

… tout ça, rien que pour moi.

Et vous, allez-vous envoyer des cartes cette année ?