Comment occuper un enfant malade de trois ans (astuce : iPad inside)

– Maman, c’est quoi ce gros ventre ?

J’adore passer du temps de qualité avec ma fille.

Ecoute active. Discipline positive. Inspirer, expirer. C’est comme quand MiniPrincesse me balance « Non, Maman, toi dormir sur canapé. Moi dormir avec Papa » : elle ne pense pas à mal. Paraît-il.

Si si, c'est super

Si si, c’est super

– Ben, tu vois ma chérie, après avoir eu un bébé, il faut des années un peu de temps à la maman pour retrouver la ligne.

MiniPrincesse, du haut de ses bientôt trois ans, esquisse une moue dubitative.

– Moi, petit ventre.

Soit. On en reparle dans dix ans.

MiniPrincesse entame son troisième jour à 39,5° de fièvre. La crèche n’en veut pas, la babysitter a déjà succombé aux assauts de ce sale virus, et le médecin anglais (un généraliste bien évidemment, je vous rappelle que les pédiatres n’ont pas droit de cité en Angleterre) vient de nous renvoyer chez nous avec pour toute ordonnance une bonne vieille cup of tea.

Rien, donc, que de très habituel au royaume de sa Majesté.

Dieu que la journée promet d’être longue.

10h35

De retour à la maison.

– MiniPrincesse, tu veux jouer aux Lego ?

– Aime pas Lego.

L’affaire se présente bien.

– Euh… dessiner ?

– Pas dessiner.

– … faire des muffins ?

– Toi faire muffins. Moi manger muffins.

Bon. Faut pas pousser mémé dans les orties, non plus. Soupir de renoncement à toute activité un tant soit peu pédagogique. Comme dit l’autre : « Avant, j’avais des principes. Maintenant, j’ai des enfants ».

– Tu veux jouer à la tablette ?

Je vous jure que si MiniPrincesse était un lapin, ses oreilles se dresseraient bien droites. J’ai juste le temps de voir une tornade de 95 cm de hauteur débouler puis s’asseoir confortablement et SA-GE-MENT sur le canapé avant que ne résonne un sonore :

– TABLEEEEEEEEEEEEETTTE MAMAAAAAAAAAN !!!

– Qu’est-ce qu’on dit ?

– TABLEEEEEEEEEEEEETTTE MAMAAAAAAAAAN S’IL TE PLAIT !!!

Ah. Quand même. Non, parce qu’on est polis, chez nous (même quand on vocifère).

Ce merveilleux interlude devrait me permettre de piquer un somme de lancer une lessive / étendre la lessive / vider le lave-vaisselle / préparer un repas sain et bio à ma fille (ou des pâtes).

11h15

De ma plus douce voix de mère dévouée :

– Ma chérie, viens manger, le déjeuner est prêt !

Silence.

– Ma chérie, viens à table !

Ma fille, si sensible, si intuitive, ne sent-elle pas poindre l’agacement dans ma voix ?

– MiniPrincesse, lève le nez de la tablette TOUT DE SUITE !

11h18

– Beurk.

– Les pâtes, c’est beurk ?

– Oui.

– Bon. Tu veux de la semoule ?

– Beurk.

Je me creuse la tête, à court de bestsellers. Au bout de 48 heures de jeûne quasi-complet – rapport à son « petit ventre, moi », je cède à la panique, prête à tout pour faire ingérer un peu de nourriture à mon enfant qui frôle sans nul doute l’inanition.

– Tu veux de la compote ?

– Non.

L’heure est grave.

– Tu es sûre ? Même pas une compote EN GOURDE (alias le graal) ?

– Non, merci, Maman.

« Non, merci, Maman » ?

Moi, au bord des larmes :

– Du chocolat ?!!

11h29

La tablette de Prince est couverte de petites traces de petits doigts chocolatés.

11h50

De ma plus douce voix de mère dévouée :

– Tu viens, MiniPrincesse, c’est l’heure de la sieste !

Regard courroucé.

– Mais Maman, moi occupée jouer !

– Si tu vas te coucher immédiatement, je te laisserai rejouer à la tablette tout à l’heure.

La discipline positive en action, je vous dis.

Parents efficaces (une aubaine pour toi, parent inefficace)

Parents efficaces (une aubaine pour toi, parent inefficace)

11h51

MiniPrincesse est au lit.

12h25 (BEAUCOUP TROP TOT, donc)

– Mamaaaaaaaaaaaaaan ! braille MiniPrincesse.

– Oui, ma chérie ? Qu’est-ce qu’il y a encore ?

Je brandis machinalement – la force de l’habitude – le thermomètre devant le visage cramoisi de MiniPrincesse, déclenchant moult hurlements.

– Moi pas malade, Maman ! PAS THERMOMETRE !!! PAS THERMOMEEEEEEETRE !!!

40,2°. Epatant.

Avant d’avoir des enfants, je croyais que c’était la panacée que de s’occuper d’un enfant patraque. « Ca » ne fait que dormir, non ?

Ben non. Un enfant malade, il s’avère que « ça » fait tout sauf dormir. Ca chouine, ça se mouche (mal), ça se plaint, ça veut jouer à la tablette, ça ne veut rien manger sauf du chocolat, ça veut Papa (« il est au travail, ma chérie. – Pourquoiiiiiiiiiiii ?! Veux Papa !!!! Pas Maman !!!! »).

Pas de bol. La journée enfant malade, c’est pour Maman.

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Tentative de réintégration professionnelle (ou comment « reprendre le travail » après un bébé, quand on n’a pas de travail)

– Tu crées ZERO valeur pour la société.

Voilà ce qu’avait décrété un « ami » à propos de ma situation professionnelle – au chômage – lorsque j’ai débarqué à Londres pour y suivre Prince. Comme disent les Anglais, avec de tels amis, a-t-on encore besoin d’ennemis ?

Enfin. J’ai pris acte de sa remarque, et me suis consacrée quatre années durant à l’étude de données de salaire chez SuperConseil. O joie et épanouissement.

Aujourd’hui, j’ai beau m’occuper tant bien que mal de MiniPrincesse depuis six mois déjà, force est de constater que le regard que la société porte sur moi n’a pas changé. Et maintenant qu’ « on » (ma mère / ma belle-mère / ma meilleure amie / ma pharmacienne) a épuisé le sujet de mon accouchement (péri ou pas péri, est-ce que j’ai eu très mal ou très très mal, combien pesait MiniPrincesse au gramme près et autres questions passionnantes), « on » (ma mère / ma belle-mère / ma meilleure amie / ma pharmacienne) n’a de cesse de me demander quand je compte « reprendre le travail ».

Et chacune a son avis sur la question.

Ma mère, dont le congé maternité n’aurait duré que quelques heures, le temps de rentrer et de sortir de la clinique, plisse le nez à chaque fois qu’elle me demande quand mes « vacances » prendront fin.

Ma belle-mère, qui, à chaque enfant, s’est arrêtée trois ans pour les « élever elle-même », fronce les sourcils lorsqu’une malencontreuse remarque (« Prince, au moins, a cinq semaines de congés par an ») lui laisse penser que  je ne baigne pas dans la félicité absolue.

Ma meilleure amie, qui « comme tout le monde » en France a repris le boulot lorsque son bébé a atteint le grand âge de deux mois et demi, me lance des regards courroucés lorsque je lui explique que MiniPrincesse « est encore si jeune pour la confier à des inconnus ».

Ma pharmacienne pose la question, mais au fond, s’en fiche comme de sa première boîte de Prozac. C’est toujours ça.

Yummy mummy

Quoi qu’il en soit, je suis bien en peine de répondre. Prise en flagrant délit de désorientation professionnelle, je marmonne vaguement « sais pas », « tellement épanouissant de voir MiniPrincesse grandir » et « on verra ». Je ne peux même pas arguer d’un hypothétique congé parental puisque j’ai eu la brillante idée de démissionner juste avant de tomber enceinte. Oui, j’adore m’occuper de MiniPrincesse. Oui, sans aide de l’Etat providence français, mon salaire couvrira à peine la nounou / nursery / childminder. Mais si je continue à converser diversification et développement moteur, c’est bientôt moi qui aurai besoin de soins.

Je n’en suis d’ailleurs pas à ma première tentative de réintégration professionnelle.

Lorsque MiniPrincesse avait trois mois, j’ai manqué tomber de ma chaise en découvrant une annonce de job trop beau pour être vrai :

« Poste flexible pour Français habitant à Londres »

Il s’agissait de s’occuper à distance (vive les nouvelles technologies) du site français d’une entreprise anglaise, fondée par un couple du quartier.

C’était effectivement trop beau pour être vrai, le couple en question passant plus de temps à s’écharper et s’affubler de noms d’oiseaux qu’à cogiter sur leur développement à l’international.

L’entreprise fit faillite deux mois après que j’aie jeté l’éponge. Pure coïncidence, bien sûr.

Me voici revenue à la case départ (pour rappel : zéro création de valeur). Je suis assaillie par les pires angoisses. Jamais je ne retrouverai un emploi. Je suis condamnée à passer ma vie au foyer. Ma carrière est finie.

Une nuit d’insomnie, je n’y tiens plus, et contacte une brillante ancienne cliente de mon époque SuperConseil, . Elle ne s’étonne guère de l’heure à laquelle mon mail lui parvient (3h17 du matin) et me propose immédiatement un rendez-vous. Et pas pour parler biberons.

We are back in business !

De l’importance de la Guinness dans le succès professionnel outre-Manche

– Tu ne vas pas assez au pub, me décrète mon chef, SuperChef, d’un ton sans appel.

S’il y a bien une phrase qu’un employé français ne risque pas d’entendre de la part de son supérieur hiérarchique, c’est bien celle-ci. Sauf si la scène se déroule en Angleterre…

Ironiquement, c’est justement au pub que SuperChef m’assène ce verdict. C’est un vendredi soir comme les autres, une grise soirée de novembre où il vente et pleuvine dehors. Un soir où toute personne normale – du haut de ma chauvine mauvaise foi, j’entends par là un Français – se dépêcherait de se carapater du travail en songeant : « Ah, qu’est-ce que je serai mieux à la maison ! ».

Mais nous sommes en Angleterre. Et rien de tel qu’un vendredi soir, même pluvieux, pour faire sortir l’Anglais de sa réserve toute britannique. A 18 heures tapantes (ou 17h30, voire même 16h59 chez SuperConseil), l’Anglais range ses stylos, éteint son ordinateur et s’exclame à la cantonade : « Ah, qu’est-ce qu’on sera mieux au pub ! Je vous retrouve en bas, hein ? ».

En effet, la « socialisation » (suis-je en train de commettre un odieux anglicisme ?) ne se déroule pas, comme en France, autour de la machine à café. Tout au plus les Anglais échangent-ils quelques banalités très politiquement correctes lorsqu’ils se croisent autour de la théière : je vous avais déjà relaté mes doutes et mon expérience en la matière.

Mais les ragots, les futures promotions, les réorganisations faussement secrètes, la raison pour laquelle SuperChef, est arrivé en retard et tout échevelé à la dernière grand-messe SuperConseil-lesque ? Tout ça, c’est au pub que ça se passe. La morale de l’histoire : en n’allant pas au pub, je passe à côté de 99% de ce qui se joue dans les coulisses du monde redoutable de SuperConseil. D’où le reproche de SuperChef.
Et je serais bien en peine de lui démontrer le contraire. Lui soutenir que « c’est juste que, chaque fois que j’y vais, ça tombe un soir où tu n’es pas là » ? Peine perdue : SuperChef est là tous les soirs ou presque ; d’ailleurs, c’est justement pour ça qu’il est arrivé en retard et en piteux état à la réunion de service mentionnée ci-dessus. SuperChef a raison : je ne fréquente pas suffisamment le pub. Conséquence : je connais mal les ragots, peu mes collègues, et pas du tout les faiblesses de mon chef. Mais j’ai de bonnes raisons.

Les ragots sont toujours à peu près de la même teneur :

– Tel sous-grouillot va démissionner, ayant réalisé que tant qu’à exercer un métier aussi épanouissant que sous-grouillot, autant être grassement payé pour. Les cordonniers étant éternellement les plus mal chaussés, c’est loin d’être le cas lorsqu’on vend des bases de données de salaire pour SuperConseil

– Telle grouillote améliorée (pour rappel, la structure hiérarchique de SuperConseil se trouve dans ce billet) vient de réaliser que sa vocation consistait non pas à grouilloter, mais à ouvrir un bar en Thaïlande / être vendeuse dans une boutique de haute couture / devenir psychologue (exemples tous véridiques)

– Tel ponte adjoint n’est pas en vacances, mais chez lui, au fond du trou, vu qu’il vient de se faire virer comme un malpropre. OK, il avait rempli 3 de ses 4 objectifs, mais comme les 3 objectifs en question étaient les objectifs-pipeau-qu’on-va-inscrire-pour-faire-plaisir-aux-ressources-humaines (exemple : « Se montrer disponible et jouer le rôle de mentor pour les juniors de l’équipe ») et le quatrième, non atteint, « Atteindre XXX 000 livres de chiffre d’affaires », le calcul a été vite fait.

– Au contraire, tel autre ponte adjoint est sur le point d’être promu Grand Ponte. Pas d’explication à l’horizon – sauf si « Lécher les bottes de Super-Grande-Ponte plusieurs fois par semaine depuis trois ans » constitue une raison valable.

Passons à la deuxième chose que je loupe : me lier davantage avec mes collègues. Là, je dois bien avouer l’horrible vérité : je préfère de loin passer la soirée à jouer à mon jeu vidéo préféré qu’à créer du lien social. En tout cas avec mes camarades SuperConsultants. Déjà, avec le bruit ambiant, je comprends un mot sur trois, ce qui rend toute conversation difficile à suivre. Par ailleurs, l’essentiel des conversations porte sur des références culturelles qui m’échappent (la télé-réalité anglaise / les ragots de SuperConseil sur lesquels j’ai un retard impossible à rattraper / la télé-réalité anglaise). Enfin, le niveau d’alcoolémie augmentant de manière absolument régulière tout le long de la soirée, tout ce beau monde parle de plus en plus fort et articule de moins en moins : bien vite, je ne comprends plus qu’un mot sur quatre.
Parfois, prenant pitié de mon air perplexe, l’un de mes collègues répète à mon intention la dernière phrase prononcée. Très fort. J’essaie d’expliquer que je ne suis pas sourde, juste pas anglophone. Et que je n’ai pas la télé.

Là, mon interlocuteur prend ça pour une blague – après quatre ou cinq pintes, tout paraît amusant – et éclate de rire, reprenant aussi sec la conversation avec le reste du groupe. Pour mieux connaître mes collègues, il faudrait donc déjà comprendre ce qu’ils disent. Sauf si « mieux les connaître » veut tout simplement dire « savoir à quoi ils ressemblent quand ils ont trop bu ».

Enfin, quant aux faiblesses de mon chef, une soirée suffit à les identifier :

1. La Guinness
2. La Guinness
3. La Guinness
Eh oui : SuperChef est irlandais.

Tout cela explique sans doute pourquoi je n’honore plus guère le pub de ma présence que lors des pots de départ groupés (comme celui du sous-grouillot, grouillotte améliorée et sous-ponte dont je vous parlais plus haut), prétextant le reste du temps un départ à Paris / un mal de crâne après une dure semaine de travail / une sortie au théatre (sous-entendu : « Vous voyez, y a pas que la télé-réalité dans la vie ! »).
Mes collègues ne s’y trompent guère : preuve en est faite lorsque l’un d’eux conçoit et fait imprimer un jeu de cartes à l’effigie de chacun des employés du service, chaque carte indiquant le niveau d’ébriété moyen de la personne, ses phrases fétiches au pub et sa boisson préférée, la mienne ne comporte… rien.
Parce que je n’ai pas de carte du tout : il a oublié que je faisais partie du service.
« Ben oui, tu viens jamais au pub ».
Et pour cause.

Et vous, comment vous entendez-vous avec vos collègues ? Ils sont plutôt machine à café, cantine ou sortie après le travail ?

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Des mérites de la procrastination en entreprise, ou comment briller en ne faisant absolument rien d’utile (2)

Mes brèves mais intenses expériences du monde du travail, fût-ce dans une multinationale de l’agro-alimentaire, un hebdomadaire économique très sérieux ou une entreprise de cours de cuisine, m’ont appris une règle immuable : toujours avoir l’air occupé. Froncer les sourcils ne gâche rien, même et surtout si vous êtes en réalité en train de vous escrimer les yeux pour décider si ce sac à -90% sur eBay est une contrefaçon ou pas.

Bref, comme toujours, la forme compte au moins autant que le fond. Ca s’appelle être politique. Chez SuperConseil, ça saute aux yeux : les grands pontes et leurs adjoints (pour un rappel de la structure hiérarchique en vigueur chez SuperConseil, voir ici) maîtrisent cet art à la perfection. Toujours un sourire triomphant aux lèvres (« Je n’aime pas me vanter, alors je ne dirai rien, mais n’ai-je pas l’air d’avoir encore conclu une énorme vente ? »), ils parlent fort à leurs infortunés voisins d’open-space (c’est pas parce qu’on est ponte qu’on a son propre espace vital) pour bien montrer qu’eux ne croulent pas sous les basses tâches. Non, eux, ils ont la situation bien en main ; c’est primordial, dans un pays où rester après 18h30 n’est pas considéré comme un signe de dévouement, mais de désorganisation. Certains poussent même le bouchon jusqu’à traverser l’open space en long, en large et en travers plusieurs fois par jour en claironnant leur dernière pseudo-réussite à date (« Je n’aime pas me vanter, alors je ne dirai rien, mais honnêtement, heureusement que j’étais là pour convaincre le client que c’était la bonne solution…. »)

Vous l’aurez compris, chez SuperConseil, je suis à bonne école.

Puisque je n’ai pas encore de téléphone professionnel et que je me refuse obstinément à communiquer mon numéro de portable personnel aux clients (s’ils se posent des questions en dehors des heures de boulot, le répondeur, c’est fait pour ça), il me faut adopter une stratégie différente pour me faire mousser. Je décide de commencer par dresser une liste de choses à faire aussi longue que le bras. Et, pour faire bonne figure, je déclare à qui veut bien l’entendre (oui, moi aussi je sais faire monter le volume sonore de l’open space) que je pars m’isoler en salle de réunion, car « j’ai besoin de me concentrer pour ce que j’ai à faire (sous-entendu : moi) ».

Une fois tranquillement installée, et après une bonne vingtaine de minutes passée à répondre à quelques mails personnels, je me mets à répertorier TOUTES les tâches à exécuter, du contrat à signer et classer au fameux démarchage téléphonique en passant par cette formation client que je repousse depuis plusieurs jours déjà. Mon but : démontrer par A+B qu’il m’est tout bonnement et scientifiquement impossible de faire du business development en cette période particulièrement chargée. Démontrer à qui ? Mais à SuperChef, bien sûr, qui impressionné par l’effervescence qui se dégagera de ma personne (rappel : prendre l’air pressé, voire débordé par moments bien choisis), s’inquiètera de savoir si « je gère ». Là, altière, je le rassurerai : évidemment que je gère, et d’ailleurs voici la liste de tous mes pseudo-succès dont il n’a pas besoin de savoir qu’ils datent un peu / sont allègrement enjolivés / n’auront absolument aucune retombée commerciale. « En revanche, im-pos-sible- de me poser tranquillement pour planifier le business development cette semaine, mais bon, comme tu le vois, commercialement, ça va très très bien quand même ». SuperChef repartira enchanté, et moi, dédouanée.

Plan machiavélique : top départ. A moi les courriers insipides, les fichiers Excel à remettre à jour et les coups de fil de politesse aux clients, bref, tout ce qui ne présente ni intérêt intellectuel, ni risque d’échec. Aux autres, la réflexion et l’action.

Euh… vous croyez que quelque chose ne tourne pas rond chez moi ?

Des mérites de l’hibernation

Je ne sais pas si ça vous fait le même effet, mais moi, j’ai l’impression que seule une minorité de mes neurones a survécu à l’attaque fatale du froid et de la neige. Les quelques survivants, congelés, semblent attendre tranquillement le retour du printemps pour reprendre du service.

Mais hiberner, serait-ce vraiment une si mauvaise idée ? Céder au délicieux appel de la couette – et remplir le quota apparemment décuplé de sommeil que vous réclame votre corps engourdi par le froid – peut vous permettre d’éviter un certain nombre d’écueils dus à une certaine hébétude. Ou, pour parler plus crûment, être complètement à côté de ses pompes à longueur de journée présente quelques dangers, tous expérimentés pour vous par Eva in London cette semaine (mais pas dans la même journée, faut pas pousser non plus) :

– Commencer la journée par des gémissements de biche blessée  ; quémandant non pas la clémence du chasseur pour qu’il la laisse en vie, mais celle du réveil pour qu’il vous laisse dormir, ne serait-ce que quelques minutes encore…

– … ayant péniblement réussi à vous lever et vous habiller, chercher longuement vos clés pour finir par les trouver sur la porte (tiens, c’est là qu’elles étaient la dernière fois aussi). Elles vous y ont donc attendu toute la nuit, sachant que tous les voisins passent devant votre rez-de-chaussée pour accéder à leur appartement : ou comment s’assurer de la probité de votre voisinage.

– Traverser la rue sans pirouette sur verglas, mais vous endormir sur l’épaule de votre octogénaire voisin de Tube / RER / bus / métro

– Légèrement gêné(e), lutter désespérément contre la gravité en orientant la tête de l’autre côté… pour vous cogner la tête de plus belle contre la vitre

– Enfin parvenu(e) au travail, vous rendre populaire en faisant toutes les tournées de thé de la journée (si vous travaillez en Angleterre) / bavasser autour de la machine à café (si vous travaillez en France), pour finir par être trop excitée pour vous atteler à ce fichier Excel à rendre pour… hier.

– Après avoir décoché votre sourire le plus hypocrite à votre chef (« Et ce fichier Excel super important, ça avance ? »), vous rendre compte que, dans la torpeur du petit matin, vous avez enfilé votre pull noir à l’envers et qu’une large étiquette blanche dépasse sur le côté, tel un drapeau proclamant haut et fort votre devise de la journée : « Je suis à l’ouest »

– Décidément en mal de productivité, envoyer un mail enjoué à une amie lui demandant si elle compte venir à la grande fête d’anniversaire surprise de votre pote d’enfance samedi prochain… pour vous voir répondre « Mais la fête a eu lieu samedi dernier, on était très déçus de ne pas t’y voir !? »

– Prétextant des soucis de transport, vous attirer l’ire de vos collègues qui vous voient partir à 17h01 (si vous travaillez à Londres) / 19h31 (si vous travaillez à Paris). Vous terminerez le fichier Excel ce soir, prenant soin de le renvoyer par mail le plus tard possible afin de montrer votre motivation sans bornes.

– Le manque de sommeil induisant chez vous des envies irrésistibles de gras et de sucre, décider en accord avec vous-même que le menu « velouté de châtaignes / moussaka surgelée / fromage / mousse au chocolat / bonbons Haribo » constitue la base d’un repas équilibré. Tellement équilibré, d’ailleurs, qu’un dîner « reste de velouté de châtaignes / reste de moussaka surgelée / reste de fromage / nouvelle mousse au chocolat / nouveau sachet de bonbons Haribo » s’impose pour le lendemain : gâcher, c’est mal.


– Repu(e) mais incapable de la moindre concentration (surtout que votre estomac émet des bruits pour le moins inhabituels), vous abandonnez l’idée de terminer le fameux fichier Excel et errez virtuellement des heures sur Facebook à regarder des photos de gens que vous ne connaissez ni d’Eve, ni d’Adam (mais qui ont l’air d’avoir passé d’excellentes vacances en Thaïlande)

Après une nuit assez agitée (moins à cause de votre mauvaise conscience qu’à cause des douleurs qui vous tordent le ventre), vous prenez deux décisions stratégiques :

1. à long terme : renoncer pour de bon aux dîners à 3 500 calories

2. à très court terme : invoquer une inexplicable gastro-entérite pour passer la journée au lit – et, si vous avez le temps, terminer ce scrogneugneu de fichier Excel. Mais seulement si vous avez le temps : en hiver, rien ne vaut l’hibernation.

Comment définir l’amitié, ou la théorie des cercles

Lorsque j’ai suivi Prince à Londres, je me suis juré que je ne conjuguerais pas expatriation avec ermitation. Je m’explique : des amis, je n’en ai déjà pas beaucoup. J’ai donc intérêt à garder ceux que j’ai.  Je pourrais dire que j’ai toujours préféré la qualité à la quantité, ou plus simplement avouer que, contrairement aux apparences, je suis plutôt timide (j’en vois déjà qui ricanent, au fond) et particulièrement mal à l’aise en groupe.

Reprenons : je n’ai pas beaucoup d’amis. Même en additionnant le cercle 1, le cercle 2 et le cercle 3, je peine à franchir la vingtaine. « Les cercles, késaco ? » demandent les distraits du fond de la classe.

Ah… la théorie des cercles, un concept estampillé Eva in London. Petit cours, magnifique dessin Powerpoint à l’appui.

Où que vous vous situiez sur l’échelle de la sociabilité, la théorie des cercles fournit un langage commun. Explication :

– Le cercle 1 est composé de vos amis à-la-vie-à-la-mort : ceux qui vous ont vue inconsolable après que Faux Prince vous ait jetée comme une chaussette sale, pas coiffée le matin (vision d’épouvante s’il en est), pas coiffée le soir ET en pyjama rose, complètement paf en soirée à chercher un nouveau Prince (mais toujours pas coiffée)… bref. Ceux dont vous savez que vous pouvez les appeler à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, parce que… ben, vous l’avez fait, et ils vous adressent encore la parole.

– Le cercle 2 : ah, compliqué et subtil, le cercle 2 ! S’il est généralement facile de définir qui fait partie du cercle 1, le cercle 2  est plus complexe. Il se compose d’amis certes proches… mais sans doute pas assez pour leur demander tout et n’importe quoi. Dans le cercle 2, tout est affaire de circonstances : la vie pourra vous rapprocher (vous vous découvrez une passion commune pour l’origami, ou l’histoire du Moyen-Âge, peu importe) ou vous éloigner (vous vous découvrez une antipathie pas du tout commune pour son nouveau Prince).

– Le cercle 3 : les copains que vous voyez rarement, mais avec plaisir. Vous restez suffisamment proches pour pouvoir les appeler juste pour leur demander un service… mais vous omettrez de leur raconter votre dernière dispute avec Prince (qui est encore rentré tard).

– Le cercle 4 se résume en un mot : « connaissances ». Les gens qui situent qui vous êtes, s’arrêtent pour vous faire la bise dans la rue et, si vous avez de la chance, se souviennent de votre prénom (alors que vous avez déjà du mal à remettre leur visage). Colossal et capital pour les grands mondains, réduit à peau de chagrin dans mon cas.

Les cercles font donc office de mètre-étalon de l’amitié. Mais ils ont aussi le mérite de donner lieu à des débats enflammés. Votre copine d’enfance qui n’a pas répondu à vos huit derniers mails mérite-t-elle encore de faire partie du cercle 1 ? Ou doit-elle être reléguée en deuxième division, euh, pardon, au cercle 2 ? Votre collègue de travail (relation épineuse s’il en est) et camarade de gym (plus délicat encore, sueur et pantalon de jogging oblige) est-elle digne de passer du cercle 4 au cercle 3 ?

J’espère avoir été claire avec ce petit cours sur la théorie des cercles.

Ainsi, même en étant généreuse, les amis de mes trois cercles se comptent sur les doigts des mains et des pieds. Et je suis déterminée à ne pas les perdre juste parce que j’ai traversé la Manche.

Cela va s’avérer être un exercice de haute voltige…

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Et vous, à quoi ressemblent vos cercles ? Avez-vous une théorie concurrente à proposer ?

Et pour celles et ceux qui aiment les théories : celle-ci est une véritable perle en la matière (en VO, malheureusement).

La première gorgée de bière… pardon, de thé (anglais).

Chose promise, chose due. 10h45, troisième tournée de la matinée : l’heure est venue de goûter le thé anglais. 

– Qui veut une boisson chaude (Who’s up for a hot drink) ? lance à la cantonade l’un de mes collègues, Rob.
– Avec plaisir ! Un thé, please.

Les Anglais étant, paraît-il, très à cheval sur la politesse, je commence et/ou termine toutes mes phrases par please, thank you et autres that’s great. C’est ça, d’être motivée pour s’intégrer. D’asociale et renfrognée, me voici désormais polie et entousiaste.

Mes bonnes résolutions vont vite être mises à l’épreuve.

– Du lait et un sucre (Milk, one sugar) ? demande Rob en s’éloignant avec le plateau (essentiel lorsqu’il s’agit d’assurer trois thés et deux cafés).

Je le rattrape par la manche, affolée.

– Non, merci, juste un thé très léger (No, thank you, just a very light tea).

Je l’ai échappé belle. Du moins, c’est ce que je crois, jusqu’à ce que, cinq minutes plus tard, Rob revienne et dépose sur mon bureau un breuvage peu ragoûtant.

– Mais tu avais demandé un white tea ? me demande-t-il en voyant mon dégoût.
– Ben oui… pas fort, quoi !
– Et voilà : un white tea, pas fort.

Nous nous regardons, aussi perplexes que prêts à faire avancer la communication entre nos deux peuples. Prise d’un affreux doute, je fais le premier pas :
– Attends… un white tea, c’est bien un thé pas fort ?

Rob éclate de rire et s’exclame, soulagé (l’honneur anglais est sauf) :

– Mais non ! Un white tea, c’est un thé avec du lait. Si tu en veux un pas fort, c’est un thé faible (weak tea). Je t’en refais un.

Moi, pressentant un nouveau désastre, mais toujours polie :
– Non, non, merci beaucoup, mais c’est pas la peine, merci !
– Si, si, j’insiste.

Rob fait quelques pas, puis se retourne vers moi, perplexe :
– Tu es VRAIMENT sûre que tu ne veux ni lait, ni sucre ? Parce que ça ne va pas être bon !

On n’a clairement pas la même notion de ce qui est bon, mon loulou, me retiens-je de rétorquer. Au lieu de ça (intégration, intégration), je réponds calmement :
– Oui oui, c’est parfait, merci beaucoup !

Rob a beau s’éloigner en marmonnant « Ils ont des goûts bizarres, ces Français », il me rapporte quelques minutes plus tard un thé conforme à ma commande. Sans lait, ni sucre. Et tellement noir que je crois tout d’abord qu’il s’agit d’un café.

– Ca n’a pas l’air très bon, remarque Rob en plissant le nez.

Il a raison. Rob ne sait peut-être pas ce qui est bon, mais il sait ce qui est mauvais. Voire infect. Même pour faire avancer les relations franco-britanniques, impossible d’en avaler une goutte. Re-consternation de mon collègue :
– Mais… c’est exactement ce que tu voulais (« décidément, ces Français, jamais contents ») ! J’ai à peine trempé le sachet !

Je sens qu’il va en falloir, des please et des thank you, pour laver l’affront de ma première tasse de thé.

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Dix bonnes raisons de ne pas faire de sport, et une première tentative de se faire des amis à Londres

C’est marrant, mais il y a des sujets qui m’inspirent plus que d’autres. Tiens, le sport, par exemple. Tout comme je trouve très facilement plein de raisons de ne pas travailler, j’en vois toujours plein pour ne pas aller courir :

  1. Il fait froid.
  2. Il pleut.
  3. Il fait froid ET il pleut (on n’est pas à Londres pour rien).
  4. Avec mon non-équipement de sport, j’ai l’air d’un épouvantail.
  5. Ca me déprime quand les papys de 70 ans me dépassent à toute allure.
  6. Je me suis lavé les cheveux il y a trois jours, ça serait dommage de les re-salir.
  7. Si on ne perd du poids qu’au bout de 20 minutes d’ « activité », je suis pas près d’y arriver. Sauf si par activité, on entend « regarder la télé », « dormir » ou « jouer à Civilization ».
  8. D’ailleurs, c’est l’heure de la sieste, là, non ?
  9. Ou alors d’appeler Maman, je lui ai pas parlé depuis deux jours.
  10. Entre la pollution et les chocs pour les genoux, c’est même pas bon pour la santé.

Moi j’dis, vaut mieux rester chez soi. D’ailleurs, c’est exactement ce que je faisais (à savoir rien) jusqu’à ce qu’un ex me convainque de me mettre au jogging. Je lui avais pourtant opposé ma super-excuse-tellement-imparable-qu’elle-m’avait-valu-une-dispense-au-bac : « asthme à l’effort ».

Il ne lui a fallu qu’une semaine pour balayer mon alibi d’un revers de main et me mettre un petit programme Men’s Health sous le nez (sa lecture de prédilection ; ce n’est pas un ex pour rien) : « Remettez-vous au jogging et perdez vos poignées d’amour en deux mois ! »

J’ai compris l’allusion et me suis donc lancée dans le fameux programme, résignée. Tout d’abord, alterner trente secondes de jogging et une minute de marche. Trop facile ! Puis, une minute de jogging et trente secondes de marche – on dirait pas, comme ça, mais c’est vraiment dur. Puis deux minutes de jogging… puis cinq… jusqu’à, deux mois plus tard, atteindre ces fameuses trente minutes d’affilée.

C’en était bel et bien fini de mon asthme à l’effort. Je dois même avouer que ma conversion au sport m’a rendu bien des services, en particulier lorsque je préparais mes concours d’école de commerce. C’est sans doute grâce à mes tours de stade que je n’ai pris « que » quatre kilos en deux ans, et ce en dépit d’une consommation effrénée de chocolat.

Bien des années plus tard, me voici toujours aussi peu enthousiaste à l’idée de bouger mon corps, mais plus empâtée et surtout un peu esseulée. Maintenant que j’ai un logement fixe, un Prince, et un emploi, il est temps de me trouver DES AMIS. Et pas des Français, hein, ça je connais, y en a plein en France : des vrais autochtones, des AN-GLAIS.

Pour cela, j’ai décidé de tester le club de course à pied – concept inconnu en France où, pour courir, on se débrouille très bien tout seul. Je n’ai pas eu à chercher bien loin, puisqu’il se trouve que j’habite tout près du plus important club de Londres, le Serpentine Running Club, qui regroupe pas moins de 2336 personnes. Ca, ça s’appelle mettre toutes les chances de son côté : on peut espérer que sur ces 2336 gentils membres, il y en ait au moins un qui veuille bien être mon ami.

Le rendez-vous hebdomadaire ayant lieu à la salle de gym dans dix minutes, je farfouille frénétiquement au fond de mes tiroirs. Comme on pouvait s’y attendre, la pêche est maigre : un vieux pantalon de jogging beige informe, un soutien-gorge de sport qui a connu des jours meilleurs, et un T-shirt de coton qui promet de belles auréoles sous les aisselles. Je vous avais bien dit que j’étais à la pointe du non-équipement.

Je sens qu’avec cette touche d’élégance bien française, je vais faire un malheur.

Et vous, quelles sont vos raisons préférées de ne pas faire de sport ? Ou (soyons politiquement correcte, pour une fois), au contraire, d’en faire ?

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Dix conseils pour réussir son premier jour de boulot

A faire lors d’un premier jour de boulot (ou pas) :

 1. Adopter une attitude positive. Message subliminal : « Je suis vraiment ravi(e) d’être ici, et je n’ai qu’une hâte : créer plein de valeur pour vous ! »

2… mais pas trop (« Génial, vous avez même des ordinateurs ! Et des bureaux ! Et des chaises ! »), sous peine de passer pour l’hystérique de service dès le premier jour. Dans le doute, rappelez-vous que le mieux est l’ennemi du bien.

 3. Ne pas chercher à s’imposer. Vous avez trois mois de période d’essai pour vous intégrer, et plusieurs décennies de vie professionnelle devant vous. O joie.

4… mais ne pas s’effacer complètement non plus – il y aura toujours une mauvaise langue pour persifler « Elle parle, la nouvelle recrue ? »

 5. A ce sujet, ne pas ragoter, du moins pas tout de suite. Vous connaîtrez bien assez vite la vie amoureuse de vos nouveaux collègues jusque dans les moindres détails.

6. … mais, en ce qui vous concerne, livrer des informations confidentielles mais en réalité inoffensives. Exemple : « Je vis en couple depuis cinq ans », mais SANS ajouter « mais je me pose vraiment des questions ces derniers temps, s’il ne se décide pas à me demander en mariage d’ici Noël, c’est fini ! Vous croyez qu’il faut que je lui pose un ultimatum ? »

 7. Poser des questions intelligentes. Si vous êtes en mal d’inspiration, utilisez des mots anglais. Illustration : « Pouvez-vous m’en dire plus sur le business model de l’entreprise ? »

8. … mais pas trop intelligentes non plus : généralement, les chefs n’aiment pas que leurs subordonnés soient plus futés qu’eux. Ils se sentent alors menaces dans leur chefitude.

 9. Fermer les yeux sur les petits défauts que vous ne manquerez pas de remarquer : par exemple, pas de machine a café. Ou, au contraire, trente personnes autour de la machine à café, alors qu’il est 15h15.

10. … mais, au moment de prendre la photo pour votre badge, les rouvrir. Exemple :

 

Voilà donc la fameuse photo prise lors de mon premier jour chez SuperConseil ! La prochaine fois, promis, j’ouvre les yeux.

Joyeuses Pâques a tous !

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Premier jour de travail chez SuperConseil – le bilan

Ca y est : j’ai fini ma première journée chez SuperConseil. O bonheur : l’heure est venue de retirer mes escarpins. Je n’ai vraiment plus l’habitude, ça me change de mes chaussons roses et de mes baskets :

N’assumant vraiment pas les chaussons roses fluo, je les ai remplacés par une paire de chaussons d’hôtel, légèrement moins embarrassants. L’idée du contraste y est

L’heure est venue, donc, de retirer mes escarpins, de m’affaler sur le canapé (ça, je n’ai pas perdu l’habitude), et de faire un petit bilan (et ça, j’adore). 

Commençons par les points positifs : aucun des scénarios catastrophe qui m’ont tenue éveillée la moitié de la nuit dernière ne s’est réalisé. Il faut dire qu’en anxieuse pathologique, j’avais mis toutes les chances de mon côté :

  1. Je ne suis pas arrivée en retard – forcément, j’étais là tellement tôt que j’ai failli m’endormir sur mon bouquin avant même que la journée ne commence
  2. Mon collant n’a pas filé – mais j’en avais emporté deux de rechange
  3. Ma jupe n’est pas restée coincée dans ma culotte en sortant des toilettes – mais, « au cas où », j’avais passé dix bonnes minutes ce matin à choisir des dessous ni trop négligés (genre vieille culotte en coton de couleur non identifiée) ni trop aguicheurs. Histoire de limiter les dégâts en cas de crise. Parce que tant qu’à montrer sa culotte, autant que ce soit la bonne. Si, si, ça se tient comme raisonnement. Ou est-ce l’humour anglais, tendance scato, qui déteint déjà sur moi ? Moi qui déteste ça, je suis sur la mauvaise pente.
  4. Enfin, si mes nouveaux collègues se sont moqués de moi, je n’en ai rien vu. J’ai quand même commencé à tenir un fichier Word intitulé « Professional English » répertoriant tout ce que j’entends autour de moi… avec l’espoir de comprendre un jour ce qui se dit.

Bon, maintenant que j’ai atteint mon quota de pensées positives pour la journée (ma résolution du moment pour faire face à toute cette pluie), laissons parler la vraie Eva in London, celle qui n’aime rien tant que se plaindre, critiquer et gémir. Parce que tout n’a quand même pas été complètement rose non plus. 

Outre les heures passées à faire semblant d’être absorbée par les lectures que l’on a bien voulu me donner (« Etude sur l’évolution des avantages en nature en Angleterre »), je n’ai retenu qu’un prénom sur la vingtaine de personnes que l’on m’a présentées aujourd’hui. Et encore, je ne suis pas sûre de l’avoir associé à la bonne tête.

Mais il y a plus grave : le règne du sandwich triangle. La pause déjeuner venue, j’ai observé mes collègues en train d’engouffrer des sandwiches à l’aspect douteux en me demandant comment faire bonne contenance. Pas de déjeuner en équipe ? Pas de pause déjeuner ? Mais où étais-je tombée ? Heureusement, mon « parrain », un Anglais d’origine pakistanaise, m’a prise en pitié et m’a emmenée chercher mon propre sandwich triangle à la gare toute proche. Etant donné que c’était mon premier jour, j’ai gardé pour moi ma diatribe toute prête en l’honneur de la baguette et vilipendant le sandwich triangle.

 

Parce que franchement, les images parlent d’elles-mêmes, non ?

Mais le clou, c’est lorsqu’il en a profité pour me démontrer par A + B que je ferais mieux de filer ma démission au plus vite, parce que SuperConseil ne lui inspire qu’un super mépris, et qu’il est beaucoup trop bien pour cette boîte. Et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, c’est ce qu’il compte faire lui aussi. Très bientôt.

– Mais pour toi, c’est plus simple : profites-en tant que tu es en période d’essai, ajoute-t-il, notant sans doute ma perplexité devant ses conseils avisés.

 Ca, c’est de l’accueil chaleureux.

Pourtant, à l’issue de cette première journée, je trouve moult raisons d’être optimiste. Ne serait-ce que par comparaison. En effet, contrairement à mes emplois précédents :

  1. Les bureaux sont en plein centre-ville, et non pas à l’arrêt de bus « Cimetière municipal » avec panorama à l’avenant (véridique)
  2. Il y a plus d’un homme pour dix femmes… et ils sont même plutôt mignons. Le monde du marketing ne va pas me manquer.
  3. A 17 heures 30, tout le monde était parti, ou presque. Je sens que ça aussi, ca va me changer des soirées parisiennes où je rentrais tellement tard du boulot que j’aurais presque pu aller me coucher sans dîner. J’ai bien dit presque, la dernière fois que j’ai sauté un repas, c’était en 1997.
  4. Je l’ai dit, qu’à 17h30, tout le monde était parti ?

Le bilan étant fait, passons au bilan du bilan : d’un côté, un « parrain » qui semble déterminé à faire fuir les nouvelles recrues ; de l’autre, des collègues mignons, des locaux sympas et des journées plutôt courtes. Je devrais y trouver mon compte.

PS : la fameuse photo à venir ce n’importe quoi Friday !
PPS : pour les nouveaux-venus sur ce blog, petit rappel, ceci est un flash-back ! Heureusement qu’on ne vit pas des premières journées de boulot tous les jours…