Les Anglais et la nature

Après l’impertinente chronique d’un trajet en bus, j’ai récemment rédigé une nouvelle chronique pour le magazine Ici Londres. J’ai même réussi à tenir dans les clous : 1 800 signes, et pas un de plus. Pour ce petit billet d’humeur, j’ai choisi de parler du rapport de nos chers Anglais à la campagne, les chiens, les barbecues… bref, l’art de vivre à la britannique.

 

Les Anglais et la nature, c’est une histoire d’amour qui remonte à loin, très loin : au XVIIIème siècle, déjà (et sûrement bien avant), les lords n’avaient qu’une idée en tête, passer la majeure partie de l’année dans leur manoir et loin de la pollution londonienne.

Aujourd’hui, les choses ne sont pas très différentes, sauf que – malheureusement ? – les rentiers ne sont plus légion. Contraint de travailler, l’Anglais moyen est généralement prêt à « commuter » deux, trois, voire quatre heures par jour (entendre : rester debout à humer les aisselles plus ou moins malodorantes de ses voisins aspirants ruraux dans un bus, puis un Tube, et enfin un train)… tout cela pour respirer l’air frais de la campagne.

Mais, tel un amoureux en quête de prétextes pour passer du temps avec sa dulcinée, l’Anglais a toujours une idée d’activité alfresco – expression marketing galvaudée s’il en est, mais qui fait rêver les Anglais. Et heureusement, le temps s’y prête toujours. Si, si. Démonstration :

« Oh, il ne pleut pas ! Et si on emportait du vin et des chips pour un pique-nique alfresco (cf. ci-dessus) ? »

« Oh, il ne pleut presque plus ! Et si on enfilait nos impers et nos bottes pour une bonne marche vivifiante (avec le chien qui va avec bien sûr, amour de la nature oblige) ?

« Oh, il fait bon ce soir (il fait dix degrés à tout casser), heureusement qu’il reste une table dehors !

« Oh, il fait beau aujourd’hui (peut-être, mais il fait toujours dix degrés) ! Et si on faisait un barbecue géant (l’autre mot préféré des Anglais avec alfresco) ? »

« Oh, il fait beau aujourd’hui (et il fait vingt-cinq degrés) ! Et si on allait à la plage ? »

Ben oui, s’il fait beau ET chaud, sauf erreur, c’est que l’Anglais est… aux Canaries.

et encore un très très chouette dessin de Lili Bé !