Le pire voyage de noces de l’histoire de l’humanité (4/4) : home sweet home !

Jour 17

Enième voyage en avion – ou plutôt, dans un coucou aux huit sièges plus ou moins branlants. Je me cramponne à Prince en essayant de penser à autre chose – pas à mon mascara, j’ai fait une croix dessus, mais par exemple au sympathique dessin animé que nous avons regardé hier soir à l’hôtel (oui, nous passons de folles soirées). Je ne comprends pas trop l’espagnol, mais à en juger par les images relativement explicites, ça racontait l’histoire du gentil Chavez qui défend le Venezuela et son pétrole bon marché contre le méchant George Bush. Quelle belle histoire.

Jour 18

Les Caraïbes, c’est magnifique. Il fait beau. Et chaud. Et humide. Prince, rouge, trempé de sueur et le regard perdu, se tortille sur son coin de serviette. Il soupire, semble hésiter, et finit par me lancer :

- Tu crois qu’on devrait changer nos billets et rentrer plus tôt ?
- A Londres ? Où il pleut ? Où il fait froid ? Où on n’a pas non plus nos valises ?
- Euh, oui…
- Avec grand plaisir !

Trente minutes de marche plus tard, et 10 dollars en moins (connexion Internet par satellite oblige), Air France est formel : nous sommes condamnés à demeurer sur notre île paradisiaque deux jours de plus.

Jour 18-19

Prince et moi restons enfermés dans notre chambre à lire « Les piliers de la terre » en signe de protestation.

Jour 20

Enfin à l’aéroport. Je veille à me tenir à distance des toilettes (voir le billet précédent). Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines : à l’enregistrement, l’hôtesse nous informe que le Venezuela n’en a pas fini avec nous. Nous sommes redevables d’une coquette somme poétiquement nommée « exit tax ». Oui, oui, un impôt pour QUITTER le pays. Payable en liquide uniquement. Et le seul distributeur de billets de l’aéroport est en panne.

Comment donc font les autres touristes ? Comme dans le film, sont-ils condamnés à croupir pour toujours à l’aéroport de Caracas ? Se reconvertissent-ils dans la prostitution et le trafic de drogue ? Est-ce eux qui hantent les toilettes de l’aéroport ? L’angoisse m’étreint. Enfin, quelqu’un prend pitié de nous, et nous indique une agence bancaire pourtant apparemment dédiée uniquement aux emprunts immobiliers, à en croire le panneau. A l’intérieur, pas un seul touriste, mais une bonne douzaine de Vénézuéliens qui, pour une raison qui m’échappe, sont venus à l’aéroport (re)négocier leur emprunt immobilier. Nous manquons rater notre vol. Ratons le salon spécial classe Affaires et ses pommes gracieusement offertes. Mais payons notre ultime tribut au Venezuela.

Jour 21

De retour à Londres. Il pleut. Il fait froid. C’est bon d’être à la maison.

La demande en mariage, le mariage, le voyage de noces, c’est (enfin ?!) fini. Au prochain épisode, chers lecteurs, Eva in London vous propose de l’accompagner dans un saut spatio-temporel d’un an et demi… accrochez vos ceintures !

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Le pire voyage de noces de l’histoire de l’humanité (3/4) : comment éviter de se faire kidnapper, et autres leçons de vie

Jour 1

Après la crise d’hystérie d’Eva in London légère déception qu’Alitalia n’ait pas jugé bon de transférer nos bagages sur le même vol que nous, Prince et moi tentons de faire bonne figure devant l’agent de voyage venu nous chercher à l’aéroport.

- Bonjour ! Bienvenue au Venezuela ! J’espère que vous avez fait bon voyage ?

Prince s’abstient de se lancer dans une longue diatribe contre la soi-disant classe Affaires d’Alitalia, avec son repas en papier mâché, ses écrans cassés et ses sièges non inclinables. Impassible, il se contente de hocher la tête, tandis que j’admire son self-control. Peut-être qu’à force de vivre en Angleterre, le flegme britannique déteint-il sur lui ? m’interrogé-je.

Pendant que, éperdue d’amour et d’admiration, je contemple mon mari tout neuf, l’agent de voyage poursuit :

- Bon, je ne sais pas si vous avez besoin d’aller aux toilettes…
- Euh…
- … mais je vous déconseille vivement d’utiliser celles de l’aéroport. Elles sont généralement fréquentées par, au mieux (?) des prostituées, et, au pire (?), des dealers.

Silence consterné.

- Non ? Ca va aller ? Alors, je vous propose d’aller directement à la voiture. En revanche, il va falloir se dépêcher de traverser le parking, parce que les touristes s’y font souvent enlever. Tiens, pas plus tard que la semaine dernière, on a même entendu des coups de feu.

Je sens qu’on va se plaire, ici.

Jour 3

C’est merveilleux. A peine 72 heures de voyage de noces au compteur, et je connais déjà mieux mon mari. En vrac :

- Prince ne supporte ni la chaleur, ni l’humidité. C’est dommage que notre séjour se déroule essentiellement dans des lieux chauds et humides.

- Prince a beau être calme, quand Alitalia ne décroche pas au 27ème appel et qu’on paie 1,50$ par appel, il lui arrive de jurer en hongrois. Ca donne quelque chose du genre « Kourva-knoedle-kourva ! ». Très sexy.

- Prince est courageux. Quand un chauffeur de taxi envoyé par l’hôtel s’arrête en pleine route et en pleine nuit, nous laissant seuls et plus que perplexes, Prince ne tremble (presque) pas. Mais affiche tout de même un large sourire soulagé lorsque, au lieu de ramener trois potes baraqués et ayant l’habitude du kidnapping de touristes, notre chauffeur revient tout simplement une canette de Coca à la main.

Jour 8

C’est officiel : Prince et moi sommes de vrais aventuriers.

- On traverse une cascade, une vraie de vraie. Bon, on n’a pas de photos pour le prouver, parce que notre guide a eu beau nous assurer « Bien sûr que vous devriez emporter votre appareil photo, du moment qu’il se trouve dans un sac en plastique, y aura pas de problème ! », ben en fait, si, y a problème, parce que notre appareil photo ne semble pas réussir à se remettre de la douche géante qu’on lui a infligée.

- On voit un serpent, même qu’il est gros et qu’il a l’air très dangereux. Le personnel de l’hôtel ayant l’air du même avis, nous leur laissons le soin de le tuer – prudence est mère de sûreté, ou, comme disent les Anglais, better safe than sorry.

- Prince fait l’aventurier-trader en partant à la recherche, non de l’arche perdue, mais du marché noir le plus avantageux : ici, le dollar se change quasi exclusivement dans l’illégalité. Nous sommes pris d’un délicieux frisson de transgression.

- En allant voir les plus hautes chutes d’eau du monde, Prince glisse sur un rocher – je le vois glisser sur un rocher – j’ai un flash dans lequel je me vois en train de pousser son fauteuil roulant le reste de ma vie – je me précipite vers lui – il n’a qu’une vilaine égratignure –  le soir venu, je me blottis dans le hamac contre mon Indiana Jones à moi (qui trébuche à la moindre goutte de pluie, mais que j’aime quand même).

- Seuls au monde (ou presque, heureusement que le guide est là, parce que sinon on serait seuls au monde mais surtout perdus), nous remontons à la nage une rivière (on est des vrais aventuriers ou pas ?!) et parvenons à un magnifique canyon, éblouissant de verdure, de soleil et d’eau cristalline.

- On n’a pas retrouvé nos bagages, mais finalement, porter les mêmes vêtements trois jours de suite, les laver sommairement (la cascade fait très bien l’affaire), les sécher au soleil tels de vrais Robinsons, et les remettre malgré la distincte odeur d’algue qui s’en dégage, c’est pas si terrible que ça.

Jour 12

C’est officiel : Prince et moi, on n’est pas des aventuriers.
Je veux mes vêtements. Mon mascara. Et une machine à laver.

Jour 15

Je veux rentrer à la maison. Et à défaut, je veux ma valise. Qui, aux dernières nouvelles (toujours facturées 1,50$ l’appel + 1$ la minute), se plaît bien à Rome.

Dans le prochain (et dernier, même qu’il est déjà écrit, si si !) épisode, comment Prince et Eva in London ont failli passer le restant de leurs jours à se prostituer et vendre de la drogue à l’aéroport de Caracas. La City et la blogosphère l’ont échappé belle.

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Il est né le divin enfant… et il a la dalle (ou pourquoi votre bébé vous réveille la nuit, toutes les nuits)

Depuis un mois, nuit après nuit, MiniPrincesse, votre bébé de cinq mois dont vous vous annonciez, l’air supérieur, qu’elle faisait ses nuits depuis la sortie de la maternité, vous réveille toutes les trois heures en pleurant. Ca, c’est mal. Heureusement, tout le monde sait mieux pourquoi que vous (la mère qui ne sait même plus comment elle s’appelle tellement elle a les yeux qui se ferment) :

- Elle a faim. Tu devrais commencer la diversification. De mon temps, on débutait à deux mois, tu sais. A son âge, elle devrait déjà manger des légumes / des yaourts / du confit de canard… (votre grand-mère)

- Elle a faim. Ne commencez surtout pas la diversification, mère indigne ! Ne savez-vous pas que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) vous enjoint à attendre les six mois révolus de l’enfant (et clairement, pas une seconde de moins) au risque de mettre en péril sa santé et son avenir ? (la health visitor, version anglaise de l’envoyé du diable la puéricultrice, au rôle plus que controversé)

- Elle a soif. Il fait trop chaud, ici, c’est insupportable (tante Amélie , de passage chez vous. Vous vous jurez de ne plus la réinviter à Londres jusqu’aux 18 ans de MiniPrincesse)

- Elle a faim. Tu es sûre que tu as assez de lait ? (14 personnes, dont aucune n’a allaité)

- Ca doit être autre chose que la faim. L’avez-vous emmenée chez le médecin pour vérifier qu’elle n’avait pas d’otite ? (une autre health visitor)

- Elle manque de temps avec son papa et ne trouve donc rien de mieux à faire que de se réveiller pour le voir un peu, la pauvre. Tu devrais dire à Prince qu’il y a autre chose que les bonus de traders, dans la vie (votre marraine psychanalyste et troskiste)

- Elle manque de câlins. Prends-la plus souvent dans tes bras, cette petite ! (votre meilleure amie, qui continue de se lever entre 4 et 8 fois par nuit pour offrir  à sa fille de 3 ans son quota de câlins).

- Tu la gâtes trop. Moi, tu sais, j’ai laissé le mien pleurer. Au bout de trois nuits à s’égosiller, il a vite compris (une vague connaissance dont vous vous jurez de ne point vous rapprocher)

- Elle fait un pic de croissance (une jeune maman rencontrée au parc, qui n’a pas l’air de réaliser que la vie de MiniPrincesse n’est qu’un long pic de croissance)

- Il en dit quoi, le pédiatre ? (tous les Français que vous connaissez ; les Français expatriés en Angleterre savent eux depuis belle lurette que le pédiatre, il n’en dit rien du tout, des nuits des bébés : il ne consulte qu’à l’hôpital, et sur référence d’un généraliste se déclarant incompétent devant les cas techniques)

- Elle fait ses dents. Donnez-lui du paracétamol, en veux-tu en voilà (le pédiatre généraliste – consulté pour vérifier l’absence d’otite de MiniPrincesse)

- Elle fait ses dents. Ne lui donnez surtout pas de paracétamol, malheureuse ! Ne savez-vous pas que des études très sérieuses (commissionnées par l’OMS ?!) ont démontré qu’un pourcentage inquiétant d’enfants sont aujourd’hui accros au paracétamol, tout ça parce que leurs parents envisageaient de se défénestrer à l’idée d’une nouvelle nuit sans sommeil avaient la flemme de réconforter leur enfant qui souffre ? (la health visitor, encore et toujours ; une vraie perle, je vous dis)

Cela dit, chers lecteurs, si vous avez des suggestions… ;)

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Le pire voyage de noces de l’histoire (2) : comment looser avant même d’être arrivés

J12 du voyage de noces

Si Prince et moi sommes en train de nous traîner sous le soleil des plombs des Caraïbes pour parvenir au seul café Internet de l’île, prêts à payer 10 € la connexion de 10 minutes pour modifier nos billets d’avion et rentrer trois jours plus tôt à Londres, c’est que tout ne s’est pas tout à fait passé comme nous l’espérions.  Sur le moment, je ne comprends pas bien comment on en était arrivés là. Trois ans et demi après, je tiens mon explication : on n’a rien fait comme les gens normaux. La preuve point par point :

J – 200 : le choix de la destination de voyage de noces

- Les gens normaux se demandent où ils ont envie d’aller. Normal.

- Après avoir passé au peigne fin de la critique les 194 pays du monde, nous choisissons notre destination en fonction des disponibilités de billets prime Air France en classe Affaires. Pas normal (et en tout cas pas simple).

Le matin du départ

- Les gens normaux courent dans tous les sens pour boucler les valises, passent à la pharmacie faire des stocks de crème solaire, et arrivent à l’aéroport avec 2 heures d’avance, « parce que ça serait trop dommage de rater le vol quand même ». Normal.

- Prince et Eva in London courent dans tous les sens pour caler un rendez-vous de médecin pour Eva in London qui n’est plus en état de marcher (je vous passe les détails peu ragoûtants), passent à la pharmacie faire des stocks de médicaments disponibles uniquement sur ordonnance, et arrivent à l’aéroport 2 minutes avant la fermeture du vol, « parce qu’il y avait la queue à la pharmacie ». Pas normal (et en tout cas pas malin).

L’escale

- Les gens normaux ont pris soin de choisir un vol direct. Ou, au contraire, ils profitent de leur correspondance pour découvrir ce que le pays a de mieux à leur offrir . A eux, la pause shopping à Dubaï, le massage thaïlandais à Bangkok ou le hamburger-frites-milkshake à Philadelphie.

- Nous avons pris soin de renoncer à Air France – y avait plus de place en classe affaires – pour nous rabattre sur Alitalia – oui oui, la compagnie aérienne au bord de la faillite. Nous en sommes donc quittes pour une escale dans la magnifique ville de Rome. Où nous découvrons ce que le pays a de mieux à nous offrir : à nous, le Colisée le salon réservé aux voyageurs d’affaires et aux guignols en goguette, comme nous. Le « salon » comprend en tout et pour tout une dizaine de tables en formica et une pyramide de pommes d’une fraîcheur douteuse. Et deux carafes d’eau. Même la cantine de mon école primaire était plus accueillante. Pas normal (et en tout cas pas glamour).

La première nuit

- Un peu fatigués mais heureux, les jeunes mariés normaux s’affalent sur le lit de leur magnifique hôtel et batifolent / dorment / regardent la télé balinaise. Normal.

- Très fatigués et pas très heureux car toujours pas arrivés à destination, Eva in London et Prince s’affalent sur le lit de leur hôtel 4 étoiles à Rome. Découvrent qu’il n’y a pas d’eau chaude pour se doucher (“Ah non, il n’y en aura pas avant demain matin, Monsieur, désolé, le plombier dort”) et qu’ils ont oublié leurs affaires de toilette ET le stock de médicaments dans les valises théoriquement déjà en route pour Caracas. Vont se coucher pas lavés et pas soignés. Pas normal (et en tout cas pas plaisant).

Arrivée à l’aéroport

- Les jeunes mariés normaux attendent leurs valises en s’embrassant aussi langoureusement que le leur permet leur destination (un romantisme plutôt bien vu en Italie ; moins bien en Jordanie), les récupèrent sans problème et quittent l’aéroport le cœur léger, réalisant avec allégresse que leur voyage de noces commence enfin, et en beauté. Normal.

- Eva in London et Prince attendent leurs valises avec fébrilité, ne les récupèrent pas, se roulent par terre en pleurant (Eva in London : « Mes valises ! Mes médicaments ! Mon mascara ! ») ou tentent de calmer leur conjoint (Prince : « Ne t’inquiète pas, je suis sûr que nos bagages nous seront livrés très rapidement, et que ton mascara sera sain et sauf ». Faux). Nous quittons l’aéroport le cœur lourd, réalisant avec morosité que notre voyage de noces commence enfin, et en beauté. Pas normal (et en tout cas pas romantique).

Au prochain épisode, notre séjour aux Caraïbes, ou comment Prince a découvert qu’il n’aimait ni la chaleur, ni l’humidité, ni l’eau de mer. C’est ballot.

PS : Eva in London vous prie de bien vouloir ses plus plates excuses pour les trois semaines, deux jours et 53 minutes écoulés depuis le dernier billet. Un peu comme à la SNCF, ce retard est indépendant de  la volonté de l’auteur (mais très dépendant de celle de MiniPrincesse, qui, depuis un mois, ne semble rien avoir de mieux à faire la nuit que de se réveiller toutes les trois heures en hurlant à pleins poumons. Et après, on me dit que j’ai la maternité rayonnante).

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Le pire voyage de noces de l’histoire (1) : comment choisir sa destination de voyage de noces

12eme jour du voyage de noces de Prince et Eva in London – une île paradisiaque au beau milieu des Caraïbes

Prince et moi ne rêvons que d’une chose : rentrer à la maison. Oui, à Londres, où il pleut à coup sûr des cordes en cette mi-juillet. Voilà à quel point ce voyage de noces est désastreux. Prince et moi sommes pourtant des jeunes mariés comme les autres : nous aimons notre moitié toute neuve, paresser au soleil, et découvrir le vaste monde. Alors, comment en sommes-nous arrivés là ?

Tout a commencé avec cette conversation, il y a quelques mois :

- Chouchou ?
- Mmm ?
- Tu sais ce dont je rêve, pour notre voyage de noces ?
- Un périple bien roots, sac au dos, au fin fond de la Colombie ?

Cette discussion s’annonce mal.
- Pas tout à fait, non… je rêve de voyager en classe affaires.
- En classe affaires ?
- Mais oui, tu sais : embarquer quand on veut et pas seulement quand l’hôtesse appellera les rangées 40 à 45, tourner à gauche en entrant dans l’avion, déguster une coupe de champagne bon marché et ne pas la finir parce qu’il n’est pas très bon ce champagne, redemander une autre coupe une heure plus tard parce que quand même c’est gratuit et qu’on est en classe affaires après tout, étendre les jambes en pensant aux guignols coincés comme des sardines en classe éco, tout ça. C’est ça, mon rêve.

Froncement de sourcils de Prince.
- Mais… tu as envie de partir où ?

J’hésite quelques instants. Le bluff n’a jamais été mon fort.
- Ben… je ne sais pas. Mais je veux y aller en classe affaires.

Voilà qui ne simplifie pas la prise de décision, un point particulièrement sensible dans l’entité Couple formée par Eva in London et Prince. Paraît-il qu’à deux, on est plus forts. Lorsqu’il s’agit de faire des choix, Prince et moi, à deux, on est plus faibles. Perfectionnistes invétérés (oui, c’est un vrai défaut, et pas seulement un truc à sortir en entretien d’embauche quand on n’ose pas avouer son incapacité à tenir une deadline ou à communiquer avec son chef sans recourir à la violence verbale et/ou physique), perfectionnistes invétérés, donc, Prince et moi sommes tout bonnement incapables de prendre la moindre décision : quel plat cuisiné acheter pour le dîner de ce soir ? Comment s’occuper un samedi après-midi dans l’une des capitales les plus dynamiques du monde ? Tout nous pose problème.

Autant dire que choisir une destination parmi les 194 pays du monde relève pour nous de l’impossible (la liste suivante et les clichés associés n’engageant que leur inculte auteur) :

- L’Australie ? Trop loin : au bout de 10 jours de vacances, grand maximum, Prince ne rêve que de retourner faire le banquier à la City.
- La Corse ? Trop près. Le ferry, ça manque de glamour comme moyen de transport.
- Le Pérou ? Y a pas de plage. En tout cas, pas de belle plage sur laquelle lézarder pendant des heures (comme nous le verrons par la suite, ceci était un faux problème…).
- Les Seychelles ? Y a que de la plage. Comment on va s’occuper, au bout de 2 jours, quand on aura fini de débriefer sur le mariage et qu’on n’aura plus rien à se dire ?
- L’Islande ? Trop froid. Je n’ai pas perdu six kilos pour laisser passer l’occasion de m’exhiber en maillot de bain.
- Le Maroc ? Trop chaud. Il faut qu’il me reste un minimum d’énergie pour parader dans le sus-dit cher et trop petit maillot de bain.
- La Norvège ? Trop cher. Prince a beau être banquier, payer mon croissant au prix du diamant, ça me bloque.
- L’Ouzbékistan ? Trop roots. C’est un voyage de noces, quand même, pas un trek UCPA.

Bref, au bout de plusieurs heures passées à examiner attentivement la carte du monde – apprenant ainsi au passage à situer, même temporairement, d’obscures destinations telles que le Guatemala ou Zanzibar – Prince et moi parvenons à trois conclusions :

  1. Conclusion n°1 : notre brief est simple. De la plage mais pas seulement parce qu’on n’est pas des larves, de la culture pour rentrer moins bêtes mais pas trop parce qu’on est là pour se reposer, du soleil mais pas trop parce que Prince n’aime pas la chaleur, loin mais pas à l’autre bout du monde non plus parce que c’est fatigant. Ah, et qu’il reste de la place en classe Affaires avec les miles que j’ai accumulées dans mon job précédent.
  2. Conclusion n°2 : aucun pays au monde ne répond à nos critères drastiques.
  3. Comme diraient Marshall et Ted dans la série How I met your mother, nous décidons de ne rien décider : « Let future Eva and future Prince deal with it » (laissons ça à future Eva et futur Prince), tel est notre nouveau slogan de futurs jeunes mariés.

Dans le prochain épisode, nous verrons comment j’en suis arrivée à me rouler par terre en pleurant à l’aéroport de Caracas (la capitale du Vénézuela, pour celles et ceux qui se poseraient la question).

Et vous, quelle est votre destination de rêve ?

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Comment faire une bonne action quand on est égoïste : le don du sang (2/2)

5h30, chambre à coucher de Prince et Eva in London (pour le début, c’est ici)

Réveillée par les adorables mais bruyants miaulements de MiniPrincesse, j’extirpe de sous le lit un enième magazine féminin dont je n’ai lu que la couverture – depuis la naissance de notre adorable mais bruyante fille, la phrase la plus longue que j’ai réussi à lire, c’est « Belle en moins de 10 minutes ! ». Les errements de l’euro ? Beaucoup trop longs à suivre.

En feuilletant mon magazine, je tombe sur une chronique intitulée « The happiness project », ou « le projet bonheur » (OK, j’aurais sans doute pu trouver plus idiomatique comme traduction, mais il est 5h30 du matin). J’ai oublié de préciser qu’il s’agit d’une revue américaine : au pays du développement personnel, être heureux me semble parfois avoir été érigé en devoir citoyen inscrit dans la Constitution. Après vérification, il s’avère que “la vie, la liberté et la recherche du bonheur” font bien partie des droits des Américains, d’après la Déclaration d’indépendance)… Et parfois, les ménagères de moins de 50 ans ont besoin d’un petit rappel entre deux virées shopping : d’où la chronique du « projet bonheur ».

Dans ce numéro, l’auteur vante les mérites du bénévolat. « Parce que quoi qu’en disent les gourous du développement personnel, l’estime de soi ne vient pas en vous entendant dire à chaque coin de rue à quel point vous êtes extraordinaire, ni même en vous le répétant devant votre glace à longueur de journée, mais tout simplement en accomplissant des choses qui vous rendent fier de vous ».

Ajoutez à cela le fait que les bénévoles sont en meilleure santé, vivent plus longtemps et sont plus heureux que les autres (l’auteur rappelle que les philosophes grecs, déjà, nous avaient enseigné que ce sont les relations sociales qui font le bonheur ; les pontes du self-help n’ont rien inventé) ; la démonstration est faite.

Mon expérience du bénévolat se limite à une catastrophique séance d’alphabétisation, au bout de laquelle la responsable de la Fondation de France m’avait prise à part pour m’expliquer que ce genre de choses ne s’improvisait pas et que j’allais quand même devoir me former un minimum. Moyennant quoi, j’ai laissé tomber, et comme Prince se plaît à me le rappeler régulièrement, c’est sans doute de ma faute si un orphelin de 16 ans traîne aujourd’hui dans les rues d’une grise banlieue parisienne, analphabète et toxicomane.

L’auteur, elle, est bénévole à la très prestigieuse New York Public Library. Pour ceux qui ne sont pas aussi snobs intellos, elle invite les lecteurs à donner leur sang et/ou leurs plaquettes ; un geste simple, qui prend peu de temps et dont on est sûr qu’il sauvera la vie à quelqu’un. Une bonne action à la rentabilité assurée : intéressant. Je découvre cependant qu’en tant que jeune maman, la NHS ne m’autorise pas à donner mon sang. Pas de problème : j’ai un donneur tout trouvé.

- Tu dors ?
Prince marmonne :
- Mmm. Qu’est-ce qu’il y a, encore ? Je viens à peine de me rendormir (sic).
- Ca te dirait de donner ton sang ?
- Si tu me laisses dormir, je ferai tout ce que tu veux, et plus encore.
- Génial. Il y a un centre de don du sang à dix minutes d’ici. Je t’ai déjà pris rendez-vous.

Un peu de bluff, ça ne coûte rien.

Donner son sang, ça ne coûte rien non plus :
- plus d’infos pour donner son sang en Angleterre
14/11 : we always need all types, but at the moment we particularly need O- B- and AB- donations
- plus d’infos pour donner son sang en France :
14/11 : réserves de sang très fragiles : l’Etablissement Français du Sang appelle à une forte mobilisation des donneurs.
La fin d’année 2011 s’annonce particulièrement difficile pour l’EFS, tant la consommation des malades en produits sanguins est soutenue. Nous devons nous mobiliser, donnons notre sang !

PS : et la gagnante du concours est… Carine ! Je te fais parvenir ton panier gourmand (assez) rapidement.

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Si vous voulez bien manger en Angleterre… (ou comment fêter son 101ème article quand on a oublié de fêter le 100ème)

… prenez trois petits déjeuners !

Ce n’est pas moi qui le dit, mais un vrai Anglais, Somerset Maugham.

Alors voilà, moi j’aime beaucoup faire du mauvais esprit, mais force m’est de reconnaître que ce cliché est de moins en moins vrai. Oui, on peut bien manger en Angleterre et a fortiori à Londres. Morceaux gastronomiques choisis (cliquez sur l’image pour l’agrandir) :

Et pour vous en faire la démonstration, mais surtout fêter mon 101ème article (ben oui, j’aurais pu fêter le 100ème, mais j’ai pas fait attention), je vous propose un CONCOURS – les majuscules ayant pour but de retranscrire un peu de l’excitation qui me gagne à cette seule idée.

Pour gagner un panier gastronomique de spécialités anglaises (pas encore acheté, mais j’ai plein plein d’idées, des scones, des oat cakes, des Christmas puddings, et en tout cas pas de Marmite hein, sauf goûts douteux du ou de la gagnant(e)), rien de plus simple :

Laissez un commentaire (ça me fera plaisir) indiquant ce que vous préférez chez les Anglais (ça me fera rire) ou à Londres (ça me fera voyager, maintenant que je ne sors plus de chez moi qu’en poussette et dans un rayon de 500 mètres autour de la maison).

L’ironie est non seulement acceptée mais conseillée. La mauvaise foi aussi. Mais si vous aimez vraiment les Anglais et/ou Londres, on prend aussi.

Je choisirai au hasard (sic) un commentaire parmi ceux déposés entre aujourd’hui 9 novembre et samedi 12 novembre. L’heureux gagnant se verra envoyer un magnifique, sublime, gigantesque (j’en fais trop, là ?) panier gastronomique.

C’est comme ça qu’on fait dans les vrais concours ?

Bref. Merci encore de votre fidélité.

C’est à vous, chers lecteurs !

Publié dans De tout et de rien, Les impertinentes tribulations d'une Française à Londres (le passé, quoi), Les non moins impertinents billets d'humeur (au présent), Manger à Londres | Tagué , , , , , , , , , , , , , , | 51 Commentaires

Comment faire une bonne action quand on est égoïste : le don du sang (1/2)

Petit rappel aux lecteurs égarés : ce blog est en différé ! Oui, j’en suis encore à raconter notre voyage de noces il y a trois ans et demi, mais l’envie m’a pris de vous raconter ce petit morceau de notre vie de jeunes parents.

Hier soir, 00h30, la chambre à coucher de Prince et Eva in London

Dans la chambre voisine, MiniPrincesse, notre fille de quatre mois, dort paisiblement. Prince aussi. Et moi, au lieu de savourer cet inespéré moment de paix, je rumine. Heureusement, je connais un remède imparable en cas d’insomnie :

- Tu dors ?

Malgré le coup de coude que je viens de lui décocher, Prince dort toujours.

Je répète soigneusement, mais un peu plus fort, la combinaison coup-de-coude-donné-presque-sans-faire-exprès-et-tendre-murmure.
- Tu dors, mon chéri ?
- Mmm… oui. Tout juste.
- Je n’arrive pas à dormir.

Prince se retourne et soupire.
- Il paraît que quand on a un enfant, il faut s’habituer à dormir tout en sachant qu’on peut être réveillé à tout instant. Mais moi, ça ne m’a pas tellement changé : ça fait huit ans que je dois vivre avec quelqu’un qui me réveille tout le temps sans raison.
- Tu exagères. Déjà, je fais mes nuits ; et en plus, tu n’as même pas besoin de me donner à manger à chaque fois que je réveille. Et là, j’ai une bonne raison.
- A savoir ?

J’inspire un grand coup et débite d’une seule traite :

- J’ai peur de ne pas trouver d’école publique pour Mini Princesse et vu que je veux 4 enfants et toi non mais si on en fait 4 quand même parce qu’après tout c’est moi qui les porterai eh bien ça fait 10 000 livres l’année x 4 enfants x 7 ans rien que pour le primaire ça fait euh euh euh attends mon cerveau ne répond plus depuis que je suis tombée enceinte bref ça fait beaucoup d’argent et puis même si on trouve une école dans 4 ans il faut qu’on trouve un mode de garde là tout de suite et il faut qu’on trouve une Hongroise pour parler ta langue bizarre à notre enfant mais je n’en connais pas de Hongroise jeune compétente mais moche pour que tu ne partes pas avec elle et puis elle ne s’occupera pas aussi bien de MiniPrincesse que moi et puis il faut qu’on achète une maison mais en Angleterre les prix de l’immobilier sont délirants et puis il y a toujours le problème des écoles et puis il faudrait que je trouve un travail mais j’ai beau tout envisager kiné psy pâtissière wedding planner consultante en n’importe quoi y a rien qui fait tilt et puis j’ai peur que tu me quittes si je continue à te parler du contenu des couches de ta fille et à t’engueuler dès que tu oses prononcer un mot et puis…

A ce stade, je suis bien obligée de reprendre mon souffle. Et de constater que Prince s’est paisiblement rendormi.

57 minutes de monologue silencieux plus tard, je l’imite.

A suivre…

PS : à la demande de Tina, voici une photo pour me faire mousser un peu. Peut-être que si Prince me laisse encore le réveiller la nuit, c’est grâce à l’engagement qu’il a pris ce jour-là… ou tout bonnement l’espoir qu’un jour son épouse ressemble à nouveau à ça :

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Pour le meilleur et pour le pire

9h30, le lendemain du mariage.

Scrogneugneugneu.

Je me réveille avec un mal de tête lancinant. De trois choses l’une : soit j’ai beaucoup trop bu hier, soit j’ai dormi trois heures, soit je me suis mariée. Chacune de ces choses suffirait à me coller un bon mal de crâne. La conjonction des trois, c’est l’apocalypse dans mon cerveau. Normalement, je déciderais de me rendormir illico, mais si je me suis mariée hier, j’imagine qu’aujourd’hui c’est le lendemain du mariage et donc le « brunch ». Ou l’occasion pour tous les invités – donc tous les gens que j’aime et dont j’avais envie qu’ils soient à mes côtés pour le-plus-beau-jour-de-ma-vie, mais aussi, ne nous leurrons pas, la cousine Amélie qui ne manque jamais de me demander si j’ai encore grossi « ou si c’est juste ta robe, tu sais les bustiers ce n’est pas très flatteur quand on a la taille mal dessinée », et autres âmes mal intentionnées – le brunch est donc l’occasion pour la mariée de se soumettre à une sorte de terrible  ”avant / après” à l’envers. Un peu comme si Prince rencontrait Cendrillon version princesse, la ramenait chez lui tout content, et se réveillait à côté d’une souillon mal fagotée.

Je m’explique.

Avant, c’est le jour J : la mariée est parfaitement habillée (oui, même si son bustier lui tombe des hanches à force de vouloir maigrir et qu’elle n’a pour ainsi dire plus de taille à souligner), parfaitement maquillée (puisqu’elle a finalement remis la main sur la maquilleuse en goguette) et parfaitement coiffée. Dans mon cas, donc : méconnaissable.

Après, c’est le brunch du lendemain :

- non seulement la tenue de la mariée n’a pas coûté un mois de salaire, mais elle est maculée de taches douteuses : « J’aurais vraiment dû faire attention et ne pas manger de chocolat en rentrant hier soir… pas grave, je n’ai qu’à la nettoyer un peu. Zut, j’en ai étalé partout. Tant pis »

- elle a dû se maquiller toute seule, reproduisant ainsi le même maquillage que depuis ses 16 ans (en moins bien) : « J’aurais vraiment dû me démaquiller hier soir… pas grave, je n’ai qu’à remettre du mascara directement, ni vu ni connu. Zut, ça a coulé ! Tant pis »

- et renoncer à démêler le nid d’oiseau qu’est mystérieusement devenue sa coiffure pendant la courte nuit de noces : « J’aurais vraiment dû me passer la brosse dans les cheveux hier soir… pas grave, je n’ai qu’à en faire un chignon faussement négligé. Zut, c’est juste négligé. Tant pis »

Est-ce pour montrer au marié que « pour le meilleur et pour le pire », ça veut dire que le pire  commence dès le lendemain du mariage ? Toujours est-il qu’en me réveillant, je vois immédiatement la cousine Amélie me faire remarquer que « c’est fou ce qu’un maquillage professionnel peut couvrir comme imperfections, mais en fait tu as toujours beaucoup d’acné. Je connais un excellent dermatologue, si tu veux ».

Je me rendors.

Midi, toujours le lendemain du mariage.

Prince ronfle toujours à côté de moi. Je le dévisage, donc débordante d’amour pour mon mari tout neuf.
Damned ! Lui a exactement la même tête qu’hier. Personne ne risque de faire des gorges chaudes à son sujet. C’est vraiment injuste.
Re-damned ! Il est MIDI ? Les invitations précisaient que les festivités autour de mon absence de maquillage et de coiffure commenceraient à 11 heures ! Quel excès d’optimisme. Et le brunch, comme le dîner, a lieu chez mes parents ; ceux-ci nous ont donc explicitement d’être là à l’heure dite. Il y a une heure. Je secoue Prince.

- Mmm ? C’est à quel sujet ?
- Réveille-toi !
Prince me sourit d’un air narquois.
- Tu veux consommer la nuit de noces ?
(Si vous connaissez un couple de jeunes mariés qui, après avoir fait des sourires crispés pendant 12 heures, a trouvé l’énergie de faire autre chose que s’effondrer sur le lit, faites-le moi savoir)
- Réveille-toi, triple buse (il n’est jamais trop tôt pour les petits noms affectueux) ! Il est MIDI !

Lorsque, penauds, nous arrivons enfin sur place, les premiers invités sont déjà partis. Y compris la cousine Amélie. C’est toujours ça de pris.

PS : ceci est le premier article que je rédige depuis qu’on m’a retiré le cerveau la naissance de MiniPrincesse. Un peu d’indulgence sera la bienvenue, chers lecteurs !

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14 erreurs à ne pas commettre si vous voulez pouvoir tenir debout le jour de votre mariage (2/2)

7. Laisser libre cours à l’imagination de trois « maquilleuses » avant de vous rendre à l’évidence : ce n’est pas parce qu’on est dans les Pages Jaunes qu’on sait faire son travail.

8. Pire : désespérée, errer chez Sephora en envisageant de vous maquiller vous-même, et ce bien que vous portiez le même maquillage depuis vos 16 ans et demi (oui, j’ai commencé tard – à peu près au moment où les garçons ont arrêté de me surnommer Jackson Five, rapport à la coiffure). Vous y faire maquiller de manière tellement réussie – surtout par rapport aux tagueuses rencontrées auparavant – que vous la persuadez, en dépit de son contrat de travail qui l’interdit strictement, de faire 60 km pour venir vous maquiller le jour J… tout cela pour, la veille, vous transformer en Columbo car elle a tout simplement disparu de la circulation (« Solange ? Ben, désolée Madame, elle est malade depuis quelques jours… c’est à quel sujet ? »).

9. Lorsque, deux jours avant le mariage, vous commencez à avoir de petits soucis de santé, les balayer d’un revers de la main en comptant sur l’adrénaline pour vous mener à bon port – c’est-à-dire survivre jusqu’à J+1.

10. Pire : réaliser votre erreur à 14h30 la veille du mariage : l’adrénaline doit vous faire défaut, parce que vous êtes à peine capable de marcher. Heureusement, vous pouvez compter sur vos familles et témoins assemblés dans une belle unité, et leur confiez – un peu gênée quand même – la liste des douze travaux d’Eva in London, dont certains aussi essentiels que « trouver des noms de table » (« vous prenez n’importe quels noms de villes de la Côte d’Azur et vous imprimez ça sur une feuille A4, ça fera parfaitement l’affaire »). Prince et vous vous retirez pour ce qui devait être une après-midi en amoureux – finalement, ce sera sieste pour Prince, et médecin pour vous. Avec ordonnance recto-verso, histoire de tenir debout à votre propre mariage.

11. Sous prétexte de faire dans l’originalité, et parce que la chanson parle d’une Eva qui pourchasse audacieusement un Prince un général, décréter que six semaines suffisent à apprendre le tango.

12. Pire : réaliser que, si Prince et vous n’avez jamais pratiqué la danse, ni ensemble ni séparément, c’est parce que vous êtes aussi nuls l’un que l’autre, et que vos deux séances hebdomadaires n’y changeront rien. Surtout lorsque, comme on l’a vu – vous n’arrivez déjà pas à marcher dans votre robe, alors danser le tango…

13. Penser faire preuve de maturité en vous disant que vous ne pouvez pas tout contrôler, dépriorisant ainsi : les chaussures (on a vu le résultat), les fleurs (idem) et la vidéo.

14. Pire : Réaliser votre erreur au retour du voyage de noces lorsque, bronzés et ravis d’être rentrés (à suivre : le récit du pire voyage de noces de l’histoire), Prince et vous vous retrouvez devant 1h30 de bruit de couverts (quelqu’un ayant cru bon d’enregistrer l’intégralité du dîner) mais pas le discours de vos témoins – vous comprendrez bien plus tard que « c’est ballot, y avait plus de batterie », comme vous le rapportera le cousin recruté à la dernière seconde pour filmer.

Devant tous ces écueils, Eva in London n’a qu’un conseil à vous offrir : bien choisir votre Prince / Princesse, afin de pouvoir rire de tout cela plutôt qu’en pleurer. Des années après, hein… parce la veille, vous l’aurez compris, je ne faisais pas la fière.

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