Impertinente chronique d’une expatriée en vacances

Gloups.

Croyez-le ou non, chers lecteurs, cela fera cette année neuf ans que j’ai quitté la France (NEUF ans ! « Oh là là ! » comme se plaisent à dire les Anglais chics)
Je fais partie de ces expatriés qui s’obstinent à dire qu’ils « rentrent » en France pour les vacances (plutôt que d’y « aller », indice d’une parfaite intégration) et à se défendent ardemment de toute anglophilie. Partis, mais pas complètement quand même.

Comme moi. Indécrottable chauvine j’étais, indécrottable chauvine je resterai.

Et pourtant.

A chaque séjour en France, j’ai un peu plus de mal à retrouver mes marques. Je suis bien « chez moi », et pourtant, c’est comme si la maison avait été un peu dérangée, et les meubles déplacés, en mon absence.  Comme si les choses ne correspondaient plus à l’idée que je m’en faisais. Une sensation qui me laisse troublée, contrariée et désolée à la fois.

Tout simplement suis-je sans doute partie depuis trop longtemps. Il y a des signes qui ne trompent pas. En effet, en vacances, l’expatrié parti-mais-pas-complètement-quand-même…

1.    Ronchonne de trouver les commerces fermés à 20h et le dimanche… mais s’extasie de pouvoir encore s’approvisionner auprès du boucher, du poissonnier et du maraîcher

2.    S’attable avec plaisir à la crêperie la plus populaire du coin… pour se faire accueillir d’un sec et sans appel «va falloir déplacer votre poussette Madame, et j’vous préviens, y’a 20 minutes d’attente, on a trop de monde ». Qu’à cela ne tienne, il quitte les lieux, histoire de faire de la place

Glace a la fraise pour enfants

On se console comme on peut

3.    Se réjouit de voir sa progéniture retrouver un français correct, voire idiomatique… avant de remarquer l’apparition rapide et non moins pernicieuse d’expressions telles que « ça va être compliqué », « bon courage » et autres « le problème, c’est que… ». De son côté, habitué à la familiarité anglo-saxonne, il réserve un bon bistrot au nom de « Patrick » (son prénom) pour s’y faire accueillir d’un sonore « Bonsoir, Monsieur Patrick ! »

4.    S’extasie devant les appétissants produits sur les étals du marché… avant de se faire admonester par le vendeur qui « ne prend pas la carte bleue Madame, mais il y a un distributeur à 10 minutes à pied en sortant du marché si vous voulez »

5.    S’indigne devant les chaotiques pseudo-queues qui poussent au vice, ou tout au moins à doubler furtivement ses voisins… et les imite illico sans vergogne

6.    Va quand même au supermarché pour se ravitailler en pinard, beurre demi-sel et autres saucissons, avant de se faire morigéner à la caisse car il a oublié de peser les fruits et légumes (finalement, c’est quand même plus simple de les acheter au supermarché, d’ailleurs le maraîcher était fermé entre midi et deux). Il tente de faire amende honorable en expliquant à la caissière et aux gens qui s’impatientent derrière lui que là où il habite, la pesée s’effectue en caisse. Avant de se raviser, sous les regards courroucés, et d’abandonner là ses fruits et légumes. De toute manière, avec tout ça, le maraîcher va bientôt rouvrir.

7.    S’agace à son tour lorsque « l’hôtesse de caisse » (apparemment c’est comme ça que ça se dit maintenant, il a eu tout le loisir d’examiner le badge) lui indique que « non, Monsieur, l’enseigne ne distribue plus de sacs plastiques depuis plusieurs années maintenant ». Il règle et s’éloigne en maugréant, les bras chargés de vin, de beurre et de saucisson.

8.    Optimiste comme un Anglais, il se félicite de n’avoir fait tomber que le saucisson, et pas la bouteille de pinard.

9.    Tout d’abord décontenancé de voir sa famille / ses amis passer l’essentiel de la journée à préparer les repas, et l’essentiel des repas à évoquer avec délices ce qu’on pourrait cuisiner au repas suivant, il prend vite le pli et enjoint à sa mère de lui mitonner le bœuf bourguignon / la blanquette de veau / le pot-au-feu de son enfance. Il fait 34 degrés à l’ombre ? Aucune importance, les souvenirs n’attendent pas.

10.    Béat d’admiration devant les majestueux paysages de montagne / splendides côtes bretonnes / paisibles clairières où s’ébattent ses enfants, il se prend à rêver du retour en France… avant que la réalité – sa maison, son travail qui l’attend, ses amis comme lui expatrié-partis-mais-pas-complètement qu’il a d’ailleurs retrouvés pour un dîner à l’île de Ré – ne se rappelle à lui. Le retour en France, ce sera pour un peu plus tard…

Vacances au soleil...

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J’veux du soleil

J’ai beau me poster consciencieusement tous les matins devant ma lampe de luminothérapie, je sens bien, depuis quelques semaines, que cela ne suffit plus. C’est décidé : il me faut DES VACANCES. 

Attention,  je ne parle pas d’un bête séjour au ski, mais de vraies vacances : au soleil ! 

Pour vous en convaincre, je vous propose cinq raisons de préférer la plage au ski cet hiver : 

  1. Plus sexy : question bronzage, la marque du maillot est quand même plus élégante que celle des lunettes de ski.
  2. Plus sûr : risque d’avalanche zéro, risque d’hypothermie quasi nul et risque de chute négligeable (à moins de se prendre les pieds dans sa serviette de bain, et encore, le sable est là pour amortir  le choc)
  3. Plus reposant : entre les chaussures qui font mal aux pieds et les skis super lourds à porter (mais dont il est difficile de se passer) pendant des heures pour faire la queue à un télésiège qui tombe en panne quand arrive enfin mon tour, j’ai toujours trouvé les vacances au ski épuisantes. Mais pas pour les bonnes raisons.
  4. Plus stratégique : n’en déplaise aux magazines féminins (« Plus qu’un mois avant le maillot ! »), mieux vaut éviter le régime tartiflette – chocolat chaud plutôt que de vérifier par soi-même qu’il fait des dégâts irréparables.
  5. Plus économique : OK, prendre l’avion pour la République Dominicaine revient un peu plus cher que s’entasser à cinq dans une Punto, direction Chamonix. Mais entre la location, le forfait, et les frites infectes et hors de prix au restaurant d’altitude, moi je dis : glander sur la plage, une fois qu’on y est, c’est gratuit.