Dix conseils pour réussir ses examens

Reprise des programmes !

Avant de repartir exactement de là où nous nous étions arrêtés (si, si, souvenez-vous, je levais le voile sur le mystère planant autour de son Altesse Sérénissime), je n’ai pas résisté à vous concocter un petit billet d’humeur pendant mes dix jours d’autarcie mes révisions :  dix conseils pour réussir ses examens, sur le mode « à faire… ou pas ». Une petite mise en bouche avant de passer aux choses sérieuses !

 

1. Rentrer chez Papa et Maman se faire bichonner un petit coup : « Pauvre choupette, quand tu auras fini tes révisions du matin, je t’ai préparé le ragoût de bœuf que tu adores, tu sais, celui qui mijote huit heures »

2. NE PAS leur avouer que vous avez en réalité consacré la matinée à relire vos vieux numéros de Cosmopolitan et Glamour. Comment en effet résister à des titres aussi aguicheurs que 2005, une année en or ! et Tout ce que vous devez savoir pour être à la pointe de la mode cet été (2003) » ?

 

3. Contre vents et marées, pratiquer l’optimisme à tout va : vous avez peut-être douze cours à réviser, mais l’un d’eux est extrêmement court. En rajouter sur les lacunes du système universitaire français : « De mon temps, les cours étaient quand même plus fournis que ça ! »

4. NE PAS attendre 48 heures avant l’examen du cours-super-facile-et-super-court en question pour réaliser qu’il était accompagné d’un polycopié supplémentaire de 50 pages, sur lequel portera bien sûr l’examen, « le chapitre du manuel étant nettement insuffisant au regard des connaissances exigées en troisième année de licence » (sic).

 

5. Prévoir de faire quelques sorties pour se changer les idées entre deux cours à réviser. Après tout, personne ne peut travailler d’arrache-pied sans discontinuer sans porter un sérieux préjudice à la qualité du résultat final.

6. NE PAS prévoir de réviser quelques cours dans le métro pour se changer les idées entre deux sorties. Après tout, personne ne peut sortir tous les midis, tous les soirs et passer ses après-midi chez l’esthéticienne / le coiffeur / l’ophtalmo pour le rendez-vous annuel, « parce qu’après tout il faut que j’en profite tant que je suis à Paris », sans porter un sérieux préjudice à la qualité du résultat final.

 

 7. Afin de parer au stress, tout organiser la veille, y compris le Tippex, la règle, la convocation, la carte d’étudiant, et même la voiture de Papa pour aller à ses examens toute seule comme une grande. Vous décidez même de partir avec une heure d’avance, comme ça vous aurez le temps de relire tranquillement ce f… poly de 50 pages. Vous arriverez ainsi à l’examen sereine, préparée et à l’heure.

8. NE PAS faire confiance au sus mentionné Papa quand, à la question « Au fait, tu as fait réparer la marche arrière de ta voiture ? » il vous répond, très sûr de lui : « Non, mais ne t’inquiète pas, elle marche très bien » (tout est dans l’attitude) . Après avoir passé vingt minutes à essayer d’enclencher la fameuse marche arrière, bloquant ainsi la voiture de votre mère qui ne peut donc plus vous emmener, vous finissez par supplier la copine de votre frère de vous dépanner, ce qu’elle fait d’ailleurs plus que gracieusement. Impossible de relire le poly dans les bouchons – pour l’heure, votre seule préoccupation est qu’on vous laisse rentrer dans la salle. Vous arrivez finalement à l’examen hystérique, pas du tout préparée et avec vingt minutes de retard.

 

9. A la fin de trois jours de torture d’examens, savourer la toute nouvelle liberté qui s’offre à vous, quitte à appeler successivement TOUS vos copains (heureusement que vous n’en avez pas tant que ça) en hurlant « J’AI FINI !!! JE SUIS LIBRE !!! POUR TOUJOURS ! »

10. NE PAS confondre liberté et inconscience : mieux vaut résister à la tentation de jeter les centaines de pages de fiches, cours, polys et autres joyeusetés qui encombrent vos étagères depuis trois ans. Les rattrapages en septembre, ça n’arrive pas qu’aux autres.

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Walking on sunshine

Piéton engagé… n’a jamais la priorité. Du moins dans ce pays.

Vous vous rappelez Frogger, ce jeu des années 1980 où il fallait aider une petite grenouille à franchir sans encombre des routes traversées à grande vitesse par moult voitures, avions et autre motos, le tout sur un bon vieil écran Atari en noir et blanc ?

Eh bien, maintenant, la grenouille, c’est moi. Et pas seulement parce que les Anglais se plaisent à surnommer ainsi les Français.

C’est l’une de mes premières découvertes, mais comme souvent, je suis un peu longue à comprendre : à chaque fois que je traverse la rue ou presque, je déclenche des klaxonnements furieux. Les taxis, pourtant si pittoresques…

… se révèlent particulièrement hargneux. Est-ce que je les offusquerais par mon oubli de l’uniforme local : minijupe, talons aiguilles et bourrelets qui dépassent ?

Eh bien apparemment, non. Tout simplement, il semblerait que le Code de la Route britannique diffère radicalement de son homologue français : ici, il me faut laisser passer les voitures… encore… encore… encore… et toujours.

 

Incrédule, j’interroge le caissier au supermarché – ben oui, je n’ai personne d’autre à qui demander. Effroi. Si je me fais percuter, et contrairement à ce qu’on pourrait raisonnablement penser, c’est bien moi, fragile petite piétonne, qui suis responsable. Oui oui. Enfin, j’avoue, je n’ai pas vérifié officiellement, mais au vu du comportement des automobilistes, il semblerait bien que ce soit le cas : ce n’est pas compliqué, si une voiture arrive, je n’ai JAMAIS le droit de traverser. Or, malgrée les protestations véhémentes des maires successifs et la prohibitive congestion charge, Londres semble encore et toujours faite pour les voitures. A elles, les routes en parfait état, les parkings, les grandes artères sans aucun feu ni passage piéton. Aux piétons, d’innombrables subways, passages souterrains sordides, mal éclairés et nauséabonds.

 Je ne me laisse pas démonter. Sûre de mon bon droit – le droit français – je décide de leur en remontrer : eh oui, dans les pays civilisés, on considère, à tort ou à raison, qu’une grosse berline s’en sortira toujours mieux qu’un piéton possédant pour toute armure un épiderme de quelques millimètres. Semaine après semaine, je traverse donc la tête haute. Je regarde droit devant moi. J’ignore totalement les voitures qui déboulent à toute allure.

Pour leur part, les automobilistes m’ignorent allègrement eux aussi et attendent le tout dernier instant – c’est-à-dire lorsqu’ils arrivent à quelques centimètres de moi et qu’ils ne voient plus mes jambes – pour s’arrêter enfin. Je réchappe de peu à quelques accidents graves – et dont, je le rappelle, je serais tenue responsable.

Je pressens confusément que mes chances de gagner ce jeu de poker menteur sont minces, et que c’est moi qui ai le moins intérêt à continuer de bluffer en faisant fi de ce qui semble être une habitude de conduite profondément ancrée : faire comme si les piétons n’existaient pas.

Bien. La mort dans l’âme, je me résous enfin à laisser la priorité aux voitures – mais je me jure de ne JAMAIS cesser de tambouriner furieusement sur les capots des jolis taxis anglais.