Premier jour de travail chez SuperConseil – le bilan

Ca y est : j’ai fini ma première journée chez SuperConseil. O bonheur : l’heure est venue de retirer mes escarpins. Je n’ai vraiment plus l’habitude, ça me change de mes chaussons roses et de mes baskets :

N’assumant vraiment pas les chaussons roses fluo, je les ai remplacés par une paire de chaussons d’hôtel, légèrement moins embarrassants. L’idée du contraste y est

L’heure est venue, donc, de retirer mes escarpins, de m’affaler sur le canapé (ça, je n’ai pas perdu l’habitude), et de faire un petit bilan (et ça, j’adore). 

Commençons par les points positifs : aucun des scénarios catastrophe qui m’ont tenue éveillée la moitié de la nuit dernière ne s’est réalisé. Il faut dire qu’en anxieuse pathologique, j’avais mis toutes les chances de mon côté :

  1. Je ne suis pas arrivée en retard – forcément, j’étais là tellement tôt que j’ai failli m’endormir sur mon bouquin avant même que la journée ne commence
  2. Mon collant n’a pas filé – mais j’en avais emporté deux de rechange
  3. Ma jupe n’est pas restée coincée dans ma culotte en sortant des toilettes – mais, « au cas où », j’avais passé dix bonnes minutes ce matin à choisir des dessous ni trop négligés (genre vieille culotte en coton de couleur non identifiée) ni trop aguicheurs. Histoire de limiter les dégâts en cas de crise. Parce que tant qu’à montrer sa culotte, autant que ce soit la bonne. Si, si, ça se tient comme raisonnement. Ou est-ce l’humour anglais, tendance scato, qui déteint déjà sur moi ? Moi qui déteste ça, je suis sur la mauvaise pente.
  4. Enfin, si mes nouveaux collègues se sont moqués de moi, je n’en ai rien vu. J’ai quand même commencé à tenir un fichier Word intitulé « Professional English » répertoriant tout ce que j’entends autour de moi… avec l’espoir de comprendre un jour ce qui se dit.

Bon, maintenant que j’ai atteint mon quota de pensées positives pour la journée (ma résolution du moment pour faire face à toute cette pluie), laissons parler la vraie Eva in London, celle qui n’aime rien tant que se plaindre, critiquer et gémir. Parce que tout n’a quand même pas été complètement rose non plus. 

Outre les heures passées à faire semblant d’être absorbée par les lectures que l’on a bien voulu me donner (« Etude sur l’évolution des avantages en nature en Angleterre »), je n’ai retenu qu’un prénom sur la vingtaine de personnes que l’on m’a présentées aujourd’hui. Et encore, je ne suis pas sûre de l’avoir associé à la bonne tête.

Mais il y a plus grave : le règne du sandwich triangle. La pause déjeuner venue, j’ai observé mes collègues en train d’engouffrer des sandwiches à l’aspect douteux en me demandant comment faire bonne contenance. Pas de déjeuner en équipe ? Pas de pause déjeuner ? Mais où étais-je tombée ? Heureusement, mon « parrain », un Anglais d’origine pakistanaise, m’a prise en pitié et m’a emmenée chercher mon propre sandwich triangle à la gare toute proche. Etant donné que c’était mon premier jour, j’ai gardé pour moi ma diatribe toute prête en l’honneur de la baguette et vilipendant le sandwich triangle.

 

Parce que franchement, les images parlent d’elles-mêmes, non ?

Mais le clou, c’est lorsqu’il en a profité pour me démontrer par A + B que je ferais mieux de filer ma démission au plus vite, parce que SuperConseil ne lui inspire qu’un super mépris, et qu’il est beaucoup trop bien pour cette boîte. Et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, c’est ce qu’il compte faire lui aussi. Très bientôt.

– Mais pour toi, c’est plus simple : profites-en tant que tu es en période d’essai, ajoute-t-il, notant sans doute ma perplexité devant ses conseils avisés.

 Ca, c’est de l’accueil chaleureux.

Pourtant, à l’issue de cette première journée, je trouve moult raisons d’être optimiste. Ne serait-ce que par comparaison. En effet, contrairement à mes emplois précédents :

  1. Les bureaux sont en plein centre-ville, et non pas à l’arrêt de bus « Cimetière municipal » avec panorama à l’avenant (véridique)
  2. Il y a plus d’un homme pour dix femmes… et ils sont même plutôt mignons. Le monde du marketing ne va pas me manquer.
  3. A 17 heures 30, tout le monde était parti, ou presque. Je sens que ça aussi, ca va me changer des soirées parisiennes où je rentrais tellement tard du boulot que j’aurais presque pu aller me coucher sans dîner. J’ai bien dit presque, la dernière fois que j’ai sauté un repas, c’était en 1997.
  4. Je l’ai dit, qu’à 17h30, tout le monde était parti ?

Le bilan étant fait, passons au bilan du bilan : d’un côté, un « parrain » qui semble déterminé à faire fuir les nouvelles recrues ; de l’autre, des collègues mignons, des locaux sympas et des journées plutôt courtes. Je devrais y trouver mon compte.

PS : la fameuse photo à venir ce n’importe quoi Friday !
PPS : pour les nouveaux-venus sur ce blog, petit rappel, ceci est un flash-back ! Heureusement qu’on ne vit pas des premières journées de boulot tous les jours…