Un accouchement sans douleur (enfin, sans souffrance) #3

Le 5 juillet 2011, MiniPrincesse a décidé d’arrêter de bouder pour venir voir comment c’était dehors. Le récit minute par minute (3/3).

8h32

Debout, appuyée sur la table d’accouchement, j’accompagne les vagues de contractions. « La douleur, ce n’est pas la souffrance », « on va y arriver ensemble, mon bébé », etc. Gentille Stagiaire me brumise le visage d’eau de source, Prince me tend le troisième litre de bouteille de jus d’orange, Super Sage-Femme est concentrée

8h41

Prince tâche de se rendre utile.
– Tu veux un biscuit ?
– Non.
Puis j’ajoute :
– Merci beaucoup.
Cet accouchement sera sous le signe de la politesse ou ne sera pas)

– Tu veux que je te masse le dos ?
– Non. Surtout, ne me touche pas !
Puis j’ajoute :
– S’il te plaît.

Quelques minutes s’écoulent.
– Tu es sûre que tu ne veux pas de biscuit ?
– NON !

Puis j’ajoute :
– Qu’est-ce que je suis contente que tu sois là, Prince.

8h52

– Est-ce qu’il y a quelque chose qui te retient, Eva ? me lance Super Sage-Femme.

Malgré la torpeur, je pressens que la question n’est pas de très bon augure. Je réfléchis : et dire que si j’avais décidé d’accoucher en Angleterre, je serais en train de me shooter au gaz hilarant (véridique). A part ça, rien.

8h56

– Eva, tu es sûre qu’il n’y a rien qui t’empêche de pousser ?

Ben, à part que je ne ressens toujours pas cette fameuse envie de pousser, non… Ah si, tiens :

– Si MiniPrincesse sort, je ne pourrai plus la protéger, cette petite puce…

Je ne vois pas si Prince lève les yeux au ciel (« je le savais, que ces études de psycho c’était vraiment une mauvaise idée ») ou s’il farfouille dans le troisième sac en plastique pour y chercher du chocolat (remède habituel s’il en est), mais Super Sage-Femme semble, elle, RA-VIE de ce partage de sentiments intimes.

8h57

Le travail se débloque. « Coïncidence », maintiendra Prince.

9h20

Je fournis l’effort le plus éreintant de toute ma vie (en même temps, le record était jusqu’ici détenu par les championnats de France universitaires d’aviron).

9h43

Je n’en peux plus. MiniPrincesse ne sortira donc jamais ?

9h47

Je sors de mon état de semi-conscience le temps de me faire la réflexion que Super Sage-Femme semble être à l’intérieur même de mon corps, tellement elle devine ce que je ressens.

9h48

Tiens, si elle est à l’intérieur, elle pourrait peut-être faire sortir MiniPrincesse ?

10h02

– Eva in London, c’est ta fille qui naît !

10h03

C’était peut-être une belle phrase, mais ce  n’en était pas moins de l’esbroufe. Pas l’ombre d’une MiniPrincesse.

10h05

– Assieds-toi, Eva in London je crois que tu commences à être fatiguée.

Quelle perspicacité. En tout cas, je me félicite d’avoir pu prendre le meilleur de l’Angleterre (liberté de position et accompagnement par une sage-femme) et de la France (l’hôpital français, le droit à la péri sans être jugée, et, ben, accoucher en français).

10h22

MiniPrincesse est dans mes bras. Notre fille est née !

« C’était un merveilleux accouchement », glisse doucement Gentille Stagiaire.

Elle a parfaitement raison.

Et vous, lectrices, vos impressions ?

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Un accouchement sans douleur (enfin, sans souffrance) #2

Le 5 juillet 2011, MiniPrincesse a décidé d’arrêter de bouder pour venir voir comment c’était dehors. Le récit minute par minute (2/3).

7h08

Arrivée en fanfare à la maternité. Je m’extirpe tant bien que mal du brancard et marche d’un pas décidé vers l’entrée. « Vous n’attendez pas le fauteuil roulant ? » demande, interloqué, ambulancier n°2. Je conserve calme et énergie en m’abstenant de lui répondre que s’il pense que je suis en mesure de patienter debout 10 minutes avec une contraction toutes les 90 secondes, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Ambulanciers n°1 et 2 filent sans demander leur reste, masquant à peine leur soulagement d’être débarrassés de l’irascible jeune femme qui a failli accoucher dans leur ambulance.

7h12

Après d’interminables minutes à attendre le SEUL ascenseur desservant le neuvième étage de la maternité (le directeur de la clinique ayant dû juger superflu de faire réparer le deuxième ascenseur, l’exercice étant recommandé pour les femmes enceintes), je me jette sans retenue dans les bras de ma sage-femme. Malgré l’heure matinale, elle me sourit de toutes ses dents, comme si nous étions sur le point d’aller bras dessus bras dessous faire un bon gueuleton plutôt que de jouer à pile ou face entre la vie et la mort. Je me rappelle l’étude qui prouve que le taux de césariennes et de complications est directement corrélé à la confiance que porte la parturiente à l’équipe médicale, et réalise que je n’ai jamais été aussi heureuse d’arriver dans un hôpital.

7h16

– Alors, voici la salle de travail. Tu as vu, on a une magnifique vue sur Paris, hein ?

J’émets une sorte de grognement, dont Super Sage-Femme ne s’offusque guère.

– Et voici Aline, reprend Super Sage-Femme, faisant signe à une jeune femme d’une vingtaine d’années environ, restée jusque-là en retrait. Aline est ma stagiaire depuis ce matin (!). Serais-tu d’accord pour qu’elle reste avec nous ?

« Non », rétorquent en chœur mon cerveau en manque de sommeil et mon corps en manque de péridurale. Si j’ai opté pour une sage-femme libérale et un accompagnement global, ce n’est pas pour me retrouver avec une parfaite inconnue le jour J. Surtout une stagiaire pour qui mon jour J coïncide avec son premier jour. Si ça se trouve, c’est son tout premier accouchement. Je suis sûre qu’elle va passer son temps à trouver tout merveilleux (« Oh, comme vous poussez bien ! ») ou horrible (« Beurk, du sang ! », « Oh, mais il est tout fripé, ce bébé ! »).

– Surtout, sens-toi libre, s’empresse d’ajouter Super Sage-Femme.

Libre ? Je me sens fatiguée, angoissée, excitée, bref, tout sauf libre. Je suis sur le point d’envoyer plus ou moins poliment promener la stagiaire, avant de me raviser in extremis : après tout, on ne sait jamais Super Sage-Femme aura peut-être besoin de renforts si MiniPrincesse fait sa mauvaise tête. Et puis, pourquoi diable refuser de l’attention supplémentaire ? (bien vu : Gentille Stagiaire passera tout l’accouchement à me vaporiser de l’eau en brumisateur sur le visage en m’encourageant juste ce qu’il faut)
– Non… ce serait super.

 

– Parfait. On est parties alors (oui, au féminin, puisque nous semblons pénétrer dans un mystérieux univers où c’est le féminin qui pour une fois impose le genre)

7h24

Il s’avère que je vais peu profiter de la sublime vue sur Paris, puisqu’apparemment je dois sauter la case « salle de travail » pour aller directement en salle d’accouchement, sans passer par la case départ et toucher 20 000 francs. Autrement dit, pour moi, ni ballons, ni lit douillet dans lequel roupiller ( ?!) entre deux contractions.

Ah, j’oubliais : je saute aussi d’office la case péridurale. Bon, ben moi qui avais gardé l’esprit ouvert sur la question, ça au moins, c’est réglé.

8h02

En guise de consolation, dans la salle de naissance, j’ai droit au bain bouillonnant avec huiles essentielles. Trois personnes (oui, Prince est encore là) s’affairent autour de moi, m’aspergeant à tour de rôle d’eau délicieusement chaude. Si je n’étais pas en train d’accoucher, ce serait le paradis.

8h14

Ca agit drôlement bien, ce bain. D’ailleurs, je n’ai presque plus mal.

8h15

Si je n’ai plus mal, ce ne serait pas parce que les contractions se sont arrêtées, par hasard ?

8h16

Ah ben si, les contractions se sont arrêtées.

– Eva, je crois qu’il est temps que tu sortes du bain (sous-entendu : si tu souhaites accoucher aujourd’hui), me glisse Super Sage-Femme.

Je fais mine de ne pas avoir entendu. On a tout le temps, non ?

8h18

Je quitte à contrecoeur la baignoire qui sent bon. Je plane un peu.

8h19
– Concentre-toi, Eva in London. C’est reparti !

Un accouchement sans douleur (enfin, sans souffrance) #1

Le 5 juillet 2011, MiniPrincesse a décidé d’arrêter de bouder pour venir voir comment c’était dehors. Le récit minute par minute.

2h38 : je me réveille avec un étrange mal au ventre.

2h39 : après d’interminables secondes d’atermoiements, je réveille Prince, parce qu’après tout je suis enceinte de 9 mois et qu’il n’y a pas de raison que je sois la seule à ne pas dormir.

– Mon amour, j’ai mal au ventre.

– (Prince, ensommeillé 🙂 Hmmm ?

– J’ai mal au ventre. Tu crois que c’est le bébé qui arrive ?

– Mmmm (vous noterez la richesse de vocabulaire de Prince à 2h40 du matin). Ca doit être le resto gastronomique d’hier qui ne passe pas. Je te l’avais bien dit, que c’était lourd. D’aillleurs, moi aussi, je me sens barbouillé (Prince jure ses grands dieux qu’il n’a jamais prononcé de pareille inanité ni laissé entendre que j’étais une chochotte). Rendors-toi (et qu’il a fait preuve de bien plus d’empathie. Mmmm.)

2h55 : les yeux grands ouverts, je contemple le plafond en me demandant si je vis mes dernières heures de nullipare, ou si j’ai juste – et encore – trop forcé sur le chocolat. Tiens, d’ailleurs, mon mal de ventre s’est bien estompé.

3h08 : les yeux à demi clos, je feuillette Newsweek, parce que si jamais j’ai juste trop mangé, autant avoir quelque chose d’intéressant à raconter demain matin. Et si je suis réellement en train d’accoucher, quelque chose me dit que toute activité intellectuelle est en passe de devenir un inaccessible luxe.

3h15 : tiens, j’ai à nouveau mal au ventre. Mais plus.

3h16 : beaucoup plus.

3h17 (soit deux minutes de self control) :

– Je crois bien que j’ai eu une contraction…

– Mmmm ? (rapide coup d’œil au réveil) Ben, ça fait une toutes les 45 minutes. Vu qu’il faut partir à la maternité lorsque l’intervalle est de 5 minutes, ça nous (me) laisse tout le temps.

3h30 : si c’est ça une contraction, y a pas à tortiller, il va falloir me poser la péri illico presto.

3h55 : contractions toutes les 7 à 8 minutes. J’appelle ma sage-femme, penaude d’être la cause de son dix millième réveil nocturne depuis qu’elle s’est découvert une vocation bien peu confortable. Légèrement plus alerte que Prince (en bonne professionnelle), elle me rassure : y a bien le temps, me dit-elle. On se tient au courant demain matin.

4h34 : l’heure du bain. Ca permet à Prince de se sentir utile, et ça me soulage pour de vrai. La douleur est bien là, mais, pétrie de bonnes intentions, je répète consciencieusement au bébé que cette douleur est utile, que douleur n’est pas synonyme de souffrance, qu’on va y arriver ensemble, etc. etc. On y croit.

5h30 : on n’y croit plus du tout. Si ça se trouve, je ne suis même pas en train d’accoucher. D’ailleurs, mes contractions ont beau être toutes les 4 minutes, je soutiens mordicus à Prince qu’un coup de paracétamol, et je pourrai retourner dormir.

5h40 : alertée par mon frère à qui j’ai demandé d’aller me chercher ledit paracétamol sur les Champs-Elysées (cafteur), ma mère m’appelle, affolée. « Non mais, tu vas te décider à appeler une ambulance, ou tu comptes accoucher chez toi comme au Moyen Age ? ».

5h42 : Ca tombe bien : sur l’ambulance, au moins, on a su-per-bien-géré. Ca fait deux mois qu’on a repéré un ambulancier au coin de la rue, noté son nom ET programmé le numéro en appel abrégé. Prince reprend ses esprits et commande l’ambulance. Nous nous félicitons mutuellement et bouclons d’une main décidée la fameuse valise de maternité (en réalité, deux sacs de voyage et autant de sacs plastiques remplis d’objets divers et variés).

Un accouchement sans douleur

6h31 : voilà presque une heure que Prince appelle les ambulanciers pour savoir où ils en sont, sans succès. Je cède avec complaisance et raison à la panique : mes contractions sont désormais à 2 minutes d’intervalle. Encore un tout petit peu, et je vais effectivement accoucher toute seule. Et sans paracétamol.

6h34 : tout s’explique. Les ambulanciers venaient de l’autre bout de la région parisienne. Bien joué. « La prochaine fois, on appellera le SAMU », me lance Prince, dépité. « La prochaine fois, ils enverront leurs collègues parce que ceux d’aujourd’hui, je les aurai tous descendus au bazooka », lui rétorqué-je. Pas très inventif, mais l’heure est grave : j’ai tellement mal que grignoter des biscuits est soudainement devenu inenvisageable. Mais la souffrance – pardon, la douleur – est utile, on va y arriver ensemble, etc., etc.

6h49 : les ambulanciers arrivent, l’air absolument terrifié à l’idée de transporter une femme enceinte. Loin de sortir le bazooka, je me rappelle qu’ils représentent ma seule chance de retrouver ma sage-femme à l’autre bout de Paris (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, notre devise ne se dément guère) et m’allonge docilement sur le brancard comme ils m’y enjoignent.

6h51 : allongée, la souffrance (oh, et puis zut, disons les choses comme elles sont) est insoutenable. Ca va pas le faire.

6h50 : j’explique fermement aux ambulanciers que s’ils m’obligent à rester allongée, non seulement on ne va pas y arriver ensemble, mais on va en venir aux mains. Donc qu’ils font comme ils veulent, mais que moi, je vais voyager à quatre pattes (donc pas attachée), et qu’eux, ils vont se débrouiller pour qu’on arrive à bon port. Et rapidement. Avec la jolie sirène et tout et tout, sinon je vais accoucher dans l’ambulance, et ils n’ont pas l’air d’avoir fait le bac + 18 qui va avec.

6h51 : ambulancier n°1 a mis la sirène et fonce dans les petites rues, puis les avenues, puis sur le périph’. Ambulancier n°2, l’air plus apeuré que jamais, me tient mollement par le bras. Sûr que ça fera la différence, en cas d’accident à 70 km/h.

7h08 : nous voilà arrivés à la maternité.

La suite au prochain épisode.

Quelque chose à ajouter, amies lectrices ?

La liste des dix choses à ne pas faire quand on est enceinte au repos forcé because menace d’accouchement prématuré

(Suite de ce billet)

A 6 mois de grossesse, me voilà donc alitée et forcée au repos strict afin que MiniPrincesse sorte bien cuite et dorée comme il faut. Quasi cloîtrée chez mes parents, dans mon ancienne chambre d’enfant dont les motifs géométriquement gnangnan me déplaisent tout autant qu’il y a vingt ans, je ne peux m’empêcher de songer à toutes ces femmes qui au Moyen Age se voyaient contraintes de passer les derniers mois de leur grossesse coupées du monde, rideaux tirés. Dans les moments de déprime, je me dis que moi, c’est presque pareil, sauf qu’ô bonheur, nous sommes au XXIème siècle et que mon père consent, bon gré mal gré, à me prêter son iPad (« Tu y fais attention, hein ? »).

Et heureusement. En effet, mon cerveau ramolli se refuse à toute lecture de plus de quelques minutes (mais je me replonge avec bonheur dans Super Picsou Géant), une rediffusion des Vacances de l’Amour (mais si, Hélène et les Garçons vingt ans plus tard, aigreur, rides et teint d’alcoolique en plus) suffit à me détourner pour de bon de la télévision et j’aimerais bien me noyer dans le chocolat, mais j’ai interdiction formelle de descendre les escaliers et nul besoin de préciser qu’une tablette me durant moins de deux jours, mes réserves sont épuisées depuis belle lurette.

Que de merveilleux souvenirs
Lorsque j’ai perdu ma huitième partie de Scrabble de la journée (oui oui, même niveau débutant), je me laisse aller avec délectation au pessimisme. Je m’ennuie. Je suis fatiguée. Je me sens laide et empâtée. Voici plus de dix jours que je n’ai rien publié. Mais vu mon actualité brûlante (« 11h58, dans une demi-heure le déjeuner ») que pourrais-je bien conter à mes lecteurs ?

Eurêka ! Allez, va pour une liste, mais pas n’importe laquelle : une liste NEGATIVE. Comme mon état d’esprit, tiens.

La liste des dix choses à ne pas faire quand on est enceinte au repos forcé because menace d’accouchement prématuré

1. Se laisser aller à taper « bébé prématuré 6 mois » dans Google (remarque, 7 mois c’est pas beaucoup mieux)

2. Manquer d’assurance quand vous réclamez invariablement un sandwich jambon-fromage à 23 heures « parce que j’ai vraiment très faim »…

3. … voire baisser piteusement les yeux lorsque votre mari / votre mère / votre dame de compagnie (ah non, ça c’est dans Downton Abbey) hausse alors un sourcil en lançant un regard appuyé à vos courbes plus qu’épanouies

Plaisir coupable...

Plaisir coupable…

4. Acheter bien trop tôt tout ce qu’il faut pour l’arrivée du bébé et plus encore : d’abord, un repos forcé ça se planifie dans la durée, comment allez-vous occuper le huitième mois, malheureuse ? et puis vous ne le savez pas encore, mais ce body trooop mignon qui s’enfile par la tête, bon courage pour convaincre votre nouveau-né de rentrer dedans.

5. Ecouter votre grand-mère qui vous explique avec aplomb qu’ « un petit verre de vin ça n’a jamais fait de mal à personne, d’ailleurs regarde, je ne me suis pas privée quand j’attendais ton père et tu as vu le résultat ». Vous vous abstenez de toute réponse, songeant que vous vous ennuyez tellement que la bouteille risque d’y passer, et l’idée d’une femme enceinte un peu saoûle dans son vieux lit une place est pour le moins déplaisante.

6. Pécher par excès de gaieté aux yeux du monde extérieur : si la version officielle est que vous vous reposez chez vos parents – qui d’ailleurs sont aux petits soins pour vous – en attendant l’arrivée du bébé, personne ne risque de creuser un peu pour exhumer la version officieuse : vous pleurez deux fois par jour à l’idée d’accoucher avant sept mois parce que Google a dit que ça risquait de poser problème, vous avez des envies de défenestration tellement vous vous sentez seule, vos parents sont effectivement adorables mais ils ont un emploi à assurer et des machines à faire tourner, et en plus ils s’obstinent à acheter des Petit Ecolier au chocolat au lait et non au chocolat noir, Prince est loin et démuni et qu’est-ce qui va se passer s’il rate l’accouchement, etc.

Le biscuit honni

7. Manger toute la boîte de Petit Ecolier d’un coup parce que bon, c’est du choçolat quand même

8. Passer subrepticement outre votre devoir de repos en enchaînant coups de fil administratifs et corvées online en oubliant que pour prendre des forces, c’est maintenant ou jamais.

9. Profiter de cette pause pour faire toute seule un bilan approfondi de votre situation professionnelle (durée : 2 minutes 43 secondes), dont il ressort que vous n’êtes finalement pas faite pour être Superconsultante / comptable / tout autre job merveilleusement excitant.

10. Envoyer aussi sec un mail à SuperChef pour le prévenir obligeamment que non, vous ne comptez pas revenir à l’issue du congé mat’.

Sinon, en plus positif, je vous conseille de potasser le site tellmeagoodbirthstory.com et le livre Belly Button Bliss (et d’admettre que vous ne lirez jamais l’Histoire de France pour les Nuls, vous verrez, c’est libérateur). Enfin des mères passées par l’épreuve du feu qui expliquent que pour de vrai un accouchement ça peut être magique. Y en a même qui n’ont pas eu de péri. Moi, par exemple, mais ce sera pour le prochain épisode.
Amis de la poésie, vous voilà prévenus.

Et vous et vous, vos faits d’armes de grossesse ?