Comment occuper un enfant malade de trois ans (astuce : iPad inside)

– Maman, c’est quoi ce gros ventre ?

J’adore passer du temps de qualité avec ma fille.

Ecoute active. Discipline positive. Inspirer, expirer. C’est comme quand MiniPrincesse me balance « Non, Maman, toi dormir sur canapé. Moi dormir avec Papa » : elle ne pense pas à mal. Paraît-il.

Si si, c'est super

Si si, c’est super

– Ben, tu vois ma chérie, après avoir eu un bébé, il faut des années un peu de temps à la maman pour retrouver la ligne.

MiniPrincesse, du haut de ses bientôt trois ans, esquisse une moue dubitative.

– Moi, petit ventre.

Soit. On en reparle dans dix ans.

MiniPrincesse entame son troisième jour à 39,5° de fièvre. La crèche n’en veut pas, la babysitter a déjà succombé aux assauts de ce sale virus, et le médecin anglais (un généraliste bien évidemment, je vous rappelle que les pédiatres n’ont pas droit de cité en Angleterre) vient de nous renvoyer chez nous avec pour toute ordonnance une bonne vieille cup of tea.

Rien, donc, que de très habituel au royaume de sa Majesté.

Dieu que la journée promet d’être longue.

10h35

De retour à la maison.

– MiniPrincesse, tu veux jouer aux Lego ?

– Aime pas Lego.

L’affaire se présente bien.

– Euh… dessiner ?

– Pas dessiner.

– … faire des muffins ?

– Toi faire muffins. Moi manger muffins.

Bon. Faut pas pousser mémé dans les orties, non plus. Soupir de renoncement à toute activité un tant soit peu pédagogique. Comme dit l’autre : « Avant, j’avais des principes. Maintenant, j’ai des enfants ».

– Tu veux jouer à la tablette ?

Je vous jure que si MiniPrincesse était un lapin, ses oreilles se dresseraient bien droites. J’ai juste le temps de voir une tornade de 95 cm de hauteur débouler puis s’asseoir confortablement et SA-GE-MENT sur le canapé avant que ne résonne un sonore :

– TABLEEEEEEEEEEEEETTTE MAMAAAAAAAAAN !!!

– Qu’est-ce qu’on dit ?

– TABLEEEEEEEEEEEEETTTE MAMAAAAAAAAAN S’IL TE PLAIT !!!

Ah. Quand même. Non, parce qu’on est polis, chez nous (même quand on vocifère).

Ce merveilleux interlude devrait me permettre de piquer un somme de lancer une lessive / étendre la lessive / vider le lave-vaisselle / préparer un repas sain et bio à ma fille (ou des pâtes).

11h15

De ma plus douce voix de mère dévouée :

– Ma chérie, viens manger, le déjeuner est prêt !

Silence.

– Ma chérie, viens à table !

Ma fille, si sensible, si intuitive, ne sent-elle pas poindre l’agacement dans ma voix ?

– MiniPrincesse, lève le nez de la tablette TOUT DE SUITE !

11h18

– Beurk.

– Les pâtes, c’est beurk ?

– Oui.

– Bon. Tu veux de la semoule ?

– Beurk.

Je me creuse la tête, à court de bestsellers. Au bout de 48 heures de jeûne quasi-complet – rapport à son « petit ventre, moi », je cède à la panique, prête à tout pour faire ingérer un peu de nourriture à mon enfant qui frôle sans nul doute l’inanition.

– Tu veux de la compote ?

– Non.

L’heure est grave.

– Tu es sûre ? Même pas une compote EN GOURDE (alias le graal) ?

– Non, merci, Maman.

« Non, merci, Maman » ?

Moi, au bord des larmes :

– Du chocolat ?!!

11h29

La tablette de Prince est couverte de petites traces de petits doigts chocolatés.

11h50

De ma plus douce voix de mère dévouée :

– Tu viens, MiniPrincesse, c’est l’heure de la sieste !

Regard courroucé.

– Mais Maman, moi occupée jouer !

– Si tu vas te coucher immédiatement, je te laisserai rejouer à la tablette tout à l’heure.

La discipline positive en action, je vous dis.

Parents efficaces (une aubaine pour toi, parent inefficace)

Parents efficaces (une aubaine pour toi, parent inefficace)

11h51

MiniPrincesse est au lit.

12h25 (BEAUCOUP TROP TOT, donc)

– Mamaaaaaaaaaaaaaan ! braille MiniPrincesse.

– Oui, ma chérie ? Qu’est-ce qu’il y a encore ?

Je brandis machinalement – la force de l’habitude – le thermomètre devant le visage cramoisi de MiniPrincesse, déclenchant moult hurlements.

– Moi pas malade, Maman ! PAS THERMOMETRE !!! PAS THERMOMEEEEEEETRE !!!

40,2°. Epatant.

Avant d’avoir des enfants, je croyais que c’était la panacée que de s’occuper d’un enfant patraque. « Ca » ne fait que dormir, non ?

Ben non. Un enfant malade, il s’avère que « ça » fait tout sauf dormir. Ca chouine, ça se mouche (mal), ça se plaint, ça veut jouer à la tablette, ça ne veut rien manger sauf du chocolat, ça veut Papa (« il est au travail, ma chérie. – Pourquoiiiiiiiiiiii ?! Veux Papa !!!! Pas Maman !!!! »).

Pas de bol. La journée enfant malade, c’est pour Maman.

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2 réflexions sur “Comment occuper un enfant malade de trois ans (astuce : iPad inside)

  1. Ha, la communication non violente version Faber-Mazlich… il a fallu 2 semaines au schtroumpf aîné de 3 ans pour se l’approprier…

    Et pour les trois ans malades, je compatis !! C’est fou l’énergie que peut avoir un petit malade (et tu n’as pas encore le bonheur des appels de l’école : »Madame, votre fils a de la fièvre, il faut venir le chercher ». Tu arrives, il est 13h, il joue à chat perché dans la cour de récré… soupir… « oui madame, il avait 37,6″… re-soupir… arrivé à la maison, prise d’un doute, tu sors ton super thermomètre, il a 36,7….re-re-soupir…)

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