En chantant (une déclaration d’amour à l’Angleterre… ou presque)

En ce mois de janvier gris, pluvieux et glacial, je vous propose de plonger avec délice dans le cliché et l’envolée lyrique.

Commençons par l’envolée lyrique : j’aime la France. J’aime ce pays qui n’est pas plat. J’aime le pays de la montagne, de Vesoul et Paris qui s’éveille.  Mais après des années de sournoises et pernicieuses critiques sur l’Angleterre, force m’est de constater que mon pays d’accueil m’a – bien malgré moi – conquise.

Passons aux clichés, et savourons.

Je ne m’énerve plus lorsque le médecin-pas-pédiatre, devant une MiniPrincesse souffrante depuis plusieurs jours, me recommande la patience plutôt que les médicaments. Pour un peu, j’applaudirais même sa mesure et son bon sens. Le soir venu, je relate posément la consultation à un Prince sidéré :  « c’est vrai ça, finalement en France on se bourre de médicaments, et puis les antibiotiques c’est pas automatique ».

Je ne hausse (presque) plus les sourcils lorsque mes collègues ouvrent bruyamment leur sachet de chips au vinaigre à 9h20.

J’ai cessé de tabasser les capots des taxis qui refusent de me céder le passage, parce qu’ici piéton engagé n’a jamais la priorité.

Dans le Tube du matin, je ne remarque (presque) plus les robes-soi-disant-élégantes-oui-même-en-motif-rideau-à-petites-fleurs-roses, décolletés plongeants ou piercings.

Je fais sagement la queue et soupire bruyamment lorsqu’un huluberlu s’avise de passer devant tout le monde, mais me garde bien de lui faire remarquer : ce serait sortir de ma réserve quasi-britannique.

Je pars du travail à 17 heures, parce que je préfère habiter loin et au vert que dans le centre-ville et la pollution.

Je vante à qui veut l’entendre les espaces verts de Londres, le congé maternité de neuf mois, le traiteur indien / thaï / polonais du quartier.

Et tant qu’à faire, j’enchaîne sur la politesse des Anglais, leur humour et leur distinction (sauf le vendredi soir, et le samedi soir, et bon d’accord chaque fois qu’il y a un peu d’alcool qui traîne).

Le signe révélateur suprême (et non ultime) : je me plains encore… mais à l’anglaise. Ainsi, des anglicismes tels que « le service n’est malheureusement pas à la hauteur de mes attentes » et « un remboursement serait grandement apprécié » se glissent dans mes lettres de réclamation en français à l’insu de mon plein gré. Légèrement perturbée, je les corrige bien vite par de plus efficaces et idiomatiques « le service est absolument catastrophique » et « je vous saurais gré de bien vouloir procéder au remboursement le plus rapidement possible ». Ajoutant pour la forme un bon vieux « je vous prie de bien vouloir agréer, Madame, Monsieur, etc, etc. ». Parce que je suis française, moi, Madame, Monsieur.

Soudain, l’angoisse m’étreint. Si tel est le cas, si je suis encore française… où sont donc passés ma mauvaise foi, ma capacité à râler en toutes circonstances et mon amour du terroir ?

Je vous rassure, ils reviennent au prochain épisode.

Et vous, qu’appréciez-vous chez « les autres », pays d’accueil, d’adoption ou destination de vacances ?

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3 réflexions sur “En chantant (une déclaration d’amour à l’Angleterre… ou presque)

  1. oui j’aime beaucoup ton texte, et puis c’est une bonne idée de faire des listes de choses qu’on aime, « c’est bon pour le moral » !
    J’aime le fait qu’ici, on croise souvent des gens déguisés, les food markets, les pub, les sundays roasts, la télé anglaise, n’oublions pas Downton Abbey, la nature aussi (National Trusts)…

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