Entretien d’embauche en anglais – deuxième partie

– Merci beaucoup, me sourit la jeune responsable des ressources humaines lorsque je lui tends mes tests (tant bien que mal) remplis. Je reviens dans 25 minutes, le temps de les analyser, pour vous informer de la suite. D’ici là, n’hésitez pas à vous détendre (?).

Hum. J’avais presque oublié que SuperConseil n’en avait pas fini avec moi. Taraudée par la désagréable impression d’avoir épuisé mon quota d’intelligence pour la journée, je n’ai qu’une envie : rentrer fissa à la maison pour me consacrer à de hautes tâches autrement plus importantes, par exemple tenter de dominer le monde dans la partie de Civilization que j’ai en cours.

Heureusement, le principe de réalité me rappelle que l’Etat anglais, si généreux soit-il, ne compte m’entretenir que pendant cinq semaines supplémentaires. A défaut de partir en courant, quelle solution ? Je réalise alors que, fait rarissime, je n’ai pas mangé depuis presque trois heures, et me précipite sur la corbeille de petits biscuits anglais qui trône sur la table. Trois Digestive et deux Bourbon Cream plus tard, et sous l’effet conjugué du sucre et du gras, me voici dans de bien meilleures dispositions. Plutôt que de relire sagement mes notes d’entretien (« Pourquoi j’ai toujours voulu travailler chez SuperConseil », « Pourquoi j’ai mis trois ans à m’en rendre compte»), je me poste devant l’immense baie vitrée de la salle de réunion pour observer ceux qui pourraient bien être mes futurs collègues :

– Dans une autre salle, une dizaine de personnes somnolent plus ou moins discrètement devant une présentation Powerpoint.

Agréable surprise : on dirait que SuperConseil aime les réunions inutiles mais au cours desquelles il est malgré tout crucial d’ouvrir la bouche de temps en temps pour 1. rappeler qu’on est là et 2. faire croire qu’on a un point de vue sur la dite présentation. Bonus : entre deux interventions incompréhensibles mais pleines de mots stratégiques comme « création de valeur » et « efficience », on peut se rendormir la conscience tranquille.

– A ma gauche, dans un petit bureau, une altercation semble poindre entre deux employés (« Comment ça, je n’ai pas rempli mes objectifs cette année ? »). Encore un indice positif : chez SuperConseil, on a apparemment le droit de s’énerver, du moins si j’en juge par les visages (respectivement furieux et apeuré) des deux SuperConsultants.

– Dans l’open space de droite, je note des chocolats qui traînent, des gens qui papotent tranquillement, une tasse de thé à la main, et des chaises vides devant des pages Facebook restées ouvertes. Que du bon.

SuperConseil m’a tout l’air d’être une boîte dans laquelle je m’intégrerais sans problème, me dis-je en observant tout ce beau monde. Mais, soudain, une vision pour le moins incongrue interrompt ma rêverie.

De l’autre côté de la baie vitrée, dans l’un des open spaces, un individu m’adresse frénétiquement de grands « hellos » de la main.

Est-il là pour faire fuir les candidats potentiels ? Est-ce un piège ? Y a-t-il une caméra cachée quelque part ? Mais où suis-je tombée ?

Avant que je n’aie eu le temps de reprendre mes esprits, la responsable RH revient, souriante.

– Félicitations, vous avez atteint le seuil requis pour nos tests. Je vous propose donc de poursuivre cet entretien ensemble.

Troisième et dernière partie à suivre prochainement !

PS : je n’ai jamais résolu le mystère du fou qui faisait coucou aux candidats sous-grouillots… 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Advertisements

13 réflexions sur “Entretien d’embauche en anglais – deuxième partie

  1. yeaaaaaah !! quelle histoire !! allez, accroche-toi, t’en viendras à bout !

    ps : pour penser à autre chose, je t’ai taguée sur mon blog 😉

    bizzz

  2. Mais ça se lit très bien tout ça!

    Bon, évidemment, je t’en veux de parler de Civilization, c’est vraiment pas sympa de ta part, parce que 1) Ca me donne envie de m’y remettre et de voir le temps « disparaître » comme par magie; et 2) je ne reconnais pas du tout ta capture d’écran. c’est quelle version?? Ce qui me donne évidemment encore plus envie de m’y remettre!!

    Bon, tu ne le diras pas, mais c’est qui SuperConseil?? Ca me fait penser à Beigbeder et son « 99 francs » (pardon, « 15 euros »), sauf qu’on savait que c’était L’Oréal, of course.

    Pour le fou qui fait des signes, j’ai plusieurs théories :
    – Un fou qui fait des signes et que la sécurité n’a pas réussi à capturer!
    – Le PDG, qui prend sur lui d’être « cool » en connaissant et saluant tout le monde.
    – Le concierge, qui prend sur lui d’être cool et connaissant et saluant tout le monde!
    – Un ami d’enfance, que tu n’as pas reconnu car il s’est débarrassé de son acné, de ses lunettes et de son appareil dentaire!

    Suspense!…

    • J’adore tes theories ! Je me demande quelle solution ca pouvait bien etre finalement, mais je ne le saurai sans doute jamais…

      Et pour repondre a tes autres questions :
      1. Je joue a Civilization IV, et etant passee directement du I au IV, j’ai trouve ca beaucoup plus facile que je ne le pensais
      2. Effectivement, je ne devoilerai pas l’identite de SuperConseil 🙂
      Cependant, mes collegues me lisent deja, et je n’ai pas grand chose a cacher : on est loin, bien loin de l’univers de 99 francs !

      A tres bientot j’espere !

  3. Si jamais tu n’obtiens pas le poste convoité chez SuperConseil au terme de ce long processus de sélection alors rentabilises ton blog et lances-toi dans l’aventure de blogeuse à temps plein car le talent est là !!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s